GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mardi 11 Décembre
Mercredi 12 Décembre
Jeudi 13 Décembre
Vendredi 14 Décembre
Aujourd'hui
Dimanche 16 Décembre
Lundi 17 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Football: l'Egypte et l'Afrique du Sud sont les deux seuls pays candidats pour accueillir la CAN 2019 en remplacement du Cameroun
    Dernières infos
    Asie-Pacifique

    Procès Bo Xilai, la transparence du secret

    media

    En Chine, l’ancienne étoile du Parti communiste chinois, Bo Xilai, comparait ce jeudi 22 août 2013 devant un tribunal de Jinan, dans la province du Shandong à l’est du pays. Placé au secret depuis 18 mois, le dirigeant déchu est accusé de corruption et d’abus de pouvoir. Cinq questions pour comprendre l’un des procès politiques les plus importants de ces trois dernières décennies en Chine, qui vient de s'ouvrir.

    Transparence ou huis clos ?

    Les journalistes déjà présents dans la capitale du Shandong n’ont constaté aucun mouvement du côté de la sécurité du tribunal ce mercredi matin qui pourrait signaler le début d’une audience à huis clos comme le laissaient entendre des sources proches du dossier à l’agence Reuters. Ce qui ne veut pas dire que le huis clos n’aura pas lieu plus tard ou n’a pas déjà eu lieu. « Pour les procès précédents, celui de sa femme (Gu Kailai, condamnée à la peine de mort avec sursis, il y a un an, pour le meurtre du consultant britannique Neil Heywood, ndlr) et de Wang Lijun (l’ex-bras droit de Bo Xilai, condamné à 15 ans de prison pour défection, corruption et abus de pouvoir en septembre 2012, ndlr) des huis clos avaient été organisées avant l’audience publique, donc ce ne serait pas surprenant. Personnellement, pour mon procès il y a vingt ans, les juges étaient venus me parler en prison plusieurs fois avant l’audience. Ce n’est pas au tribunal que se passent les choses, mais bien en amont », explique Chen Ziming, analyste de la politique intérieure chinoise, qui a lui-même passé 13 ans derrière les barreaux.

    Procès exemplaire ou mascarade ?

    Pour les autorités, ce procès doit être exemplaire et devra permettre de clore l’un des plus gros scandales ayant touché le cœur du pouvoir chinois en trente ans. Mais, pour la plupart des analystes, les dés sont déjà jetés et le procès sera sans surprise. « Ne vous attendez pas à une surprise », s’exclame Li Zhuang, étonné qu’on puisse même lui poser la question. « Il suffit de regarder ce qui s’est passé pour les autres grands procès politiques comme celui de la "bande des quatre" poursuit l’avocat pékinois qui a passé deux ans en prison pour s’être opposé à la politique de Bo Xilai lorsque ce dernier était secrétaire général du Parti communiste de Chongqing. C’est déjà cousu de fil blanc ». « Les avocats désignés pour ce procès (NDLR : Wang Zhaofeng et Li Guifang du cabinet Deheng) se sont probablement mis d’accord avec le gouvernement au préalable, confie à RFI, Li Xiaolin. Je ne sais pas comment ils ont été choisis, ce que je sais c’est qu’ils ne m’ont pas retenu », indique cet avocat proche de l’épouse et du fils de l’ex-membre du Bureau politique du Parti communiste chinois.

    Un procès pour tourner la page Mao ?

    C’est en tout cas comme cela que les autorités chinoises présentent les choses. Le discours de Wen Jiabao lors de la conférence de presse de clôture de la session parlementaire en mars de l’année dernière est resté dans toutes les mémoires. L’ancien Premier ministre chinois avait alors tonné contre le danger d’un retour à la Révolution culturelle, signant ainsi la mise à pied de Bo Xilai quelques jours plus tard. « Bo Xilai a fini par faire peur aux autres dirigeants, estime Zhang Lifan. En théorie, Bo est plus fort et plus capable de gouverner que le président Xi Jinping, poursuit cet historien réformateur. Mais les gens forts font peur à l’appareil d’Etat. Bo est donc un cas exceptionnel. Il n’a pas respecté les règles du parti et donc les autres ne l’aiment pas. Bo Xilai a joué sur le populisme, c’est donc un Mao en puissance et ils ne veulent pas d’un deuxième Mao. » La chute du Prince rouge « résulte d’un sentiment exagéré de sa propre influence » indique le quotidien Global Times en avril dernier, balayant au passage les suspicions de guerre entre clans au sein d’un parti où, officiellement, règne l’harmonie. Une idée, que récuse Minxin Pei, pour qui ce procès révèle les quatre vérités du parti : « Parmi les mythes, le plus séduisant et très répandu, on trouve l’idée que les leaders post-Mao ont mis au point un système perfectionné de gestion interne des conflits qui permet de maintenir une unité de l’élite. (…) L’affaire Bo Xilai montre, qu’au contraire, plus le prix est important plus la lutte est féroce pour l’obtenir. Les gagnants l’emportent non pas en raison de leur mérite, mais à cause de leur capacité à concocter une coalition puissante », ajoute ce professeur à l’université Claremont McKenna aux Etats-Unis dans une tribune publiée par l’agence Bloomberg.

    Gu Kailai viendra-t-elle témoigner au procès ?

    Cela fait partie des nombreuses questions en suspens pour ce procès. « Gu Kailai (NDLR : la deuxième épouse du dirigeant déchu) ne témoignera contre Bo Xilai que pour protéger son fils » titrait récemment l’agence Reuters en citant là encore des sources anonymes proches du dossier. Des petits arrangements entre ennemis ont-ils été passés au cours des 18 longs mois de détention de l’accusé ? Pour la plupart des analystes, il va de soi que les choses ont été arrangées à la fois pour ne pas diviser davantage les factions rivales au sein du parti mais pour éviter aussi tout happening qui risque d’entacher l’image du parti. Un éventuel témoignage de Gu Kailai lors du procès de son mari a fait l’objet de vives spéculations ces derniers jours. « Des médias estiment qu’elle pourrait coopérer en échange de garanties sur la sécurité de son fils, et que Bo Xilai lui-même pourrait être sous pression pour les mêmes raisons », indique de son côté l’AFP, le fils de l’ancien secrétaire du PC de Chongqing ayant affirmé être sans nouvelle de ses parents depuis un an et demi. « Si mon bien-être a été marchandé contre la soumission de mon père ou la coopération de ma mère, alors le verdict ne recèlera évidemment aucun caractère moral », écrit Bo Guagua dans un communiqué publié le 20 août. Les charges de corruption (trois millions d’euros) à l’encontre de Bo Xilai qui ont fuité dans la presse ces derniers jours, laissent de toute façon présager d’un jugement plutôt clément, affirment en cœur les commentateurs.

    L’audience sera-t-elle retransmise en direct pour les journalistes ?

    Comme dans toute tragédie, l’épilogue et le prologue ont leur importance. Le prologue c’était la fuite au consulat américain de Chengdu de l’ex-chef de la police de Chongqing en février 2012. L’homme qui a précipité la chute des Bo, Wang Lijun est aujourd’hui derrière les verrous. Reste donc l’épilogue. Dans quel état physique et mental sera Bo Xilai ? Selon le compte weibo officiel des Nouvelles de Pékin, pour la première fois, l’audience devrait être retransmise en direct pour les journalistes présents au procès. Gu Kailai était apparue à son procès avec une silhouette qui s’était considérablement épaissie il y a un an. Bo Xilai va-t-il se présenter, au contraire, avec un visage émacié et vindicatif ? Reuters avait en effet rapporté en février que Bo avait entamé une grève de la faim à deux reprises et refusé de raser sa barbe, en signe de protestation. « Le seul qui puisse créer la surprise c’est Bo lui-même, estime Chen Ziming joint ce matin au téléphone. On ne peut pas l’empêcher de parler. Mais avant de prendre ce genre de décision, il doit aussi penser à sa famille, à son fils notamment. » Le dirigeant déchu, comme pour les deux précédents jugements de cette tragédie en trois actes, a donc toutes les chances d’être présenté comme un homme brisé et repentant. Une chose est sûre, les procès politiques laissent peu de place à la surprise et à l’improvisation en Chine. Si l’audience est retransmise en direct pour les journalistes, c’est que Pékin a toute confiance dans le déroulement du procès.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.