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    Corée du Nord: reprise en main ou factionnalisme du régime?

    media Jang Song-thaek (d.) et Kim Jong-un, lors d'un défilé militaire, le 13 décembre dernier. REUTERS/Jason Lee

    En Corée du Nord, on savait que l'oncle du président Kim Jong-un avait été écarté du pouvoir. On a appris, jeudi 12 décembre au soir que Jang Song-thaek, le numéro deux du régime, avait été jugé par un tribunal militaire, reconnu coupable de divers crimes, notamment d’être un « traître à la nation » et exécuté dans la foulée. Pour Antoine Bondaz, chercheur à Asia Centre et au Carnegie-Tsingh center à Pékin, cela prouve que Kim Jong-un veut renforcer son pouvoir, deux ans après son arrivée à la tête de la Corée du Nord. Il pointe également un éventuel « factionnalisme » au sein du régime.

    RFI : Jang Song-thaek, dont on vient d’apprendre l’exécution, était l’oncle du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Que se passe-t-il en Corée du Nord en ce moment  ? Que veut dire cette exécution ? Est-ce une purge qui est en cours ?

    Antoine Bondaz : C’est une purge. On a clairement un renforcement de l’autorité de Kim Jong-un. Après, il y a deux interprétations qui peuvent être données. La première, c’est la concentration du pouvoir. Kim Jong-un, désormais, peut se passer de ses mentors qu’étaient Jang Song-thaek, éliminé il y a quelques jours, et Ri Yong-ho, qui avait été éliminé en 2012.

    La deuxième interprétation, plus inquiétante, serait celle d’un factionnalisme croissant en Corée du Nord qui, dans ce cas-là, pourrait mettre en danger l’autorité de Kim Jong-un.

    Quand vous dites « il a perdu l’un de ses mentors, exécuté en 2012 », vous évoquez la purge qui a eu lieu au sein de l’armée ? Aujourd’hui, c’est au sein du parti que cela se passe...

    Exactement. Sauf que Ri Yong-ho et Jang Song-thaek, tous les deux, avaient des rôles au sein du parti également. Il faut bien savoir qu’en Corée du Nord, c’est le parti qui contrôle l’armée. Donc, ponctionner le parti, ces personnes clées dans le parti, revient également à ponctionner l’armée.

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    Vous avancez l’alternative entre un factionnalisme du régime ou une reprise en main par le dirigeant nord-coréen. Aujourd’hui, il n’y a plus beaucoup d’hommes de la vieille garde autour de lui...

    Il n’y a plus beaucoup d’hommes de la vieille garde, c’est sûr. Il y a un rajeunissement de l’élite au pouvoir en Corée du Nord. Ce qui est intéressant, c’est que Jang Song-thaek était l’oncle par alliance de Kim Jong-un. Cela prouve qu’il n’a pas attaqué directement le cœur de sa famille. Il n’a pas attaqué par les liens du sang : ni sa tante, ni des potentiels alliés au sein même de la famille.

    Jang Song-thaek était présenté, aussi, comme « l’homme de Pékin ». On dit qu’il a été mis à l’écart, éliminé et ensuite véritablement exécuté parce qu’il était trop favorable à des réformes « à la chinoise »...

    Exactement. C’est une interprétation possible. Jang Song-thaek avait eu un rôle clé en août 2012. Il avait alors réalisé un voyage sans précédent en Chine, qui se concentrait notamment sur la question des réformes économiques. Pour l’élite nord-coréenne, et pour Kim Jong-un, il a pu apparaître un prochinois [susceptible de] mettre en danger les fondements mêmes du pouvoir.

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    Cela va-t-il avoir des répercussions sur les relations avec Pékin ?

    C’est beaucoup trop tôt pour le dire. Les officiels, à Pékin, ne se prononceront pas sur cette purge. Ils ne le font jamais. Apparemment, les rumeurs à Pékin parlent d’une invitation désormais officielle à ce que Kim Jong-un se rende dans les plus brefs délais à Pékin, notamment pour s’expliquer.

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    Est-ce que l’on a une idée de ce qu’il se passe plus généralement en Corée du Nord aujourd’hui ? C’est un pays extrêmement fermé : on a appris ce vendredi cette exécution, qui s’est déroulée jeudi. Où en est la société nord-coréenne ?

    Il est très difficile d’avoir de bonnes sources d’information sur la Corée du Nord. En Corée du Sud, on a des informations à la fois par les services de renseignements, mais également à travers les gens qui font défection. Donc, passant par la Chine puis se rendant en Corée du Sud. Les informations sont parfois un peu biaisées et parfois un peu détournées.

    Les Chinois, eux aussi, ont des informations. Mais il est très difficile pour les services de renseignements, que ce soit les renseignements chinois ou les renseignements américains, d’avoir des informations concrètes et exactes. Ce que l’on sait sur la société nord-coréenne, c’est que les abus concernant les droits de l’homme continuent, les problèmes de malnutrition continuent. Rien n’a changé avec la mort de Kim Jong-il. Rien n’a changé depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un.

    Pourtant, on voit un peu des images de la Corée du Nord. L’agence Associated Press a un bureau en Corée du Nord, des gens qui y travaillent régulièrement, qui font sortir des images du pays...

    Il y a une différence entre ce qu’il se passe à Pyongyang et ce qu’il se passe dans le reste du pays. Pyongyang rencontre un certain développement économique. On voit désormais un accès, pour les classes moyennes notamment, à certains produits de consommation courante qui viennent de Chine. La réalité dans les campagnes est bien plus compliquée. Mais, encore une fois, on a peu de chiffres.

    Vous dites qu’il est encore un peu tôt pour savoir s’il s’agit de factionnalisme ou d’une reprise en main. Quand aura-t-on les premiers indices ? Est-ce que ce sera lors de la visite du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à Pékin ? Combien de temps avant de savoir quelle direction semble prendre la Corée du Nord aujourd’hui ?

    C’est difficile de le savoir. La visite, si elle a lieu, de Kim Jong-un en Chine peut être symbolique et apporter des informations. Des nominations au sein du parti peuvent également apporter quelques informations. Ce qui est sûr, c’est que la ligne fondamentale de la Corée du Nord, la stratégie nord-coréenne, elle, n’évolue pas. Elle demeure la stratégie mise en place par Kim Jong-un et par Kim Jong-il.

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