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    Asie-Pacifique

    Bangladesh: 152 soldats condamnés à mort pour la mutinerie sanglante de 2009

    media Des soldats de la BNR, lors de la mutinerie de février 2009, pour laquelle 152 d'entre eux ont été condamnés à mort, ce mardi 5 novembre. REUTERS/Andrew Biraj/Files

    Au Bangladesh, une cour civile a condamné à mort, ce mardi 5 novembre, 152 soldats jugés, notamment, pour des meurtres et tortures perpétrés lors de la mutinerie sanglante de 2009, qui avait fait plus de 70 morts, dont une cinquantaine d'officiers. Une mutinerie provoquée par les mauvaises conditions de vie et les bas salaires du Bangladesh National Riffle (BNR). Jean-Luc Racine, géopolitologue, chercheur au CNRS, souligne que ce procès peut accentuer des tensions politiques déjà intenses.

    Le verdict est tombé à l’issue du procès dans lequel comparaissaient plus de 800 militaires du Bangladesh National Riffle (BNR). 152 ont été condamnés à mort, tandis que 400 autres ont écopé de peines allant jusqu’à 14 années de prison.

    Ils étaient accusés de meurtres et de tortures, perpétrés lors d’une mutinerie sanglante survenue le 25 février 2009. 270 soldats ont été acquittés.

     → A (RE)LIRE : 825 inculpations pour une sanglante mutinerie en 2009

    La mutinerie, qui avait duré une trentaine d’heures, avait vu des hommes des BNR - une unité chargée de la protection des frontières au Bangladesh - se saisir de plus de 2500 armes. Les mutins ont notamment tué au moins 57 officiers, dont les corps mutilés avaient été jetés dans des égouts et des fosses communes. Les 74 personnes tuées lors de cette mutinerie ont été torturées, taillées en pièces ou brûlées vivantes. Plus de 6 000 personnes avaient été arrêtées à la suite de cette mutinerie.

    Des élections générales dans un contexte tendu

    « Ce qui frappe, c’est le nombre de condamnés à mort. 152, en une seule fois, ce qui ne fait que raviver un problème qui avait déjà été soulevé par les grandes ONG et en particulier Human Rights Watch, en 2010, qui avait dénoncé la pratique des procès de masse. Et c’était évidemment à un moment où l’on ne connaissait pas encore les sentences », souligne, au micro de RFI, le chercheur Jean-Luc Racine, du Centre d'études de l'Inde et de l'Asie du Sud (CEIAS).

    « Le deuxième point, c’est le contexte politique : le Bangladesh est, là, dans une phase de fin de mandat du gouvernement. Il est en train de préparer les prochaines élections générales dans une situation tendue. Il y a eu beaucoup de manifestations. Il y a eu des morts dans ces manifestations. Il faut donc voir, maintenant, si ce genre de procès de masse et la lourdeur des condamnations va aussi stimuler les tensions très vives entre le gouvernement au pouvoir - la Ligue Awami - et le Parti nationaliste du Bangladesh, qui cherche à prendre sa revanche électorale avec, en arrière-plan, les islamistes qui ont été visés principalement par ces procès, mais sur une autre affaire qui est celle des crimes commis lors de la lutte pour l’indépendance. »

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