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    Asie-Pacifique

    France - Japon: une relation à reconstruire

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    François Hollande entame, ce jeudi 6 juin 2013, un voyage de trois jours au pays du Soleil-Levant, une visite d’Etat souhaitée de longue date par les Japonais. Il n’y en avait pas eu depuis 1996, le président était alors Jacques Chirac. Il entretenait avec ce pays une passion qui le conduit à y effectuer plus d’une cinquantaine de voyages au total. Un parti pris apprécié des Japonais, sans pour autant que les relations soient florissantes sur le plan commercial. Les entreprises françaises ont toujours pâti de l’accès restreint à ce marché de 127 millions d’habitants. Un marché extrêmement protégé par les droits de douane et toutes sortes de barrières difficilement contournables.

    De notre envoyée spéciale à Tokyo,

    Plusieurs facteurs ont contribué au relâchement des liens franco-japonais. Pour le Japon, les difficultés économiques commencèrent à s’accumuler au cours de la décennie 90. Dans le même temps, le développement spectaculaire de la Chine laissait entrevoir des perspectives encourageantes, détournant quelque peu l’attention jusque-là portée au Japon.

    L’arrivée sur la scène politique française de Nicolas Sarkozy, puis au Japon de Naoto Kan, leader de centre gauche, allait voir les liens se relâcher, au grand dam des entreprises françaises, mais pas seulement. La volonté de renouer les liens part donc de ce constat, dressé par le conseiller diplomatique de François Hollande, Paul Jean-Ortiz.

    « C’est vrai qu’il y a un certain nombre de facteurs qui ont un peu fait passer le Japon au second plan : l’émergence de la Chine qui a été extrêmement spectaculaire, la crise économique qui a frappé le Japon peut-être plus que d’autres. Mais certains ont oublié que le Japon est resté un acteur majeur de l’économie mondiale, souligne le conseiller. Nous avons d’ailleurs énormément de liens entre nos sociétés et nos entreprises et nous ne partons pas de zéro. Mais il y a effectivement le besoin d’une relance de cette relation. »

    Le Japon, « un acteur majeur de l’économie mondiale », ne pas l’oublier !

    L’économie sera donc au centre de cette visite d’Etat de François Hollande au Japon. Pour autant, ce n’est pas l’unique priorité de ce voyage, à très forte tonalité symbolique et culturelle.

    Pour renouer, il faudra en effet réparer les dommages causés sur un tout autre plan que sur le domaine des affaires. Outre la préférence marquée pour la Chine par le président Sarkozy, certaines remarques ont profondément heurté les Japonais. Notamment lorsque le président français en début de mandat avait traité les lutteurs de sumo -auxquels les Japonais vouent un véritable culte- de « types obèses aux chignons gominés », une véritable bourde diplomatique.

    D’autres déclarations avaient ému la presse japonaise, lorsque Nicolas Sarkozy avait trouvé « Tokyo étouffant comparé à Hong Kong », et marqué son désintérêt pour Kyoto. C’était -encore une fois- pour prendre le contre-pied de Jacques Chirac, qui affirmait aimer respirer l’air de Tokyo et apprécier les charmes de l’ancienne capitale impériale.

    Plusieurs bourdes diplomatiques

    Des remarques qui avaient choqué au Japon, comme s’il fallait mettre Pékin et Tokyo en concurrence, dans le but de décrocher des parts de marché en Chine. De quoi se mettre à dos l’opinion japonaise dans son ensemble : les gens du Kanto (la région de Tokyo), ceux du Kansai (la région d’Osaka-Kobe-Kyoto) et tous les amoureux du sumo, la lutte traditionnelle, véritable institution dans le pays.

    Evelyne Dourille Feer, spécialiste de l’économie japonaise au CEPII, en convient, cela avait rendu les choses extrêmement difficiles. « C’était quand même quelque chose qui avait énormément blessé les Japonais, rappelle-t-elle. Pour eux, c’est un art très important et il y a des symboles dedans, de toute une culture. Et de voir qu’il y avait cette espèce de mépris, parce qu’il y avait un côté très méprisant dans la manière d’en parler, faisait que c’était difficile ».

    Des relations plus équilibrées de Paris avec Tokyo et Pékin

    Désormais, Paris souhaite rééquilibrer ses relations avec les géants d’Asie. Après un voyage en Inde puis en Chine, François Hollande passera un peu plus de temps au Japon, pays avec lequel la France partage de nombreuses valeurs, et qui n’a pas reçu suffisamment d’attention ces dernières années aux yeux de la diplomatie française. Le ton a donc changé à l’égard de Tokyo.

    Louis Schweitzer, représentant spécial de la France pour le partenariat avec le Japon Le haut fonctionnaire et chef d'entreprise français évoque la politique économique du gouvernement nippon, connue son le nom d'Abenomics, du nom du Premier ministre Shinzo Abe. 11/10/2013 - par Sophie Malibeaux Écouter

    De fait, les flux commerciaux avec la Chine sont beaucoup plus importants, mais le déficit aussi. Les 1,7 milliard de déficits avec le Japon sont à mettre en rapport avec les 27 milliards de déficits enregistrés vis-à-vis de la Chine. Des efforts sont donc à fournir sur les deux tableaux, mais il faudrait revoir notre perception du Japon, en tant que marché « inaccessible ».

    La culture du résultat mise en sourdine

    Ce à quoi vont s’employer la demi-douzaine de ministres accompagnant le président Hollande, ainsi qu’une quarantaine de chefs d’entreprises françaises. Même si les Français sont à l’affut de nouveaux contrats, le gouvernement n’affiche plus de la même façon la culture du résultat. C’est une marque du gouvernement Hollande qui pourrait convenir aux Japonais, connus pour apprécier l’établissement de rapports stables, sur le long terme.

    La négociation avec le Japon sera longue, c’est dans la durée qu’elle s’avèrera profitable. Les ministres présents tenteront néanmoins d’aborder avec leurs interlocuteurs la levée de barrières non tarifaires dans les domaines de l’agroalimentaire, mais aussi de l’aéronautique et du ferroviaire où il est très difficile de remporter des appels d’offres.

    Dans le domaine de l’aérien par exemple, du fait de son alliance avec les Etats-Unis, le choix des grandes compagnies japonaises (JAL et ANA) s’est jusque-là toujours porté sur Boeing.


    Ce jeudi 6 juin sur RFI, écoutez Décryptage à 19h10 heure de Paris : Japon: le sursaut économique ?


    La filière nucléaire également relancée

    Il est un secteur dans lequel les relations se portent bien, contre toute attente, c’est dans le nucléaire civil, en dépit des résistances opposées par une partie de la population. Malgré la catastrophe de Fukushima en mars 2010, et peut-être même à cause d’elle, les Français d’Areva se trouvent en position de renforcer leur présence.

    Les arguments de vente ne manquent pas, ils visent à aider au démantèlement des installations défectueuses, et cela pourrait prendre des décennies. Ils visent également la constitution de partenariats pour la construction de nouveaux réacteurs en pays tiers, comme en témoigne de nouveaux réacteurs en Turquie, et pourquoi pas un jour au Japon. Ce n’est pas encore à l’ordre du jour, mais le gouvernement Abe n’a pas refermé le chapitre du nucléaire civil. Il reste un très important client pour l’industrie française.

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