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    Asie-Pacifique

    La Corée du Nord en guerre contre la famine

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    La Corée du Nord est en proie, depuis plus de trente ans, à une famine persistante. Depuis deux ans, les récoltes progressent. Si Pyongyang se félicite d'une réforme agricole initiée par Kim Jong-un, les ONG y voient le fruit d'un contexte exceptionnellement favorable, notant que les chiffres de la malnutrition continuent de grimper.

    La faim est l’ennemi numéro un du régime nord-coréen. Ce pays se caractérise par une géographie et un climat peu propices à l’agriculture de masse : températures froides, saisons de pousses courtes et relief montagneux. Pyongyang a pourtant décidé dans les années 50 de viser l’autonomie alimentaire. Des stratégies peu adaptées, un aménagement du territoire mal avisé et un recours massif à des pesticides dont le prix explose à partir des années 80 précipiteront le pays dans une crise durable.

    Entre 1996 et 1998, elle culminera avec une famine qui coûtera la vie à plusieurs centaines de milliers de personnes, dans un pays qui en compte 24 millions. Le dernier rapport des Nations unies, publié en mars 2013, évalue à 27,9% le nombre de personnes souffrant de malnutrition chronique. « 475 868 enfants souffrent de retards de croissance », explique le document qui prévoit un « impact irréversible sur le développement des enfants et du pays en général ». « Les adolescents nord-coréens font en moyenne vingt centimètres de moins que leurs voisins du Sud », confirme Pierre Rigoulot, historien et auteur de plusieurs ouvrages sur la Corée du Nord.

    Le Programme alimentaire mondial (PAM) a livré à la Corée du Nord 84 220 tonnes de denrées alimentaires l'année dernière. Il participe aussi à la production de rations étatiques distribuées aux populations. En 2012, l’antenne locale des Nations unies, basée à Pyongyang, évaluait à 150 millions d’euros les besoins en aide alimentaire.

    Si le soutien occidental s'est largement réduit depuis 2002, Pékin a pris le relais, annonçant en 2012 l'envoi de 500 000 tonnes de riz pour soutenir son voisin. Les Nord-Coréens ont souvent été chercher de la nourriture de l'autre côté de la frontière. Pierre Rigoulot évoque « une contrebande avec la Chine qui permet d'alimenter les étals » afin de lutter contre « l'état de disette qui touche surtout les campagnes et les petites villes ».

    Succès annoncé de la réforme agricole

    La Corée du Nord aurait décidé de réformer son système agricole en mars 2012. L’Etat décidait jusqu’ici de tout : choix des types de cultures, dates des semis et des récoltes dans les fermes collectives. Pourtant, ce sont les portions de parcelles laissées aux paysans pour leur consommation personnelle, qu’ils géraient à leur guise, qui produisaient les meilleurs rendements.

    Livraisons annuelles de nourriture à la Corée du Nord par le Programme alimentaire mondial. PAM

    Le leader nord-coréen Kim Jong-un a promis un début de libéralisation de l’agriculture. Les paysans ont obtenu le droit de gérer la moitié des surfaces qu’ils étaient chargés de cultiver pour l’Etat et l’armée. Résultat, en 2012, malgré une sécheresse exceptionnelle, la Corée du Nord a enregistré une progression de ses récoltes pour la deuxième année consécutive. Le PAM confirme une augmentation de 10% de la production de denrées de base, mais ne l’attribue pas à cette nouvelle politique agricole. « Les progrès de l’année passée sont surtout dus à la disponibilité temporaire de fertilisants, de compost, d’essence et de bâches en plastiques pour protéger les semis », tempère Emilia Casella, coordinatrice médias du PAM.

    « Le manque de protéines est une vraie préoccupation, explique Emilia Casella. En 2012, la production de soja a encore chuté de 30%. » Dans son dernier rapport, le bureau local des Nations unies fait état d’une carence en vitamine A chez 98% des Nord-Coréens et une anémie sanguine chez presque la moitié des moins de 23 ans.

    Jeudi 11 avril, le journal japonais pro-Corée du Nord Choson Sinbo ventait déjà les succès de la réforme. Le gérant d’une ferme-pilote du sud du pays, Ri Hye-suk, se vante d’avoir enregistré une progression de sa production de 24% en un an sans que ces résultats ne puissent être vérifiés par des sources indépendantes. « L'agriculture est un travail fait par les gens, explique-t-il. Aussi est-ce important de leur donner le sens de la responsabilité en tant que propriétaires pour les encourager dans leur rôle. »

    L’armée dans les champs, un modèle chinois

    L’armée nord-coréenne a toujours été directement impliquée dans l’agriculture. Les 1,2 million d’hommes et de femmes qui la composent sont en effet indispensables dans les fermes. Début avril, une partie d’entre eux a d’ores et déjà commencé à rejoindre les champs pour prendre part aux semailles de printemps. Ils devraient être de plus en plus nombreux pour participer à ces tâches jusqu’en mai.

    Selon une source proche du pouvoir nord-coréen, citée par l’agence Reuters en septembre 2012, les autorités envisageraient de s’inspirer de l'ancien modèle chinois tuntian, toujours appliqué dans le Xinjiang. L’agriculture, dans cette province autonome, est gérée depuis 1954 par une institution semi-militaire baptisée « Corps de production et de construction du Xinjiang ».

    Cette étonnante organisation faisait travailler 2,6 millions de soldats et de paysans en 2011. Propriétaire de 179 fermes, 1 400 entreprises, d’universités, de médias, d’hôpitaux et même de villes, elle dégageait neuf milliards d’euros de bénéfice en 2010. Une croissance telle que l’une de ses filiales, Xinjiang Chalkis, s’est hissée à la deuxième place mondiale des producteurs de tomates.

    Chronologie et chiffres clés
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