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    Inde: la difficile conquête de l’égalité des intouchables

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    En Inde, ils sont appelés «les intouchables». Dans une grande partie du pays, ils souffrent encore d'une discrimination importante mais cela serait en train de changer. C'est en tout cas ce que montrent des chiffres qui viennent d'être publiés par le gouvernement : les mariages entre des intouchables et d'autres castes hindous ont augmenté de 25 % en un an.

    Avec notre correspondant en Inde, Sébastien Farcis

    C'est dans l'ouest de l'Inde, dans l'Etat de Bombay, le Maharasthra, que cette augmentation a été la plus spectaculaire. Les mariages entre les intouchables - les «dalits» comme on les appelle en Inde - et d'autres castes ont été multipliés par 4 entre 2011 et 2012.

    Les deux autres Etats les plus libéraux dans ce domaine sont l'Andhra Pradesh, au centre du pays, et le Kerala, qui a vu ces unions multiplier par 2,5 en un an. Les mauvais élèves sont dans le nord de l'Inde : le Rajasthan et le Pendjab, par exemple, ont célébré moins de 200 mariages de cette sorte l'année dernière, soit, à population égale, dix fois moins que dans l'Etat de Bombay.

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    Le poids de l'éducation

    Il faut cependant prendre une précaution : d'importantes campagnes ont été lancées ces derniers mois pour pousser les couples hindous à enregistrer leur mariage, ce qui n'est pas obligatoire en Inde. Cela a pu contribuer à cette explosion statistique. Il n'empêche que cette tendance est confirmée par les associations sur le terrain.

    Pour elles, plusieurs raisons expliquent ce changement des mœurs. D'abord, l’Etat offre à présent 800 euros à chaque intouchable qui se marie avec quelqu'un d'une autre caste, ce qui favorise ce mélange. Mais surtout, la mobilité, la meilleure éducation et l'intégration professionnelle des femmes sont des facteurs importants. Cette émancipation leur offre la possibilité de choisir leur époux, alors que ces unions étaient auparavant dictées par leur famille.

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    Bombay, l'exception

    Il n'est d'ailleurs pas étonnant que cette meilleure intégration des intouchables se remarque à Bombay, une ville cosmopolite où les frontières entre les castes ont été largement abolies par les aspirations individuelles et l'esprit entrepreneurial de cette ville.

    Mais Bombay est une exception. Un chiffre le prouve : seulement 10 % des mariages se font entre deux personnes de castes différentes en Inde. La résistance à cette évolution est forte. Dans l'Etat de l'Haryana, au sein de villages situés à quelques dizaines de kilomètres de New Delhi, la discrimination reste forte, et violente.

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    Un millier de « crimes d'honneur »

    Il y a quelques mois, un homme de la caste guerrière des Jats a coupé la main d'un intouchable qui avait osé boire de l'eau dans son puits. La semaine dernière, dans ce même Etat, un jeune couple enamouré d'une vingtaine d'années a été assassiné par les parents de la fille après s'être échappé ensemble. La fille a été brûlée et le garçon décapité en pleine rue.

    Plus de 1000 « crimes d'honneur » de la sorte - comme ils sont appelés en Inde - sont ainsi perpétrés chaque année dans ces Etats du nord du pays. Une résistance au changement qui n'a malheureusement pas fini de faire des victimes.

    Chronologie et chiffres clés
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