GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 18 Mars
Mardi 19 Mars
Mercredi 20 Mars
Jeudi 21 Mars
Aujourd'hui
Samedi 23 Mars
Dimanche 24 Mars
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Asie-Pacifique

    Burqa Avenger, la nouvelle super-héroïne qui relance le débat sur l’éducation au Pakistan

    media

    Gros coup médiatique pour la chaîne pakistanaise Geo TV : dimanche 28 juillet, elle diffuse en soirée le premier épisode de la nouvelle série animée Burqa Avenger. Ce personnage, imaginé par la pop-star Haroon, doit dénoncer l'obscurantisme présent dans certaines régions. L'héroïne, qui se bat avec des livres, doit permettre de sensibiliser la jeunesse à la tolérance.

    Il était une fois, dans le village imaginaire de Halwapour, l’arrivée d’un méchant sorcier barbu, Baba Bandook. Aidé du maire corrompu Vadero Pajero, il décide de fermer l’école pour jeunes filles, estimant que le rôle des femmes doit se limiter à la fabrication des chapati, galettes de blé traditionnelles du sous-continent indien. Heureusement, Jiya, une jeune et jolie enseignante, décide de revêtir la nuit, dans le plus grand secret, sa tenue de Burqa Avenger pour voler au secours de ses élèves. Son pouvoir : un étrange art martial avec des livres et des crayons comme seules armes.

    Voilà le pitch d’une nouvelle série proposée aux jeunes Pakistanais, dont le premier épisode a été diffusé en ourdou ce dimanche 28 juillet. La chaîne Geo TV, qui le diffuse, est très regardée au Pakistan, y compris au sein de la diaspora. Le lancement survient d’ailleurs à un moment stratégique pour les médias : le mois de ramadan est une période où les chaînes cherchent à innover pour capter de fortes audiences.

    Cette première série d’animation pakistanaise, produite par la pop-star Haroon Rashid et développée par une équipe de 22 personnes, propose dans chaque épisode une morale. Tolérance, goût pour la connaissance, ouverture d’esprit : le dessin-animé doit dénoncer les pratiques obscurantistes. C’est le slogan de Jiya, la Burqa Avenger : « Les jeunes filles d’aujourd’hui sont les mères de demain. Si elles ne sont pas éduquées, les générations futures resteront illettrées. » Une série dont l’humour enfantin s’adresse aux plus jeunes, mais dont certaines allusions, au terrorisme par exemple, parlent plus directement aux adultes. Ce n’est pas innocent : au Pakistan, on regarde la télévision en famille.

    Mic-mac culturel

    Mariam Abou Zahab, politologue spécialiste du Pakistan, reste sceptique sur le rôle social et culturel de cette nouvelle série. « C’est un énième phénomène de mode, comme on en voit déjà beaucoup dans la musique », estime-t-elle. Pour elle, l’imagerie sélectionnée ne parle qu’aux élites anglophones pakistanaises ayant vécu en Occident. « Ces jeunes sont américanisés, explique-t-elle. Pour les Pakistanais, la burqa elle-même est un symbole arabe, beaucoup plus que national. » La pratique des arts martiaux de l’héroïne, typique de l’est asiatique, ainsi que l’esthétisme très occidental, sur fond de musiques pop et hip-hop, sont autant d’éléments qui plaisent, selon elle, à une bourgeoisie très éloignée des réalités populaires.

    Plus enthousiaste, Didier Chaudet, spécialiste du Pakistan, voit ici une conception de la vie « plus éclairée », que partage « la plupart des Pakistanais ». Il reconnaît aussi que « les élites sont très anglicisées. Certains parmi les plus jeunes ne parlent même plus ourdou ». « Cela dit, estime-t-il, on en voudra moins aux artistes qu’aux politiciens. » Pour lui, cette série illustre parfaitement la fluidité intellectuelle des Pakistanais : si l’on se refuse à abandonner une culture et un mode de vie traditionnels, on est parfaitement conscients que l’émancipation des femmes devient une priorité pour le pays. Surtout, la série fait écho à une vraie volonté populaire d’en finir avec les dérives extrémistes qui se manifestent depuis quelques années.

    Campagne pour l’éducation

    L’émergence des talibans dans l’ouest pakistanais pose un problème croissant, qui explose depuis 2008. Les violences contre les établissements scolaires se multiplient : en 2012, plus de 3 600 attaques contre des écoles ont été répertoriées. Le Pakistan reste particulièrement touché : la moitié des enfants n’accèdent pas à l’école, dont trois quarts de jeunes filles.

    Si le développement de la série Burqa Avenger a débuté il y a plus d’un an, son lancement trouve une vraie résonnance dans l’actualité pakistanaise. L’affaire Malala Yousafzai a fait couler beaucoup d’encre et déclenché la colère des Pakistanais. Cette jeune femme, victime d’une tentative d’assassinat par les talibans pakistanais à la sortie de son école en 2012, utilisait d’ailleurs le 12 juillet dernier les mêmes mots que la Burqa Avenger : face aux Nations unies, elle estimait que « les crayons et les livres » sont les armes « les plus puissantes » contre les extrémistes.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.