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    Asie-Pacifique

    Le roi Bhumibol de Thaïlande en appelle à l'unité de son peuple

    media Bangkok, le 5 décembre 2013. Le roi thaïlandais est vénéré, tel un demi-dieu, par le peuple thaïlandais. REUTERS/Dylan Martinez

    Après plusieurs semaines de crise politique et de manifestations anti-gouvernementales violentes qui ont culminé le week-end dernier avec la mort de quatre personnes, la tension est retombée d'un cran à Bangkok. L'opposition a marqué une pause dans sa mobilisation. Ce 5 décembre est en effet un jour extrêmement important pour les Thaïlandais. Toute la nation se rassemble pour fêter l'anniversaire du roi qui est le plus ancien monarque en exercice dans le monde. Il fête ce jeudi ses 86 ans.

    Dans un contexte politique très tendu, cette trêve risque d'être provisoire, et de ne durer que le temps des festivités, organisées en l'honneur du roi. Et pour la première fois en trois ans, à la surprise de nombreux observateurs, le roi s'est exprimé en appelant les Thaïlandais à l'unité pour la stabilité du pays.

    → A (RE)LIRE: trêve précaire au royaume de Thaïlande

    Un demi-dieu

    L'écrasante majorité des Thaïlandais voue une admiration et un profond respect pour le roi Bhumibol Adulyadej, qu'ils considèrent comme le père de la nation. Le souverain jouit auprès de certains de ses sujets du statut de demi-dieu. C'est une figure incontournable dans le paysage thaïlandais. Son portrait et celui de la famille royale sont affichés partout, dans les maisons, les magasins, les entreprises et à chaque coin de rue.

    Bruno Jetin, chercheur à l'lnstitut de recherche sur l'Asie du sud-est contemporaine (Irasec), dont le siège est situé à Bangkok, décrit comment ce culte de la personnalité rythme le quotidien des Thaïlandais : « Au-delà de la présence du roi et de la famille royale par l'image, tous les matins à 8h, l'hymne national est diffusé par haut-parleur pour rappeler aux Thaïlandais l'amour pour la patrie, mais aussi pour la monarchie. Tout le monde doit s'arrêter et se tenir quasiment au garde-à-vous. La scène se répète à 6h du soir. Si vous faites vos courses dans un supermarché, vous devez vous arrêter le temps de l'hymne national, sans quoi vous êtes coupable d'irrespect aussi bien envers la nation qu'envers la monarchie. »

    Un manque de respect lourd de conséquences

    C'est la face sombre de la monarchie thaïlandaise, finalement très interventionniste quand il s'agit de se protéger elle-même, contre toute diffamation, insulte ou menace. En Thaïlande, toute insulte au souverain ou à la famille royale est sévèrement puni et passible d'une peine de prison de 3 à 15 ans. Cette loi contre le crime de lèse-majesté s'appuit sur l'article 112 du Code pénal et est très fréquemment appliquée ces dernières années.

    Bruno Jetin explique que la loi contre le crime de lèse-majesté est parfois même utilisée dans les règlements de compte entre adversaires politiques.

    « La loi est ainsi faite que le spectre des propos et des écrits est extrêmement large. La loi est utilisée pour condamner toute personne qui aurait des opinions politiques déviantes ou bien dans les combats politiques. Il n'est pas rare que des hommes politiques s'accusent mutuellement de crimes de lèse-majesté pour pouvoir paralyser son opposant, voir même le conduire à être condamné, ce qui en Thaïlande marque la fin de toute carrière politique. »

    La succession du roi ? Une question tabou

    La santé déclinante du roi Bhumibal et son grand âge posent inévitablement la question de sa succession. Mais ce sujet est totalement tabou et provoque une anxiété permanente au sein de la société thaïlandaise.

    L' impossibilité d'évoquer la question de la succession empêche ainsi tout débat sur l'avenir du pays et de la monarchie, des questions qui sont pourtant essentielles. Eugénie Mérieau, doctorante à l'Inalco, rattachée à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHDEN), et auteure des Chemises rouges deThaïlande aux éditions Irasec, souligne que ce tabou ne fait que renforcer la confrontation sporadique et parfois violente entre d'un côté les Chemises rouges, qui regroupe en grande partie les classes rurales et défavorisées proches de l'actuel chef du gouvernement Yingluck Shinawatra, et de l'autre les Chemises jaunes conservatrices et urbaines.

    La rivalité est, selon la chercheuse, loin d'être terminée. « Il est à prévoir que cette mobilisation reprenne. Les manifestants actuels savent qu'ils ne peuvent pas gagner les élections ; ils représentent une minorité. Et ce que leur leader Suthep cherche à faire aujourd'hui, c'est créer une situation qui puisse justifier un coup d'Etat. L'enjeu c'est de savoir qui des partisans de Thaksin ou du Parti démocrate se trouvera dans une position dominante, lorsqu'aura lieu la succession monarchique. »

    Le roi prône la stabilité

    Et d'ajouter : « Le roi a 86 ans aujourd'hui, la succession est imminente. D'ici là, on peut s'attendre à des mobilisations de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses de la part des Chemises jaunes, et par effet de miroir des contre-mobilisation, également de plus en plus intenses de la part des Chemises rouges », souligne Eugénie Mérieau.

    De l'avis de nombreux observateurs, la famille royale doit faire preuve de prudence en cette situation de crise, pour protéger la monarchie. Elle doit éviter de se compromettre auprès d'un camp ou d'un autre, et de s'aliéner une partie de l'opinion publique. Le roi Bhumibol Adulyadej qui ne s'est pas exprimé depuis trois ans, a mis l'accent sur l'unité. Il a appelé ce jeudi les Thaïlandais à travailler ensemble pour la « stabilité et la sécurité du pays ». Nous saurons dès demain si cet appel sera suivi des faits.

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