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    3e plénum du Parti communiste chinois: des promesses en attendant les réformes

    media Un vendeur de rues montre une photo du président actuel Xi Jinping et de Mao Mao Tsé-toung, le 8 novembre 2013, à la veille du 3e plénum du Parti communiste chinois, sur la place Tienanmen. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

    Ce sont des réformes «sans précédent» que Pékin a promises. Le 3e Plénum du 18e congrès du Parti communiste chinois s’ouvre ce samedi dans la capitale chinoise. La troisième réunion à huis clos des 200 membres du bureau politique du Parti unique, qui dirige la deuxième économie du monde, est traditionnellement le moment de l’annonce des réformes.

    Le troisième plénum va-t-il accoucher d’une souris comme sous l’équipe précédente ? Va-t-il au contraire entrer dans l’histoire comme ceux de 1978 sous Deng Xiaoping, ou de 1993 sous Jiang Zemin qui ont ouvert la Chine au capitalisme. De l’avis de nombreux expert, ce sera au mieux probablement entre les deux. Retraites, fin du monopole des grandes entreprises d’État, yuan, collectivités locales, politique foncière, politique de l’enfant unique, camps de rééducation par le travail : sur le papier les chantiers ne manquent pas, reste à savoir ce qui se traduira dans les actes. En attendant, savoir ce qui se dira entre les 200 personnes parmi les plus puissantes de Chine revient à lire dans les feuilles de thé.

    Conclave romain et devinettes

    Car pour le moment, c’est l’heure des devinettes. Les grandes lignes du plénum sont probablement déjà fixées. Qui a remporté la mise entre conservateurs et libéraux au sein du Parti, depuis plusieurs semaines maintenant les pronostics vont bon train, sans réussir à départager ceux qu’y croient et ceux qui doutent. Ce qui frappe cette année, c’est l’assurance des dirigeants chinois.

    Depuis l’annonce de la date de la tenue du plénum, fin août, les officiels proclament que la Chine s’apprête à entrer avec le président Xi Jinping et le nouveau leadership dans une nouvelle ère. Un nouveau « rêve chinois » qui passe par cette rencontre du 9 au 12 novembre, qui s’annonce donc « historique » à en croire Pékin. Pour le répéter, le numéro 4 du comité permanent du bureau politique du PCC a fait une sortie plutôt rare cette semaine.

    Yu Zhengsheng se veut formel : La réunion de ces quatre prochains jours débouchera sur des réformes « sans précédent » a-t-il confié à l’agence Chine Nouvelle. Un credo repris par l’ensemble de la presse officielle, avec le risque de décevoir si les promesses tombent à plat.

    « Les plans de réformes sont probablement plus audacieux que les réformes qui seront effectivement mises en place », estime Chen Ziming. « Le Parti communiste suit un chemin conservateur sur le plan politique, et libéral sur le plan économique depuis plus de 20 ans » poursuit ce fin spécialiste de la politique chinoise. Les annonces dans la presse ont relevé les attentes du public et le 3e plénum pourrait décevoir les gens. »

    Un mystérieux « plan 383 »

    Comme sous Mao Tsé-toung, dont on fêtera le 120e anniversaire de la naissance fin décembre, les autorités chinoises continuent d’employer des chiffres pour désigner leurs projets en cours. Les réformes qui devraient sortir du chapeau de la troisième session plénière du Parti communiste chinois ont été rassemblées sous le nom de code : « plan 383 ».

    Proposé par les têtes pensantes de l’influent Centre de recherche et de développement du Conseil d’Etat, il a été rédigé par deux réformateurs vétérans : Li Wei, ancien secrétaire de l’ex-Premier ministre Zhu Rongji, connu pour ses réformes libérales ; et Liu He, l’actuel conseiller économique du chef de l’Etat chinois.

     → A RELIRE : Chine : lancement d'une réforme financière test à Wenzhou

    Une patrouille de la police sur la place Tienanmen, le vendredi 8 novembre 2013 : si le régime se libéralise économiquement, il demeure extrêmement conservateur en matière de réformes politiques. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

    Huit secteurs clés sont visés et notamment la fiscalité, la protection sociale, le foncier, les investissements étrangers, les finances, l’innovation et la bonne gouvernance. La philosophie générale étant de rééquilibrer voir de réduire le poids de l’Etat dans l’économie et de laisser plus d’initiatives au privé. Cela veut dire notamment ouvrir les comptes des grandes entreprises publiques, véritables Etats dans l’Etat quand on considère par exemple le poids du géant pétrolier Sinopec et ses près de 2 millions de salariés.

    Cela veut dire aussi, autre exemple, élargir la possibilité de cession des terres des paysans déjà autorisées collectivement depuis 2008. Sachant bien entendu qu’il ne s’agit que d’une série de propositions qui doivent encore être validées pour ne pas rester une simple liste de courses.

    « Dégraisser le dragon »

    Pour entretenir le suspens jusqu’à mardi, les médias officiels continuent d’agiter des chiffons rouges. Ce matin par exemple, le sujet de la réforme des collectivités locales qui va de pair avec la réforme fiscale est remonté dans les priorités. L’agence Chine Nouvelle a publié un discours du Premier ministre datant du 1er novembre. Li Keqiang y affirme que « la réforme des gouvernements locaux constitue une révolution » .

    Il faut faire plus avec moins d’argent, les collectivités locales doivent lâcher un peu de leurs prérogatives pour laisser faire le marché, il faut aussi réduire les procédures administratives, indique encore le chef du gouvernement. Et pour réduire la place de l’Etat et financer un véritable système de protection sociale encore balbutiant, il faudra aussi que les grandes entreprises publiques soient mises à contribution.

    → A (RE)LIRE : Face à l’affaissement des exportations, le gouvernement chinois mise sur la demande intérieure

    Largement subventionnées, certaines entreprises constituent de véritables Etats dans l’Etat et ne contribuent que très modestement à l’effort collectif. Ce genre de discours visant à « dégraisser le dragon » est évidemment applaudi des deux mains par les libéraux et notamment le directeur du centre de recherche sur l’économie de l’Université du Shandong dans l’est du pays. « Parmi les réformes qui font consensus il y a la volonté de détruire les grands monopoles de certaines entreprises étatiques, je pense notamment au pétrole, explique Sheng Hong. Les mesures concrètes ne seront pas évoquées lors du 3e plénum, mais l’orientation générale de la réforme sera bien sur la table. Ce qui ne veut pas dire que les changements vont intervenir rapidement. Les dirigeants sont d’accord avec l’idée de réformer le secteur, mais les cadres des entreprises d’Etat s’y opposent et il s’agit d’un lobby puissant. Donc on risque d’en rester à un discours, et au final il n’y a aura que de petites réformes. »

    Des réformes graduelles

    « Les réformes en Chine ne sont pas un orgasme, ce sont toujours de longs préliminaires », résumait récemment un expert anonyme. Les dirigeants chinois marchent sur des œufs en matière de réformes. Il faut d’abord obtenir un consensus au sein du Parti, mais il faut aussi que le vent des réformateurs soit dominant ce qui est difficile à évaluer aujourd’hui.

    Réformateur sur le plan économique, le président Xi Jinping a serré la visse sur le plan politique en multipliant les arrestations notamment au sein du « Nouveau mouvement citoyen », qui défend l’idée d’un Etat de droit et la justice en Chine.

    Le procès des militants du mouvement a d’ailleurs été reporté au 12 novembre, soit à la fin du plénum. Le chef de l’Etat a aussi multiplié les références aux valeurs maoïstes, en lançant notamment une nouvelle campagne de « la ligne de masse » destinée à resserrer les liens entre le Parti et le peuple.

    Sans même parler de réforme politique - impossible dans un régime de parti unique -, quelles seront les avancées sociales de cette réunion ? Sur la table : la réforme de la politique de l’enfant unique et la suppression des camps de travail notamment. Là aussi de nombreux analystes sont sceptiques sachant que Xi Jinping depuis son intronisation se montre conservateur sur le plan politique et réformateur sur le plan économique.

    Cela serait même « une stratégie » pour assurer son pouvoir avant le prochain congrès estime Nicholas Bequelin de l’organisation Human Right Watch à Hong Kong.

    Libérer l’urbanisation en supprimant le « Hukou »

    L’urbanisation se poursuit. 52 % des Chinois habitent en ville en 2013. Mais pour aller plus loin, certains proposent de supprimer l’ancien système d’enregistrement des foyers qui continue de décourager les travailleurs migrants. L’abandon progressif du très controversé « hukou » pourrait donc faire partie des principales réformes de ce 3e plénum. Sachant qu’il s’agit aussi d’un enjeu social, la Chine comptant aujourd’hui 35 % d’urbains qui n’ont pas accès aux droits sociaux, pour la plus grande partie des travailleurs migrants qui n’ont pas le même droit à la scolarisation en ville.

    Mais comme pour le reste, la réforme ne peut être que progressive. Donner le permis de citadins à tout le monde, risquerait de créer un appel d’air dans des mégalopoles déjà surpeuplées. La réforme pourrait donc s’étaler dans le temps et commencer par un essai dans plusieurs villes tests. L’ouverture de packages sociaux dans de grandes villes comme Pékin et Shanghai est également envisagée.

    Allongement de la durée du travail ?

    Ce qui aura forcément un impact en termes de logement, de santé et de retraite. À ce sujet, le consensus est de mise entre les différents think tanks qui drainent le Plenum en propositions. Selon le Centre de recherches sur la protection sociale de l'Université de Pékin cité par les Nouvelles de Pékin ce vendredi 8 novembre, sans une réforme du système des retraites l’Etat chinois n’aura plus les moyens de les financer en 2048.

    Les experts s’y prennent largement à l’avance, sachant que la pyramide des âges en Chine devrait progressivement s’inverser dans les années qui viennent. Deux solutions sont proposées pour éviter la banqueroute : supprimer la politique de l’enfant unique ou reporter progressivement, à raison d’une année tous les quatre ans, l’âge du départ à la retraite aujourd’hui de 55 ans pour les femmes et de 60 ans pour les hommes. Une idée très contestée au sein de l’opinion publique chinoise.

    → A LIRE : Encres de Chine Le Blog de Stéphane Lagarde

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