Malaisie - 
Article publié le : dimanche 05 mai 2013 à 15:53 - Dernière modification le : lundi 06 mai 2013 à 11:52

Malaisie: la coalition au pouvoir remporte les législatives

Le Premier ministre malaysien Najib Razak (au centre) et les principaux responsables de son parti, le Barisan Nasional, célèbrent leur victoire aux législatives, à Kuala Lumpur, le 5 mai 2013.
Le Premier ministre malaysien Najib Razak (au centre) et les principaux responsables de son parti, le Barisan Nasional, célèbrent leur victoire aux législatives, à Kuala Lumpur, le 5 mai 2013.
REUTERS

Par RFI

Le Barisan Nasional au pouvoir depuis 56 ans en Malaisie, a gagné les élections législatives, ce dimanche 5 mai 2013, en remportant 133 sièges sur 222, a annoncé la Commission électorale. La coalition d'opposition du Pakatan Rakyat est créditée de 84 sièges, selon les résultats officiels portant sur près de 90% des circonscriptions. Plus de 13 millions de Malaisiens étaient appelés aux urnes pour renouveler un Parlement contrôlé depuis plus d'un demi-siècle par la même coalition qui gère le pays de manière autoritaire. 

Avec notre envoyée spéciale à Kuala Lumpur, Carrie Nooten

La coalition de l’opposition, le Pakatan Rakyat (PR, Pacte populaire), refuse de reconnaître les résultats, et notamment le fait que le Barisan National (BN, Front national) au pouvoir aurait remporté cette élection.

Il est vrai que cette soirée électorale aura été riche en rebondissements : l’opposition semblait partie favorite, et au final, si le BN a été donné vainqueur par la Commission électorale, les écarts ne sont de toute façon pas bien grands. La coalition de l’opposition a même renforcé sa présence au Parlement, en récoltant déjà plus de sièges que ce qu’elle avait avant la dissolution le mois dernier.

Le leader de l’opposition, Anwar, a expliqué que son état-major allait se réunir lundi pour réfléchir à quelle tactique adopter, ainsi que pour réunir les preuves de fraudes électorales diverses, comme des observateurs empêchés de faire leur travail, des étrangers ramenés par bus entiers pour voter avec de fausses cartes d'identité... Ses lieutenants chuchotent que les militants déçus manifesteront certainement dans les rues.
 

Participation massive

Une participation massive, vraiment impressionnante. C'est le constat premier des élections en Malaisie. Aucun incident majeur n'est à déplorer et l’ambiance dans les rues de Kuala Lumpur était plutôt calme, ce qui est très rare. Mais dès que l’on s’approchait des bureaux de vote, l'atmosphère s’électrifiait.

Pour éviter des altercations, les tentes des supporters ont été systématiquement placées de part et d’autre des portes d’entrée des centres de vote.

Une bonne pluie tropicale a finalement calmé le jeu, en milieu d’après-midi. Le seul incident à déplorer est le refus de la police de laisser entrer une candidate de l’opposition, la fille d’Anwar Ibrahim, le leader de l'opposition. Ce qui est illégal. Mais après une quinzaine de minutes, elle a tout de même pu passer.

Incroyable mobilisation citoyenne

Ce qu’il faut retenir de cette journée, c’est cette incroyable mobilisation citoyenne. Quelque chose de vraiment nouveau semble se passer en Malaisie. Il suffisait d'observer tous ces Malaisiens agglutinés près de leurs bureaux de vote, après avoir glissé leur bulletin dans l'urne. Selon eux, il s'agissait de défendre le scrutin et d'éviter la fraude électorale, l'une des raisons pour laquelle le Barisan Nasional a réussi à se maintenir au pouvoir aussi longtemps.

Les Groupements citoyens pour des élections propres et justes, avaient révélé que lors du précédent scrutin, 27 % des électeurs étaient des électeurs fantômes : des personnes qui avaient voté plusieurs fois dans la journée ou des étrangers, à qui l'on avait donné de fausses cartes d’identité.

« Ghostbusters » des urnes

Un Malaisien racontait, avant la fermeture des bureaux de vote, avoir repéré une quarantaine de Bangladais qui, selon leurs papiers, auraient dû être ses voisins. Or, il ne les avait jamais vus de sa vie. Mais la police les a laissés entrer, malgré ses protestations.

Ainsi, pour limiter le bourrage d’urnes, les citoyens se sont mobilisés toute la journée. Ils se sont transformés en « Ghostbusters », en chasseurs de fantômes, comme ils s’appellent eux-mêmes.

C.N

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