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    Asie-Pacifique

    Cambodge: rencontre Hun Sen - Sam Rainsy sur fond de tensions

    media Le Premier ministre Hun Sen a reçu lundi matin 16 septembre 2013 le leader de l'opposition Sam Rainsy. REUTERS/Athit Perawongmetha

    Au Cambodge, la tension reste vive, un mois et demi après les élections législatives dont le résultat est toujours contesté par l'opposition qui dénonce des fraudes massives. Un homme a été tué par balles en marge des manifestations de l’opposition dimanche 15 septembre. Le Premier ministre Hun Sen et le chef de l'opposition Sam Rainsy se sont vus ce lundi matin.

    Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gée

    Le jeune homme a été tué d'une balle dans la tête alors qu'il tentait de rentrer chez lui, et d'autres blessés par balles sont à déplorer. Dimanche 15 septembre, il y a eu des tensions avec les forces de l'ordre dans l’après-midi. Des affrontements démarrés selon le même scénario : des résidents qui peinent à rentrer chez eux en raison d'un imposant dispositif de barrages mis en place pour des raisons de sécurité mais qui exaspère la population. La frustration se transforme en colère, des jeunes s'en mêlent, des insultes fusent puis ce sont des jets de pierre qui sont accueillis par des canons à eau, des gaz lacrymogènes.

    Le parti de l'opposition, le CNRP de Sam Rainsy, a tenu dans un communiqué à prendre ses distances avec «un groupe d'opportunistes qui sèment le chaos » et a rappelé son vœu de mener une manifestation pacifique. Le dimanche soir, d'autres heurts se sont produits, au sud de Phnom Penh. Beaucoup de personnes, dont des manifestants, se sont en fait retrouvées bloquées dans un embouteillage monstre en raison d'un barrage et, là encore, l'énervement l'a emporté. Mais les forces de l'ordre auraient eu recours à des balles réelles pour calmer les esprits. Ce qu'elles nient.

    Qu'attendre des négociations entre Hun Sen et Sam Rainsy ?

    Les deux camps semblent tellement crispés sur leurs positions que sans doute il y a peu à attendre de la rencontre entre Sam Rainsy et le Premier ministre Hun Sen.

    Le parti vainqueur des élections législatives de juillet dernier se dit prêt à parler partage de pouvoir, -comprendre négocier une répartition des postes-, mais pour l'opposition, ce n'est pas à l'ordre du jour tant que le Parti du Peuple cambodgien ne reconnaîtra pas avoir gagné les élections au profit d'une fraude électorale à grande échelle.

    Et l'opposition n'entend pas mettre de côté sa revendication d'un réexamen indépendant des résultats, confortée dans cette attitude par l'important soutien populaire qu'elle continue de recevoir. Ils sont d'ailleurs des miliers à avoir repris ce lundi matin le chemin de l'esplanade pour poursuivre ce mouvement de contestation. Par ailleurs, de nombreuses personnes n'ont pas pu se rendre sur leur lieu de travail en raison des nombreux barrages policiers toujours en place.


    Le Premier ministre cambodgien, Hun Sen s'est entretenu avec Sam Rainsy à l'Assemblée nationale. Rencontre de deux hommes revendiquant la victoire aux dernières législatives, en juillet. Retrouvaille de deux rivaux, avec en toile de fond, les accusations de fraudes qui ont permis au parti au pouvoir de proclamer sa victoire. Jean-Louis Margolin, maître de conférence en histoire contemporaine à l'université d'Aix-Marseille, revient au micro de Caroline Paré sur la personnalité de ces deux hommes.

    On a en quelque sorte la lutte entre deux hommes politiques dont aucun ne peut être considéré comme véritablement attaché aux institutions démocratiques. (...) Je pense qu'il est tout à fait évident que le pouvoir n'acceptera aucunement de voir contesté sur le fond les résultats tels qu'ils ont été proclamés.

    Jean-Louis Margolin

    Maître de conférence en histoire contemporaine à l'université d'Aix-Marseille

    16/09/2013 - par Caroline Paré Écouter

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