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    Moyen-Orient

    Nombreuses réactions après l'élection d'Hassan Rohani en Iran

    media Hassan Rohani, président élu de la République islamique d'Iran, le 14 juin 2013, jour de son élection triomphale. REUTERS/Fars News

    Le religieux modéré Hassan Rohani, 64 ans, a créé la surprise en remportant dès le premier tour la présidentielle iranienne avec 50,68% des voix. La participation s'élèverait à plus de 72%. Une victoire qui marque le retour des modérés et réformateurs au gouvernement. Voici les premières réactions après l’avènement du nouveau président élu de la République islamique d’Iran.

    C’est Mostafa Mohammad Najar, ministre iranien de l'Intérieur, qui a annoncé solennellement le nom du successeur de Mahmoud Ahmadinejad, samedi 15 juin 2013 à Téhéran. « M. Hassan Rohani a recueilli plus de 18,6 millions voix. Il obtient la majorité absolue et devient ainsi le président élu de cette onzième élection présidentielle », a-t-il déclaré sous les applaudissements de l’assistance.

    Mostafa Mohammad Najar Ministre de l'Intérieur iranien 11/10/2013 - par France 24 Écouter

    Immédiatement après l'annonce des résultats officiels, plusieurs milliers d’habitants de la capitale sont descendus à pied ou en voiture dans les rues pour célébrer la nouvelle. Klaxons, portraits du nouvel élu brandis… Une ambiance festive.

    Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei a, lui aussi, salué l'accession de M. Rohani à la présidence dans la soirée, comme l’a rapporté son site internet officiel. « Je félicite le peuple et le président élu », écrit le numéro un iranien à l’adresse de son nouveau numéro 2. Le Guide suprême appelle « tout le monde » à « aider le nouveau président et son gouvernement », mais aussi à éviter les « comportements inappropriés », que ce soit de « joie » ou de « mécontentement ».

    « Développement des relations bilatérales »

    Le président-élu a réagi lui-même via un message lu à la télévision d’Etat. M. Rohani parle d’une « victoire […] de l'intelligence, de la modération, du progrès [...] sur l'extrémisme ». « Le processus de disparition des réformateurs du système politique est en partie arrêté avec la victoire très nette de M. Rohani », confie à l'Agence France-Presse (AFP) Amir Mohebian, analyste réputé proche des conservateurs.

    Bernard Hourcade Directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l'Iran 11/10/2013 - par Christophe Paget Écouter

    En attendant les premiers pas du nouveau président, la communauté internationale « prend acte ». A commencer par la France qui, par la voix du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, se déclare « prête à travailler » avec Hassan Rohani, au sujet du nucléaire bien sûr, mais aussi de « l'engagement de l'Iran en Syrie ». « Les attentes de la communauté internationale à l'égard de l'Iran sont fortes », précise dans un communiqué le chef de la diplomatie française, qui « salue l'inébranlable aspiration à la démocratie du peuple iranien », comme la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

    L'Italie évoque l’espoir d’un « développement des relations bilatérales » et d’un « dialogue constructif » entre l'Iran et la communauté internationale, a fait savoir également par communiqué la ministre italienne des Affaires étrangères Emma Bonino, qui se satisfait d’une élection qui s’est déroulée dans des conditions « correctes ». Londres espère que M. Rohani mettra l’Iran « sur un nouveau chemin ». Dans un communiqué, la diplomatie britannique appelle également l’Iran à faire avancer « une relation constructive avec la communauté internationale » notamment dans le dossier nucléaire, mais aussi en améliorant « la situation politique et celle des droits de l'homme ». Même type de réaction en provenance de Berlin.

    « Un meilleur avenir pour tous les Iraniens »

    Siavosh Ghazi Correspondant de RFI à Téhéran 11/10/2013 - par RFI Écouter

    A Beyrouth, au Liban, la Coalition de l’opposition syrienne exhorte le nouveau président à revoir la position de son pays en faveur du régime de Bachar el-Assad à Damas. « La Coalition nationale syrienne estime qu'il est de son devoir d'appeler le nouveau président de l'Iran à rectifier les erreurs commises par la direction iranienne […] avant qu’il ne soit trop tard », car « la volonté du peuple syrien est invincible et ne se brisera devant aucune agression extérieure », est-il écrit dans le communiqué.

    Les Etats-Unis semblent également croire à l’écriture d’une nouvelle page avec l’Iran. Même si la Maison Blanche note que « l'élection d'hier a été marquée par un manque de transparence, la censure dans les médias, internet ou encore des textos, dans un contexte général d'intimidation qui a bridé la liberté d'expression et de rassemblement », les Américains se disent néanmoins toujours « prêts à collaborer directement » avec Téhéran. L’objectif de l’administration Obama ? « Trouver une solution diplomatique qui apaiserait les inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien [...]. Nous avons espoir que le nouveau gouvernement iranien prendra en compte la volonté des Iraniens et fera des choix responsables, porteurs d'un meilleur avenir pour tous les Iraniens », explique Washington.

    « Le président élu en Iran a été sélectionné par l'ayatollah Khamenei »

    Bernard Nicoulot Ambassadeur français en Iran entre 2002 et 2005 11/10/2013 - par Christophe Paget Écouter

    Dans le concert des nations, il n’y a finalement qu’Israël pour minimiser la portée de l’événement du jour en Iran. « Le programme nucléaire de l'Iran a jusqu'à présent été décidé par Khamenei, pas par le président iranien », fustige le ministère israélien des Affaires étrangères, qui avertit déjà :

    « Après les élections, l'Iran continuera d'être jugé sur ses actes, dans le domaine nucléaire comme dans celui du terrorisme. L'Iran doit se conformer aux demandes de la communauté internationale d'arrêter son programme nucléaire et de cesser la propagation du terrorisme dans le monde. »

    Israël ne croit pas à la modération prêtée au nouveau numéro 2 iranien. « Le président élu en Iran a été sélectionné par l'ayatollah Khamenei qui a disqualifié et empêché les candidats qui ne conformaient pas à ses vues extrémistes de se présenter », analyse la diplomatie de l’Etat hébreux.

    « C'est le mollah Rohani qui a émergé »

    Même si anonymement, un haut responsable israélien confie à l’AFP que « le peuple iranien a signifié à ses dirigeants qu'ils sont opposés à la voie qui a mené à des sanctions et rendu leur vie plus difficile », ce dernier ajoute aussitôt : « Si l'Iran ne respecte pas les demandes de la communauté internationale et ne cesse pas immédiatement son programme nucléaire, la communauté internationale doit accroître sa pression sur l'Iran. »

    La dirigeante du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), l'opposition iranienne en exil, raille pour sa part « une mascarade électorale du régime des mollahs dans la crainte d'un soulèvement ». Maryam Radjavi estime que l'élection a été truquée, pointant un taux de participation « grotesque ».

    Et de conclure, véhémente : « C'est le mollah Rohani qui a émergé. Ayant trempé depuis le début dans tous les crimes du régime, il ne trompe personne dans un rôle de " modéré ". »

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