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Emmanuel Schwartzenberg: «Le modèle payant va se développer» pour les sites d'information

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Le 65e congrès mondial des journaux se tient jusqu’à mercredi à Bangkok, en Thaïlande. Pour les participants, l’enjeu de ces rencontres annuelles de l’industrie de la presse et des médias est de partager informations et idées pour relever les défis que pose l’évolution des médias. Le journaliste Emmanuel Schwartzenberg, spécialiste des médias et tout nouveau PDG de TLT, la chaîne locale toulousaine, analyse les évolutions de la presse, notamment écrite, confrontée à l’accélération induite par Internet.

RFI : Première question, incontournable... Est-ce bien Internet qui est en train de révolutionner l’ensemble du paysage médiatique mondial ?

Emmanuel Schwartzenberg : Oui. Comme Internet a d’ailleurs révolutionné l’ensemble du paysage économique, avec des conséquences qu’on a vues sur le marché de la grande distribution, par exemple. La presse, depuis maintenant une dizaine d’années, a été obligée d’entrer dans une mutation profonde et irréversible, à cause, et grâce sans doute, à l’arrivée d’Internet. Elle a pris pied sur la toile à travers ses propres sites. Il n’y a pas un seul journal, un seul média au monde, qui n’est pas présent sur Internet.

Tous les pays sont donc concernés. Y a-t-il certains pays qui ont un temps d’avance et d’autres du retard ?

On peut distinguer les endroits où il y a un temps d’avance, dans ce qu’on peut appeler des nations dites occidentales. C'est-à-dire les Etats-Unis, le monde anglo-saxon et l’Europe. Un petit décalage, bien sûr, avec ce que l’on pourrait dire sur le Maghreb, qui lui est encore très concerné par la presse papier, même si des journaux, par exemple El Watan, ont un site internet important. Mais au Maroc, par exemple, où il y a une presse économique importante, il y a très peu de présence sur Internet. C’est un peu pareil sur le marché chinois, où la présence sur Internet est moins développée que celle que l’on observe dans les pays européens.

Certains journaux américains ont effectué une bascule complète vers Internet. C’est le cas de Newsweek. L’hebdomadaire est désormais uniquement disponible sur Internet. Il est par ailleurs à vendre. Est-ce un modèle économique qui fonctionne ? Qui peut être rentable ?

Oui. Mais l’histoire de Newsweek, c’est un peu l’histoire de La Tribune, en France. C’est un journal qui, il y a encore une dizaine d’années, vendait environ trois millions et demi d’exemplaires. Il s’est fait dépasser par le Times qui, lui, a su se développer sur Internet parce que le groupe Time Warner a su amorcer son virage.

C’est un journal qui se trouve dans la position d’avoir raté son business plan, son modèle économique sur le papier, et qui a tenté une survie sur Internet. Il est donc moins bien placé qu’un autre groupe qui aurait, lui, réussi sur le papier, avant d’opérer sa mutation sur Internet.

On voit, en France, la mutation plutôt réussie du Monde sur Internet, ou même, un peu, du Figaro. Ce sont des journaux relativement solides qui sont parvenus à amorcer ce virage.

Quand vous êtes malade sur le papier, c’est encore plus difficile d’amorcer ce virage. En revanche, si vous avez des liens puissants et forts avec votre lectorat, il est plus aisé et presque plus logique de transférer l’information que vous donnez à vos lecteurs de façon régulière sur Internet, parce que votre lectorat vous sera fidèle.

Va-t-on aller, de plus en plus, vers une information payante sur Internet ? Jusque-là, les journaux mettaient en ligne beaucoup de contenu gratuit. Ça commence, certains tentent de rendre payante une partie de ces contenus...

Oui, parce qu’il n’y a pas de modèle économique de l’information rentable sur Internet. Tout simplement parce que le modèle Google, c'est-à-dire la publicité à bas prix, à un centime et demi, voire moins – quelquefois un demi-centime – est un modèle qui tue la presse d’information. Vous ne pouvez pas comparer des millions de visiteurs qui vont chercher un contenu, un simple divertissement, avec un lecteur qui aura besoin d’une information enrichie.

Le modèle payant va donc se développer. Mais pour qu’il réussisse, il faut que ce modèle payant soit initié dès le départ. Si vous proposez un site gratuit et que, tout d’un coup, vous mettez en ligne quelques articles payants, comme cela se fait maintenant dans la presse nationale, ça ne marche pas.

En revanche, quand vous faites, comme Mediapart, un site payant dès le départ, vous avez beaucoup de mal, bien sûr, à constituer votre portefeuille d’abonnés. Mais une fois qu’il est fait, vous les gardez et vous ne les décevez pas, puisque dès le départ ils ont été habitués à payer. C’est un peu l’histoire de la télé payante.

Si TF1 se mettait à mettre des fenêtres payantes, ou la BBC, ou n’importe quelle télévision mondiale, tout d’un coup vous diriez : « Eh bien non ! ». Entre telle heure et telle heure, vous payez ? Vous verriez qu’il n’y aurait aucun succès. Sur le modèle payant ou gratuit pour l’information, c’est un peu la même chose. Ça ne marche que si vous avez été franc avec vos lecteurs dès le début.

Ces derniers mois, en France, on a beaucoup parlé du phénomène Mediapart, le site internet d’investigation, qui a notamment révélé les affaires Bettencourt et Cahuzac. Est-ce la tendance d’aujourd’hui, selon vous, que le journalisme d’investigation se fait d’abord et avant tout sur le Net ?

C’est le retour au véritable journalisme. C’est-à-dire un journalisme d’enquête, qui prend du temps de confrontation, de réflexion. Ce sont des semaines, des mois d’enquête. Et je voudrais juste qu’on relève au passage que, même si l’information est délivrée très rapidement, qu’elle n’est plus imprimée et que ça ne prend plus vingt-quatre heures avant d’être diffusé, la recherche de l’information, elle, prend des semaines.

Mediapart n’a pas fait ça en vingt-quatre heures. Vous imaginez bien que, sur l’affaire Cahuzac, par exemple, c’est une enquête qui a duré plusieurs mois.

Le fait que vous utilisiez Internet ne veut pas dire que vous allez, tout d’un coup, divulguer et propager une information que vous n’aurez pas vérifiée, que vous n’aurez pas travaillée. Sinon c’est contre-productif.

Parallèlement à cette évolution Internet, on voit en France certaines expériences qui fonctionnent en prenant le parfait contre-pied. C’est le cas de la revue trimestrielle de reportages XXI, qui a trouvé son lectorat...

Oui, elle a trouvé son lectorat. C’est un peu comme les grands reportages, que l’on peut lire dans Le Monde, par exemple, si vous avez lu celui sur la Syrie... C’est, effectivement, le fait de décider d’aller à contre-courant de cette information immédiate, fragmentée et parcellaire. C’est un signe d’optimisme, puisque cela prouve qu’il y a un réel besoin d’aller plus loin dans un contenu, dans un article véritablement riche, bien écrit et étonnant.

Le site de TLT - Télé Toulouse, dont Emmanuel Schwartzenberg est le PDG.

Le site du Congrès mondial des journaux, qui se tient à Bangkok.
 

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