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    Anniversaire de Kim Il-sung: la «folle» dynastie nord-coréenne

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    La Corée du Nord célèbre, ce lundi 15 avril, l’anniversaire de naissance de son « grand leader » Kim Il-sung, omniprésent fondateur de la nation. Les festivités prennent un relief particulier en cette année 2013, avec le contexte actuel de surenchère dans la provocation militaire orchestrée par le petit-fils. La communauté internationale s’interroge sur le caractère imprévisible de Kim Jong-un, qui a succédé à son père Kim Jong-il en 2011, sans aucune préparation ou presque. Retour sur une dynastie totalitaire qui méprise les règles diplomatiques, tire habilement parti des jeux d’influence des grandes puissances dans la région, et affame sa population.

    « Soleil du XXIe siècle », « étoile polaire », « cerveau parfait » : les Kim, dictateurs de père en fils depuis la naissance de la Corée du Nord en 1948, affectionnent les petits noms poétiques.

    Le grand-père, Kim Il-sung, « cerveau parfait » et « grand leader », a fait ses armes dans la résistance contre la colonisation japonaise, qui a duré de 1905 à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Lors du partage du pays entre Soviétiques et Américains à la reddition de Tokyo, le héros de la résistance, soutenu par Staline, prend le pouvoir dans la partie nord du pays.

    Avec son foulard rouge éternellement noué sur les épaules, Kim Il-sung rassemble la population autour du ferment nationaliste et de l’idéologie du Juche. Inspirée du stalinisme, elle a pour principes l’indépendance politique, l’autonomie militaire et l’autosuffisance économique. Sur ce dernier point, le régime -on le sait- n’est jamais parvenu à ses fins. Mais Kim Il-sung est certainement le plus charismatique des trois dirigeants du pays.

    REUTERS/Kyodo

    Les Kim sont-ils fous ?

    Déjà très développés sous son règne, le culte de la personnalité et la mythologie sont exacerbés par son fils Kim Jong-il, qui lui succède en 1994. Ce dernier serait né au sommet du mont Paekdu, la plus haute montagne du pays, et son arrivée aurait été saluée par un double arc-en-ciel.

    Parades militaires et autres manifestations de masse orchestrées au millimètre près participent également d’un embrigadement de tous les instants. Au-delà du folklore, rappelons que la Corée du Nord est l’une des pires dictatures au monde.

    « Folle » : l’adjectif revient souvent lorsqu’il s’agit d’évoquer la dynastie nord-coréenne. Mais l’historienne Juliette Morillot, spécialiste du pays depuis trente ans, réfute cette idée. Rappelant que l’ancienne secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright avait trouvé en Kim Jong-il un homme rationnel qui connaissait ses dossiers, elle estime que la façon dont Pyongyang tient la dragée haute à la communauté internationale témoigne d’une parfaite maîtrise de la situation.

    Malnutrition

    Force est de constater que le père comme le fils ont développé leur programme militaire avec rigueur et efficacité. La Corée du Nord est l’un des pays les plus militarisés au monde. Elle compte 1,2 million de soldats et plus de 5 millions de paysans réservistes -certes peu formés-, ainsi qu’un arsenal qui représente le double de celui de la Corée du Sud, bien que largement obsolète d'après les experts.

    Le développement du nucléaire s'est accéléré après la chute de l'URSS, avec le succès que l’on sait. Si de l’avis général, Pyongyang n’est pas encore parvenu à miniaturiser la bombe, ses progrès sont rapides et suivis de près par les experts internationaux. Au moment où le pays concentrait tous ses efforts à la maîtrise militaire de l’atome, dans les années 1990, le pays connaissait la plus grande famine de son histoire. Les estimations du nombre de victimes de ce désastre varient entre1,5 million et 3,5 millions. Aujourd’hui encore, les chiffres de la malnutrition restent élevés, malgré les réformes.

    Stratégie du chantage

    Depuis toujours, la Corée du Nord, l’un des pays les plus pauvres de la planète, pratique une sorte de chantage à l’armement nucléaire pour obtenir l’aide alimentaire et l’énergie dont elle manque. Elle joue habilement de sa position stratégique, se sachant au centre d’un jeu diplomatico-militaire entre la Chine, les Etats-Unis et la Russie.

    Ce chantage lui permet également de se maintenir au pouvoir et de préserver le train de vie très luxueux de son élite. Dans la capitale, les Kim et leurs proches roulent en voiture de luxe, boivent du Cognac importé de France, mangent des oursins plats rapportés du Japon, des fruits frais de Malaisie et envoient leurs enfants dans de prestigieuses écoles internationales européennes. C’est d’ailleurs au Collège international de Berne qu’a été éduqué l’actuel dirigeant Kim Jong-un.

    « Etat voyou »

    Ses dirigeants, s’ils ne sont pas fous, sont au minimum considérés par beaucoup d’observateurs comme ayant un comportement hors norme sur la scène internationale. François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, rappelle à ce sujet l’époque où les ambassades de Corée du Nord se finançaient en partie grâce à l’argent de la drogue et à l’écoulement de la fausse monnaie.

    La Corée, explique-t-il, a pendant les années 1980 fait du terrorisme d’Etat à grande échelle. Ils sont à l’origine d’un attentat qui a fait 17 morts dont 4 ministres dans l’entourage du président sud-coréen en déplacement à l’étranger, ils ont aussi fait exploser un avion de la Korean Airlines avec à son bord plus d’une centaine de passagers. Il n’y a pas de pays qui fonctionne comme ça. C’est un pays qui ne se sent absolument pas lié par les comportements habituels entre Etats en matière de relations internationales ».

    Kim Jong-un (devant) et son oncle Jang Song-thaek accompagnant la dépouille de Kim Jong-il, le 28 décembre 2011 à Pyongyang. REUTERS/KRT via Reuters TV

    Kim Jong-un, l’héritier

    Sur ce dernier aspect, l'inexpérience et le jeune âge de Kim Jong-un, qui a accédé au pouvoir en 2011, ne cessent d’inquiéter. La surenchère à laquelle il se livre depuis plusieurs mois atteint des niveaux rarement égalés. Mais le jeune dirigeant n'agit pas seul. Dans la famille Kim, il faut également compter avec l'oncle Jang Song-thaek et la tante Kim Kyong-hui. Le Premier ministre Pak Pong-ju, récemment réhabilité par Kim Jong un, serait un proche de ces deux personnages, dont les observateurs s’accordent à dire qu’ils tirent les ficelles du pouvoir.

    Les Coréens vivent sous l’une des pires tyrannies qui soient aujourd’hui. Le régime contrôle les faits et gestes, voire les pensées de la population dès son plus jeune âge. Enlèvements et disparitions sont monnaie courante. Au moindre soupçon de dissidence, les citoyens sont enfermés, comme l'explique l'historien Pierre Rigoulot.

    La population, première victime

    « Il y a un système de camps de concentration. On estime à environ 100 000 le nombre de personnes placées dans ces camps, mis en place pour les ennemis politiques, même pour les familles des ennemis politiques. Car il y a une théorie assez délirante selon laquelle si vous faites partie de la famille d’un révolutionnaire, vous êtes vous-même révolutionnaire et cela sur plusieurs générations. Voilà ce qu’est la Corée du Nord, et je crois qu’il n’y a pas seulement un danger pour ses voisins de la part de ce pays, il y a également un danger pour sa propre population. »

    Un endoctrinement d’inspiration stalinienne, mêlé au confucianisme et à un isolement total du pays, expliquent en partie la survie de cette dictature héréditaire. Pour Juliette Morillot, le caractère poreux de la frontière avec la Chine pourrait permettre petit à petit un désenclavement du pays. Le changement pourrait aussi venir des luttes de pouvoir au sein du régime, entre conservateurs et partisans de réformes économiques. Mais pour l’instant, Kim Jong-un ne donne aucun signe d’assouplissement et l’espoir reste maigre pour les 23 millions de Nord-Coréens.

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