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    Asie-Pacifique

    Inde: la mort de plusieurs militaires sur la frontière pakistanaise déchaîne les passions

    media Des soldats de l'armée indienne patrouillent le long de la ligne de contrôle, une ligne de cessez-le feu divisant le Cachemire entre l'Inde et le Pakistan, le 7 août 2013. REUTERS/Mukesh Gupta/Files

    En Inde, les passions se sont déchaînées toute la semaine dernière après la mort de cinq militaires indiens à la frontière avec le Pakistan, dans la région disputée du Cachemire. Le gouvernement indien a accusé l'armée pakistanaise, aidée d'éléments terroristes, d'avoir pénétré sur son territoire et d'avoir organisé une embuscade, pour finalement abattre ces militaires. Les médias et l'opinion publique se sont enflammés, emmenés par l'opposition parlementaire, à la veille des élections générales.

    Avec notre correspondant à Bombay,

    L'événement s'est déroulé dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 août 2013. Selon le gouvernement indien, une vingtaine de militaires pakistanais, accompagnés de membres d'un groupe terroriste auraient réalisé une incursion sur environ 400 mètres à l'intérieur du terriroire indien du Cachemire et abattu cinq militaires avant de s'enfuir.

    Les réactions ont été rapidement très virulentes : l'opposition indienne a lancé une offensive médiatique contre le ministre de la Défense qui aurait soi-disant minimisé le rôle de l'armée pakistanaise dans cette attaque. Et ce ton très patriotique a été suivi par beaucoup de médias, surtout les chaînes TV d'information continue. L'une d'elle a, par exemple, initié un sondage qui posait cette question : « Doit-on riposter contre le Pakistan ? ». Ce à quoi près de 80% des téléspectateurs ont répondu « oui ».

    Discussions interrompues

    Le climat est donc particulièrement tendu entre les deux pays et cela pourrait bloquer les négociations de paix en cours. Celles-ci portent sur plusieurs points, dont bien sûr le règlement progressif de la répartition du Cachemire. Mais le dialogue avait déjà été interrompu en janvier 2013 à la suite d'une attaque similaire contre deux militaires indiens. Il devait reprendre à la fin de ce mois, au niveau des secrétaires d'Etat.

    Considérant la pression de l'opinion publique actuelle et de l'opposition, le gouvernement a annulé ces discussions. Il reste toujours, cependant, la possibilité, pour le Premier ministre indien, de rencontrer le tout nouveau chef du gouvernement pakistanais, Nawaz Sharif, pour une discussion bilatérale, mais plus symbolique qu'autre chose.

    Positions plus radicales de l'armée

    L'arrivée de Nawaz Sharif à la tête du gouvernement pakistanais avait pourtant fait naître un espoir dans ce domaine. Ce dernier avait assuré qu'il ferait tout pour mettre fin aux incursions militaires en Inde, et avait même tendu la main à New Delhi pour une reprise sérieuse des négociations. Mais il faut comprendre que même s'il se veut sincère, le Premier ministre pakistanais n'a pas forcément le contrôle total sur son armée. Et celle-ci, dont les positions sont plus radicales, pourrait même délibérément agir contre le pouvoir civil, en lançant ces offensives en Inde à la veille des négociations diplomatiques, afin de les faire dérailler.

    Certains experts indiens suggèrent à présent d'essayer d'engager des négociations directement avec l'armée pakistanaise. Cette idée a déjà été évoquée dans le passé, mais elle n'a jamais abouti pour l'instant, d'abord à cause de l'animosité des autorités indiennes envers l'armée pakistanaise, et aussi car cela offrirait une légitimité dangereuse à ces militaires, une légitimité qu'ils pourraient utiliser contre le gouvernement civil et démocratiquement élu d'Islamabad.

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