Bangladesh - 
Article publié le : dimanche 28 avril 2013 à 18:57 - Dernière modification le : lundi 29 avril 2013 à 06:13

Bangladesh: le propriétaire de l’immeuble a été arrêté

Des sauveteurs, le samedi 27 avril, sortent une survivante des décombres de l’immeuble qui s’est effondré à Dacca mercredi.
Des sauveteurs, le samedi 27 avril, sortent une survivante des décombres de l’immeuble qui s’est effondré à Dacca mercredi.
REUTERS/Stringer

Par RFI

Au Bangladesh, un incendie a éclaté, dimanche soir 28 avril, dans les décombres de l'immeuble qui s'était écroulé à Dacca la semaine dernière, alors que les pompiers tentaient de sauver une des dernières survivantes de la catastrophe. Le propriétaire de l'édifice, qui s'était enfui après l'accident, à été arrêté quelques heures auparavant alors que la police est toujours à la recherche du copropriétaire, un ressortissant espagnol.

Avec notre correspondant à New Delhi, Adrien Corta

Les opérations de secours ont dû être brutalement interrompues dimanche soir, au troisième étage du Rana plaza, l'immeuble de la banlieue de Dacca qui s'est effondré, tuant près de 350 personnes mercredi dernier. Les pompiers tentaient d'extraire une femme des décombres lorsqu'un incendie a éclaté, causé par les étincelles de scies à béton. Il a finalement été maîtrisé mais la jeune femme, que l'on estime être l'une des dernières survivantes, a trouvé la mort.

Quatre jours après l'accident, l'espoir de retrouver des proches s'amenuise à présent pour des milliers de personnes qui attendent encore aux abords du site.

Le propriétaire arrêté

La cavale de Mohammed Sohel Rana, le propriétaire, aura elle duré quatre jours. Le propriétaire du Rana Plaza, l'immeuble abritant plusieurs ateliers de textiles qui s'est écroulé mercredi 24 avril avec des centaines de personnes à l'intérieur a été arrêté par une unité paramilitaire alors qu'il tentait de passer la frontière indienne.

Il a été ramené à Dacca en hélicoptère, où il devrait être rapidement traduit devant la justice. C'est la sixième personne arrêtée en lien avec la catastrophe, le pire accident industriel de l'histoire du Bangladesh.

Homme d'affaires influent, entretenant des relations avec les deux principaux partis politiques du pays, Mohammed Sohel Rana avait bâti le Rana Plaza en 2010 sur un terrain marécageux. Obtenant l'autorisation de construire un immeuble de cinq étages, il en avait construit trois de plus, au mépris des normes de sécurité.

L'arrestation applaudie par les sauveteurs

Au lendemain du tremblement de terre qui a endommagé son immeuble, il s'était rapidement rendu sur place, selon plusieurs témoignages, ordonnant à des ouvriers inquiets de reprendre le travail.

Annoncée par mégaphone sur le site de la catastrophe, l'arrestation de Mohammed Rana a déclenché les applaudissements des secouristes, parmi lesquels figurent de nombreux bénévoles. Ces derniers sont à présent engagés dans une course contre la montre pour extraire les derniers survivants encore coincés sous les décombres.

Un industriel espagnol visé par l’enquête

Un industriel espagnol est visé par l'enquête pour  « homicide par négligence » conduite par la police du Bangladesh. David Mayor est l’associé d’Aminul Islam, l’un des trois propriétaires d’ateliers interpellés samedi 27 avril. Ce drame relance le débat sur le recours, par des marques occidentales, à des sous-traitants qui ne respectent pas le droit du travail.

Samedi 27 avril, trois propriétaires d’ateliers situés dans l’immeuble de Rana Plaza ont été interpelés. Ils sont poursuivis pour « homicide par négligence ». Un industriel espagnol, considéré comme « l’accusé numéro 4 », est également visé par les enquêteurs. L’industriel espagnol David Mayor est le directeur général de Phantom-Tac, une société détenue à parts égales par Phantom Apparels, une société du Bangladesh, et Textile Audit Company, une société espagnole. Phantom-Tac disposait d’un local de confection de 2000 m2 dans l’immeuble qui s’est effondré.

Les sauveteurs qui tentaient de dégager des survivants dans l'immeuble effondré ont retrouvé dans les décombres des étiquettes de plusieurs marques de vêtements bien connues, européennes et nord-américaines.

Cette catastrophe est probablement l'une des plus meurtrières dans le secteur du textile au Bangladesh, mais ce n'est pas un cas isolé. Plusieurs incendies ont déjà éclaté dans des ateliers au cours des derniers mois, faisant à chaque fois des victimes, en raison de l'absence totale de mesures de sécurité.

Des fabricants attirés par les bas niveaux de salaires

Les fabricants de vêtements sont attirés au Bangladesh par un niveau de salaires particulièrement bas, 37 dollars par mois. Le Bangladesh est ainsi devenu le deuxième exportateur mondial de vêtements, ce qui lui rapporte plus de 19 milliards de dollars par an.

Le secteur du textile au Bangladesh, c'est 4 000 usines, 3 millions d'ouvriers - dont 90% de femmes - et des conditions de travail régulièrement dénoncées par la confédération syndicale internationale. La CSI souligne aussi les atteintes aux droits syndicaux des travailleurs qui cherchent à obtenir des améliorations des conditions de travail et de rémunérations.

 

tags: Bangladesh - Questions sociales
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