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    Asie-Pacifique

    Chine: Bo Xilai, le prince communiste devenu criminel

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    C’est l’épilogue de la saga Bo Xilai. L’ex-étoile montante du Parti communiste a été condamnée à la prison à vie pour corruption, détournement de fonds et abus de pouvoir. Le verdict a été rendu ce dimanche 22 septembre 2013 par le tribunal de Jinan. Bo Xilai est aussi déchu de ses droits politiques, et ses biens seront saisis. Une peine que les autorités chinoises voudraient « exemplaire ».

    Avec nos correspondants à Pékin, Delphine Sureau et Stéphane Lagarde

    Une ambition féroce, un charisme qui dénote dans la vie politique chinoise et un goût prononcé pour l’argent et la séduction : les recettes du succès de Bo Xilai ont aussi été ses faiblesses.

    Fils d’une figure communiste, ce « prince rouge » n’a eu aucun mal à progresser dans la hiérarchie du parti. Maire de la ville de Dalian, près de la Corée du Nord, puis ministre de l’Économie, Bo Xilai devient en 2007 numéro 1 de la mégalopole de Chongqing. Il en fait un pôle économique où la lutte contre la mafia est une priorité. Bo remet au goût du jour les valeurs maoïstes. Il devient l’homme fort de la nouvelle gauche chinoise, et vise un siège au sommet du parti. 

    A (RE)LIRE : Exclusion de Bo Xilai du PC chinois: « un tournant important dans l'histoire politique chinoise »

    Mais ses proches le perdront avec un meurtre impossible à cacher : celui de l’homme d’affaires britannique Niel Heywood, commis par l’épouse de Bo. Le puissant leader politique tente d’étouffer l’affaire, début 2012, mais son bras droit craque et se réfugie dans un consulat américain. 

    La brèche est ouverte. Les affaires de corruption émergent. En huit mois, Bo Xilai perd tous ses mandats et est exclu du Parti communiste chinois. Avec cette peine de prison à vie, les dirigeants du parti, que le populisme de Bo effrayait, scellent définitivement sa chute.

    Le « modèle de Jinan » va-t-il faire oublier le « modèle de Chongqing » ?

    C’est en tout cas le principal objectif de ce « procès du siècle » dont l’épilogue a eu lieu ce dimanche 22 septembre. Les 15 ans de détention pour détournement de fonds et 7 ans supplémentaires pour abus du pouvoir, infligé au condamné, visent ici à faire disparaître de la scène publique l’un de ses principaux animateurs, puisqu’il a été privé de ses droits politiques à vie. En deux ans, Bo Xilai est donc passé du statut de candidat potentiel aux plus hautes fonctions du pouvoir chinois à celui de criminel.

    Le « modèle de Jinan », du nom de la capitale de province du Shandong où se sont tenues les audiences, est celui d’une justice chinoise « transparente », déterminée à faire tomber les corrompus au sein de l’appareil d’Etat. 

    Le « modèle de Chongqing » porte, lui, le nom de la plus grande mégalopole chinoise au sud du pays, dont Bo Xilai a été secrétaire général du Parti communiste avant sa chute. Un modèle autrefois encensé par une partie des dirigeants communistes pour sa « probité » et son « efficacité ». La campagne « anti-mafia » menée par Bo Xilai et l’ancien chef de la police de Chongqing Wang Lijun - lui aussi derrière les barreaux - a en effet été saluée par la plupart des médias à l’époque, la campagne ayant même fait l’objet d’une série télévisée.

    A (RE)ECOUTER : Chongqing, la rouge

    Le « héros » de l’anti-corruption devait donc tomber pour corruption. « La leçon que nous donne ce verdict est que : "Là où il y a corruption, il y a sanctions" », commente le Quotidien du peuple sur son compte officiel Weibo. « Cela montre aussi que personne n’est au-dessus de la loi quel que soit son titre et ses fonctions. (…) Quand la corruption et la punition qui l’accompagne sont ainsi exposées de façon transparente, la confiance dans les autorités peut être rétablie », poursuit l’organe du Parti communiste chinois.

    Le pouvoir chinois, qui ne bénéficie pas de la légitimité des élections, doute de la confiance de ses concitoyens. Le modèle noir et blanc - corrompus d’un côté et vertueux de l’autre -, relancé par le président chinois Xi Jinping depuis son investiture, est en tous cas destiné à redorer le blason du parti unique, qui dirige la deuxième économie du monde. Pour les médias officiels qui, ce dimanche, étaient astreints à reprendre les dépêches de l’agence Chine nouvelle, ce verdict doit permettre de mettre fin au plus grand scandale politique de ces trois dernières décennies et ouvrir un nouveau chapitre.

    Sentence symbolique et prison dorée

    Ce scénario noir et blanc de l’avenir radieux n’est pas partagé par l’ensemble des commentateurs. « Ce n’est pas la peine d’être triste ou joyeux pour Bo », écrit ainsi MuRong XueCunPhoenix, un pseudo reprenant le nom d’un écrivain dont le dernier livre porte sur la corruption. « Nous sommes tous privés de droits politiques après tout », continue-t-il. « Il s’agit avant tout d’une peine symbolique », juge l’avocat Yuan Yulai auprès de ses 16,5 millions d’abonnés. Selon lui, pour Bo Xilai, « la vie politique s’arrête, il va passer quelques années en prison avant de se retrouver en village vacances ! »

    Une grande partie des internautes ne se font pas d’inquiétude sur ce plan. Les réseaux sociaux décrivent par le menu les conditions de détention de la prison de Qin Cheng où sont incarcérés les dirigeants « corrompus » à Pékin : « Pour les repas, les critères sont ceux d’un ministre. Il y a du lait au petit-déjeuner, deux plats et une soupe pour le déjeuner et le dîner et une pomme après le repas (...). Chaque cellule dispose de WC (…) Il y a même un hôpital dans la prison. »

    Dans ces conditions, « avec ou sans femme, c’est la même chose », plaisante l’écrivain Tian You, qui totalise 21 millions d’abonnés sur Weibo. Sous-entendu, l’objectif était bien d’éliminer politiquement l’ex-dirigeant. L’écrivain joue ici sur les caractères « wu » et « qi », qui veulent dire « sans épouse » et/ou « peine de perpétuité ».

    Le plus important, ce n’est pas la sentence, mais ce que nous dit ce procès sur le fonctionnement du pouvoir chinois, conclut Yang Junfeng. Le billet de blog de ce chercheur en droit est parmi les plus partagés sur les réseaux sociaux, ce dimanche. « Le procès de Bo a levé un coin de voile sur la politique chinoise inaccessible aux citoyens ordinaires », écrit Yang Junfeng. « Nous avons appris par exemple que Wang Lijun, pourtant fonctionnaire de haut niveau, a pu être giflé en public par l’ancien secrétaire général du parti de Chongqing. Cela montre le pouvoir réel des dirigeants dans les provinces. Cela montre les règles invisibles et complexes qui régissent la politique en Chine. Le pouvoir n’est pas dans le système judiciaire, mais à l’intérieur du Parti communiste chinois. »

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