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    Asie-Pacifique

    Birmanie: climat toujours tendu après l'annonce d'un contrôle des naissances pour les Rohingyas

    media Des enfants réfugiés Rohingyas, dans un village à l'ouest de la Birmanie en juin 2012 Reuters/Soe Zeya Tun

    Trois femmes appartenant à la minorité musulmane Rohingya ont été tuées mardi 4 juin lors d'affrontements avec les forces de l'ordre dans l'ouest de la Birmanie, secoué par des violences communautaires depuis l’an dernier. Information donnée ce mercredi par la police locale. Ces trois nouveaux décès interviennent une semaine après la décision des autorités locales de limiter le nombre d’enfants à deux par couple pour les Rohingyas, une mesure accueillie avec circonspection par le gouvernement central et avec fureur par les ONG internationales.

    Ces trois femmes ont été tuées, mardi 4 juin, lors d'affrontements avec les forces de l'ordre dans un camp de déplacés de l'Etat Rakhine. Quatre autres personnes ont été blessées.

    La situation est très tendue dans l’ouest du pays depuis les affrontements très violents entre musulmans Rohingyas et bouddhistes Rakhines, l’an dernier. Des affrontements qui ont fait 200 morts et plus de 140 000 déplacés.

    La tension est d’autant plus forte que, la semaine dernière, le gouvernement local, constitué de Rakhines, a décidé de limiter le nombre des naissances de la minorité musulmane Rohingya à deux enfants par couple, pour « limiter les tensions entre les deux communautés » - les bouddhistes, pourtant majoritaires dans le pays, se sentant selon leurs propres mots « envahis » par les Rohingyas.

    « Contenir » les Rohingyas

    Cette mesure de limitation des naissances date en fait du début des années 1990. Quelques années avant, les musulmans Rohingyas avaient été déclarés apatrides en Birmanie, et 200 à 400 000 d’entre eux avaient quitté le pays pour revenir au Bangladesh, la contrée d’origine de leur ethnie.

    Mais Dacca n’étant pas particulièrement ravie d’accueillir toute cette population, un accord de rapatriement vers la Birmanie a été conclu en 1992. Et c’est donc à ce moment que les autorités locales de l’Etat Rakhine ont décidé de  « contenir » les Rohingyas de retour dans le pays en contrôlant leur natalité dans deux districts, musulmans à 95% : Buthidaung et Maundaw – le reste de l’Etat Rakhine est à majorité bouddhiste.

    Il s’agissait d’interdire la polygamie, et d’obliger les couples Rohingyas à se limiter à deux enfants maximum - en cas de naissance d’un troisième enfant, celui-ci n’était pas enregistré, donc sans existence légale, pas de possibilité d’aller à l’école, etc.

    Une nouvelle tentative des autorités locales

    À l’époque les autorités centrales et locales étaient constituées de militaires. Depuis 2010, ce sont des civils qui dirigent le pays. Mais, concernant les Rohingyas, les mesures restent les mêmes, en tous cas au niveau local. Depuis la semaine dernière, les autorités Rakhines tentent d’imposer une nouvelle fois une limitation de la natalité dans les mêmes districts.

    Pour expliquer leur décision, les autorités locales s’appuient sur le rapport d’une commission sur les violences, qui voit l’origine de ces tensions dans le fait que la natalité des Rohingyas est considérée comme « galopante » par les bouddhistes...

    Mais si le rapport va complètement dans le sens des bouddhistes, en préconisant la mise en place d’un planning familial pour les Rohingyas et d’une éducation des femmes Rohingyas pour qu’elles fassent moins d’enfants, il souligne aussi qu’il ne faut pas mettre en place de mesures obligatoires qui « pourraient être vues comme injustes et abusives ». C’est pourtant la voie que les autorités locales ont choisie.

    Gêne de Thein Sein...

    Le gouvernement birman a expliqué, lundi 3 juin, qu’il allait examiner cette mesure locale, soulignant que « le gouvernement central n’a pas annoncé cette politique ». Et pour cause : depuis deux ans, Naypyidaw tente de montrer patte blanche à l’international en prouvant que le pays est sur la voie de la démocratisation.

    Objectif : obtenir la levée des fameuses sanctions internationales - qui, de fait, ont presque toutes été suspendues - et attirer les investisseurs étrangers. Pour cela, il faut les convaincre qu’en Birmanie les conditions sont bonnes pour faire des affaires. 

    Ces violences contre les musulmans arrivent donc au mauvais moment, d’autant qu’elles se sont étendues au centre du pays. Ce ne sont plus seulement les Rohingyas qui sont touchés. Et puis il y a cette décision locale sur la natalité qui bafoue les droits de l’homme alors que tout le monde a le regard rivé sur la Birmanie - d’autant que ce mercredi s’ouvre à Naypyidaw le forum économique mondial sur l’Asie de l’est, qui accueille 900 délégués venant de plus de 50 pays...

    ...et d’Aung San Suu Kyi

    L’opposition (la LND d’Aung San Suu Kyi) semble donc avoir un boulevard pour dénoncer ces violences et cette mesure discriminatoire, puisque, même si ce n’est pas le gouvernement qui en est à l’initiative, cela se passe sous la présidence de Thein Sein. Mais de fait, cette affaire est une épine dans le pied de la Dame de Rangoon. On s'en souvient, il lui avait été reproché d'avoir mis trop de temps à dénoncer la situation des Rohingyas.

    En fait, explique le spécialiste de la Birmanie Renaud Egreteau, la base électorale de la LND et donc d'Aung San Suu Kyi sont les bouddhistes et l’ethnie bamar, bouddhiste elle-même, et majoritaire dans le pays. Difficile donc pour l’opposition d'aborder cette question des tensions entre musulmans et bouddhistes sans écorner sa popularité auprès de ces derniers, sachant que la LND compte bien remporter les prochaines élections de 2015.

    En outre, les Bamars comme les Rakhines voteront certainement pour ceux qui ont une position dure vis-à-vis des musulmans, et particulièrement des Rohingyas.

    Aung San Suu Kyi s’est quand même élevée il y a quelques jours contre cette décision de contrôler la natalité Rohingya. Mais, dans le même temps, huit antennes locales de la LND dans l’Etat Rakhine ont, elles, soutenu ces mesures.

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