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    Asie-Pacifique

    L'Afghanistan veut renforcer son partenariat stratégique avec l'Inde

    media Le président afghan Hamid Karzaï s'entretient avec le Premier ministre indien Manmohan Singh, le 21 mai 2013 à New Delhi. REUTERS/Press Information Bureau of India

    Des pourparlers sont en cours pour un accord de défense renforcé entre les deux alliés. New Delhi pourrait répondre favorablement à la demande du président Hamid Karzaï pour une aide militaire accrue dans la perspective du retrait de l’Otan de l’Afghanistan après 2014. La tension monte d’un cran en Asie du Sud.

    En visite en Inde depuis le lundi 20 mai, le président afghan, Hamid Karzaï, a été reçu le mardi par son homologue indien, le président Pranab Mukherjee, et par le Premier ministre Manmohan Singh. Les deux dignitaires ont promis de continuer d’épauler le gouvernement et le peuple afghans pour les aider à préparer la transition en 2014 lorsque partiront les forces internationales.

    C’est le sixième voyage de Karzaï dans le pays de Gandhi et de Nehru, un pays historiquement ami de l’Afghanistan et que le leader afghan connaît bien depuis qu’il y a séjourné au début des années 1980 pour y effectuer ses études universitaires. Lors de sa dernière visite, en novembre l’an dernier, celui-ci avait plaidé la cause de son pays auprès des hommes d’affaires indiens, plutôt réticents à venir investir dans son pays. Officiellement, l’objectif de sa visite cette fois est de recevoir le diplôme honorifique de l’université Lovely Professional au Pendjab, qui lui a été remis lundi soir, lors d’une cérémonie solennelle.

    Recrudescence de violences à la frontière

    L'Inde a contribué à hauteur de deux milliards de dollars à l'amélioration de l'Afghanistan...
    Le président afghan Hamid Karzaï

    Or, selon la presse indienne, le véritable but de la visite de Hamid Karzaï serait de négocier avec New Delhi un accord militaire portant sur la fourniture d’armes et d’avions militaires à l’armée afghane. Citant l’ambassadeur de l’Afghanistan en Inde, The Times of India écrivait dans son édition du week-end que les soldats afghans avaient besoin « d’aide militaire indienne pour mieux assurer la sécurité de leur pays ».

    On assiste en effet, ces derniers temps, à une intensification des combats dans la zone frontalière pakistano-afghane. Plusieurs agents de sécurité afghans auraient été tués pendant de récentes escarmouches qui les opposaient aux militaires pakistanais. Cette recrudescence de violences augure mal pour le maintien de la paix dans la région, notamment après le retrait des troupes de l’Otan en 2014.

    Par ailleurs, ce n’est sans doute pas accidentel si la visite de Hamid Karzaï survient dans le contexte de changements politiques majeurs en cours au Pakistan. Les élections législatives du 11 mai ont conduit au pouvoir à Islamabad le parti conservateur de Nawaz Sharif (futur Premier ministre). Celui-ci a fait campagne sur le thème de la réconciliation avec les combattants islamistes qui sèment pourtant la terreur au Pakistan depuis quelques années. Le nouveau Premier ministre est perçu comme étant proche des talibans, mouvement qu’il avait soutenu lors de ses précédents passages à la primature dans les années 1990.

    Le gouvernement de Nawaz Sharif fut l’un des rares gouvernements à avoir reconnu officiellement, l’Emirat islamique d’Afghanistan instauré par les talibans en 1996. Les Afghans craignent que sous Sharif, le Pakistan ne renoue avec sa politique de soutien aux talibans afghans réfugiés sur son sol et ne les aide à reprendre le pouvoir à Kaboul lorsque les militaires américains auront plié bagage.

    « Susceptibilités régionales »

    New Delhi partage la même inquiétude et craint pour ses intérêts sécuritaires, notamment au Cachemire, en cas de retour du régime taliban à Kaboul après 2014. L’Inde a investi 2 milliards de dollars en Afghanistan à titre d’aide au développement. Les deux pays ont également signé en 2011 « un partenariat stratégique » pour intensifier leurs relations dans les domaines militaires, économiques et culturels. La demande d’aide militaire accrue qu’a présentée le président afghan lors de sa rencontre mardi avec Manmohan Singh, s’inscrit dans le cadre de ce traité de coopération.

    Or l’aide militaire accordée jusqu’ici par New Delhi se limitait à la formation des militaires et des policiers afghans. Selon un porte-parole du ministère indien des affaires étrangères, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, les pourparlers sont en cours pour un potentiel accord d’armement entre les deux pays. Si aucune déclaration officielle n’a été faite dans ce sens au terme de la rencontre de Karzaï avec le Premier ministre indien, c’est parce que New Delhi est conscient que la fourniture d’armements au régime afghan pourrait hérisser certaines « susceptibilités régionales ».

    Plus clairement, une décision de New Delhi répondant favorablement à la demande afghane en faveur d’une aide militaire accrue ne manquera pas d’effaroucher l’establishment pakistanais qui voit d’un très mauvais œil toute implication indienne en Afghanistan. Islamabad considère son voisin du nord comme sa chasse gardée et vit toute velléité de rapprochement entre l’Inde et l’Afghanistan comme une tentative d’encerclement de son territoire.

    Il y a peu de chance que cette donne ait beaucoup évolué, malgré l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement civil au Pakistan et dont le chef Nawaz Sharif a promis d’améliorer les relations de son pays avec ses voisins. Or traditionnellement, au « Pays des Purs », c’est l’armée qui prend les décisions importantes en matière de politique étrangère. Parions que la visite à New Delhi de Hamid Karzaï avec sa « shopping list » n’est pas passée inaperçue du côté de Rawalpindi où est basé l’état-major pakistanais !

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