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    Asie-Pacifique

    La zone industrielle de Kaesong, au centre des tensions intercoréennes

    media Un travailleur sud-coréen arpente la route menant au complexe de Kaesong, le 3 avril 2013. REUTERS/Kim Hong-Ji

    Les tensions provoquées par la Corée du Nord persistent. Alors que les Etats-Unis et la Corée du Sud maintiennent leur pression militaire sur Pyongyang - Washington a notamment déployé un destroyer anti-missile au large des côtes coréennes - le régime nord-coréen a trouvé un moyen de riposter : il vient d’interdire ce matin à 480 Sud-Coréens d’entrer dans une zone industrielle gérée par les deux Corées et située sur son territoire. Une provocation de plus, qui fait suite à l’annonce, hier, mardi 2 avril 2013, d'après laquelle le régime allait reprendre la production de matériel nucléaire destiné à fabriquer des bombes.

    Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

    La zone de Kaesong est le dernier symbole encore debout de la coopération entre les deux Corées. Située au Nord, elle accueille plus de 120 entreprises sud-coréennes qui font travailler plus de 50 000 ouvriers nord-coréens, avec 850 millions de dollars d'investissement, et plus de 469 millions de chiffre d'affaires en 2012. Elle est souvent considérée comme le baromètre des relations entre le Nord et le Sud.

    Les Sud-Coréens bloqués à l'entrée de Kaesong

    Un passage à la frontière permet aux cadres sud-coréens de s’y rendre et de faire sortir les produits finis. Or, le régime de Pyongyang a annoncé ce matin que les centaines de Sud-Coréens qui se trouvent déjà à Kaesong pourraient bien en sortir mais que plus personne ne pourrait y entrer. Les usines continuent cependant de tourner, mais si le trafic transfrontalier ne reprend pas, la zone sera bientôt asphyxiée. Il a déjà été bloqué dans le passé, à chaque fois en période de fortes tensions Nord-Sud.

    Un site stratégique

    La semaine dernière, le régime avait déjà menacé de fermer Kaesong et il montre ainsi qu’il peut mettre ses menaces à exécution. Le ministre sud-coréen de la Défense a réagi, et a promis des « actions militaires » si la sécurité des ressortissants sud-coréens de la zone était menacée.Ce blocage en dit long sur la tension actuelle, car jusque-là Kaesong a toujours résisté aux crises diplomatiques. Le site est pourtant une source cruciale de devises étrangères pour Pyongyang qui permet notamment de limiter sa dépendance à la Chine.


    Les menaces verbales de la Corée du Nord sont accueillies avec beaucoup de calme par la population sud-coréenne. Qu’en est-il au Nord ? Comment les Nord-Coréens interprètent-ils cette surenchère de leur régime ?

    Le leader nord-coréen Kim Jong-un, le 31 mars, à Pyongyang. REUTERS/KCNA

    Oh Sung-il, 34 ans, est un réfugié nord-coréen. Le jeune homme travaillait pour un département de propagande du Parti des travailleurs, à Pyongyang. Réfugié au Sud en 2010, il est devenu un militant d’une ONG de dissidents, la Radio ouverte pour la Corée du Nord. Oh Sung-il assure que les menaces de guerre proférées quotidiennement par le régime ne l’inquiètent pas.

    « Je suis habitué à cette réthorique très agressive. En Corée du Nord, on dit que pour survivre il faut parler « la langue des poings ». C'est ce que fait le gouvernement depuis plusieurs années. Je pense que le régime nord-coréen a peur lui-même d'une agression des Etats-Unis ! Mais ses menaces ne sont que des mots, je ne crois pas qu'il passera à l'acte ».

    Quant à la population nord-coréenne, plus que la peur d’une guerre, ce qui l'ennuie, c’est le fait que pendant ces périodes de tension, la surveillance et les contrôles (dans la rue) sont renforcés. Cela rend juste la vie quotidienne plus difficile que d’habitude.

    Néanmoins, Oh Sung-il est inquiet. Selon lui, le nouveau dirigeant Kim Jong-un affiche un style plus agressif que celui de son père, Kim Jong-il. Arrivé au pouvoir il y a un peu plus d’un an, Kim Jong-un est jeune, inexpérimenté. Et donc moins prévisible que ses prédécesseurs.

    La politique d'Obama, un soutien incontestable à la Corée du Sud

    En cette période de surenchère verbale sans précédent dans la péninsule coréenne, et particulièrement du côté de Pyongyang, les Etats-Unis jouent la carte de la dissuasion. En envoyant un deuxième navire de guerre en 24 heures au large de la Corée, Washington réaffirme son soutien sans faille envers ses alliés : la Corée du Sud et le Japon, pays qui abritent des bases américaines. Mais cette annonce s'incrit aussi dans la lignée du redéploiement de la politique étrangère américaine vers l'Asie.

    Depuis son arrivée au pouvoir, le président Obama s'est lancé dans une vaste redéfinition de la politique américaine en Asie, avec un double objectif : répondre aux multiples enjeux sécuritaire de la région et y maintenir une forte présence en raison notamment de la montée en puissance de la Chine. Et face à la menace nord-coréenne les Etats-Unis n'ont pas manqué de presser Pékin et Moscou à agir. Dans ce jeu d'influence et d'alliances, Washington cherche surtout à protéger ses bases et ses alliés, d'une importance capitale tant d'un point de vue économique que stratégique.

    Les deux tiers de la marine américaine sont déjà positionnés dans la région, notamment au Japon avec près de 50 000 hommes et en Corée du Sud quelque 28 500 militaires. Ces derniers jours, les Etats-Unis multiplient les annonces de mouvement d'équipements militaires. Vols de bombardiers, envois de chasseurs furtifs ou encore déploiement de radar de défense antimissile et de navires de guerre, tout un arsenal dissuasif pour décourager une éventuelle agression nord-coréenne. Les nouvelles provocations de Pyongyang permettent en tout cas aux Américains de renforcer leur dispositif dejà en place, au grand dam de Pékin, contrecarré dans ses ambitions hégémoniques sur l'Asie-Pacifique.

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