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    Asie-Pacifique

    Chine: les pollueurs désormais passibles de la peine de mort

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    Les autorités chinoises ne plaisantent plus avec la pollution. La Cour suprême a décrété le 19 juin dernier que la peine capitale s’appliquerait désormais aux responsables de grave pollution dans le pays. Les dix ans de réclusion jusqu’alors réclamés, mais rarement appliqués, ne suffiraient donc plus. La pollution est responsable en Chine de la mort de milliers de personnes chaque année.

    Les autorités ont eu la main lourde : la peine capitale pourra être appliquée pour les grosses affaires de pollution. Parmi les crimes « graves », la Cour suprême mentionne désormais dans le code pénal des éléments tels que les produits radioactifs, les produits chimiques très toxiques, les virus contagieux. Tout déversement de déchets toxiques à proximité de site d’approvisionnement en eau potable pourra également être passible de poursuites.

    Par ailleurs, des condamnations auront lieu quand une pollution provoquera des déplacements humains, des intoxications, des dégâts supérieurs à 37 000 euros, etc. La liste est longue dans un pays qui mise avant tout sur la croissance économique et qui ne s’est pas alarmé lors de la révélation de forage de puits d’évacuation clandestins pour les eaux toxiques dans la province de Shandong en février dernier.

    L'environnement, nouvelle priorité du régime?

    Jusqu’à présent, l’environnement n’a pas été l’une des priorités du régime. Mais le nouveau président, Xi Jinping, avait promis du changement en la matière, c’est désormais chose faite, en tout cas sur le papier.

    C'est que les chiffres dans le domaine de la pollution don

    nent le vertige. Une étude datant de 2011 a révélé par exemple qu’au moins 10% de la production de riz était contaminée au cadmium, un métal lourd provenant de l’industrie.

    L’an dernier encore, plus de 8 000 personnes sont mortes en Chine à cause de la pollution de l’air. En 2010, ils auraient été 1,2 million à décéder prématurément pour la même cause. Indignée, la population crie de plus en plus fréquemment son ras-le-bol et les manifestations deviennent très fréquentes. Et il y a de quoi.

    Selon le dernier rapport publié en décembre 2012 par l’université de Pékin et Greenpeace sur l’effet de la pollution de l’air dans quatre grandes villes de Chine, les décès dus à la pollution seraient réduits de 81% si ces villes baissaient leur niveau de pollution, et respectaient les normes de qualité de l’air de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    Les pertes économiques, de plus d’un milliard de dollars, seraient quant à elles réduites de presque 900 millions de dollars. Le rapport étudie aussi la pollution due aux particules plus petites qui peuvent pénétrer le système sanguin et causer des maladies des poumons, mais aussi du cœur et du cerveau. Ces microparticules sont produites par la combustion du charbon, base de production de l’énergie chinoise. L’air, empli d’arsenic, de nickel ou bien encore de cadmium, est toujours responsable de dizaines de milliers de cas d’asthme et de bronchites dans les grandes métropoles mais aussi de plus en plus dans les zones rurales.

    196 centrales à charbon autour de Pékin

    A Pékin, 196 centrales électriques à charbon entourent la ville. Selon l’ONG Greenpeace, qui s’est concentrée uniquement sur la pollution provenant de l’impact des émissions des centrales, 1 982 personnes sont mortes prématurément en 2011 dans cette ville de plus de 20 millions d’âmes.

    Greenpeace appelle à une politique d’urgence d’adaptation pour limiter la consommation de charbon et adapter les centrales produisant de l'énergie alimentées au charbon avec des filtres à l’oxyde de nitrogène.

    Mardi dernier, une centaine de personnes ont été arrêtées dans les secteurs miniers et pétrochimiques. Des mises en examen doivent avoir lieu. Reste à savoir si la justice appliquera les nouveaux amendements du code pénal et si la sécurité environnementale des citoyens chinois passera avant les intérêts économiques du pouvoir en place. Le nombre de crimes passibles de la peine de mort en Chine s’élève désormais à 56.
     

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