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    Asie-Pacifique

    Japon: mort du dernier soldat nippon à avoir poursuivi la guerre jusqu’en 1974

    media Hiroo Onoda (au centre), après sa reddition, en mars 1974, aux Philippines. REUTERS/Kyodo/Files

    Hiroo Onoda, le dernier soldat japonais à avoir continué la Seconde Guerre mondiale jusqu’en 1974 est mort tranquillement dans son lit à Tokyo à 91 ans. Caché quelque part dans la jungle des Philippines, l’homme, officier de renseignements et spécialiste des techniques de guérilla, a continué, malgré les largages de tracts, un combat –pour l’Empereur- qui avait pourtant cessé par la reddition du Japon le 15 août 1945. Ses supérieurs lui avaient donné cet ordre formel: ne jamais se rendre.

    Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

    Hiroo Onoda n’aura pas été le dernier de ces soldats japonais que l’on pensait morts au combat, à avoir survécu dans les jungles des Philippines trente ans après la fin de la guerre du Pacifique, en ignorant la défaite du Japon, d’autres seront découverts soixante ans après la fin de la guerre dont un ancien médecin militaire âgé de 93 ans.

    Hiroo Onoda resta dans la jungle parce qu’il avait reçu un ordre formel : ne jamais se rendre. Il aura fallu que son ancien commandant s’enfonce dans la jungle pour lui ordonner de déposer les armes. Son existence était connue depuis quelques temps déjà.

    Hirohito, un dieu vivant

    Le retour de Hiroo Onoda au Japon plaça soudain les Japonais face à leur passé. Comment avait-il été possible de soumettre leurs parents ou grands parents à un tel lavage de cerveau ? Un tel embrigadement ?

    A l’époque, l’empereur Hirohito était considéré comme un dieu vivant et le Japon était aussi sectaire que la Corée du Nord aujourd’hui. Pourquoi ces fantômes de la guerre du Pacifique comme Hiroo Onoda ont-ils continué de mener un combat solitaire bien après la capitulation ? A son retour au Japon, Hiroo Onoda avait répondu qu’il ne faisait qu’exécuter les ordres.

    Cette guerre qui n'en finissait pas

    L’histoire de Hiroo Onoda est digne des plus grands films hollywoodiens. Ce soldat a passé trente ans de sa vie à attendre les renforts japonais sur l’île de Lubang aux Philippines sans savoir que la guerre était finie.

    Ce n’était qu’un gamin de 19 ans lors du début du conflit entre les Etats-Unis et le Japon. C’est à 21 ans qu’il est appelé à faire son service militaire, on est en 1943. Il est envoyé dans une annexe de l’école de Nakano qui forme de jeunes officiers spécialisés dans les techniques de guérilla et de renseignement.

    L’empire japonais envoie 22 hommes aux Philippines qui étaient alors un territoire américain occupé par les Japonais pour retarder l’arrivée des marines. Ce jeune homme est donc envoyé comme officier en 1944 sur l’île de Lubang, située en face de Manille donc une zone stratégique importante, avec comme ordre de ne jamais se rendre, tenir jusqu’à l’arrivée de renforts qui pourraient arriver dans une semaine, un an ou cinq ans et surtout de ne pas se donner la mort.

    Les Américains débarquent en 1945 et anéantissent les forces japonaises sur place. Les survivants prennent le maquis, organisés en petits groupes, Onoda se retrouve avec trois autres soldats (Akatsu, Shimada et Kosuka). Ils passent leurs temps à organiser des embuscades contre les patrouilles américaines, et à chercher à se nourrir en volant du riz aux villageois et en cueillant de bananes et des noix de coco dans la forêt.

    Au Japon, l’empereur signe sa reddition le 15 août 1945 entraînant la fin des combats. Mais les soldats japonais dans la jungle de cette île ne sont pas prévenus, ils attendent l’arrivée des renforts.

    Les Américains envoient donc des tracts sur cette île pour demander aux nombreux groupes de soldats de se rendre. Dans le groupe d’Onoda un seul de ce groupe décide, en 1949, de quitter en douce le groupe, et après des mois d’errance il se rend aux autorités philippines. On lui demande d’écrire à ses trois autres frères d’armes pour qu’ils se rendent.

    Que nenni ! Les trois restants continuent leur activité de guérilla, croyant à une propagande grossière des Américains. Ils continuent donc de tendre des embuscades aux soldats. Et lors d’un échange de coup de feu avec des soldats philippins l’un du groupe est tué, on est alors en 1952. Les autorités philippines et japonaises s’organisent pour rechercher les deux derniers et éviter d’autres morts inutiles que ce soit côté japonais ou côté philippins. Devant l’échec de ces recherches et sans voir signe de vie, en 1959, on les croit morts. La vie dans la jungle est dangereuse après tout. Et puis les autres groupes se sont rendus, pourquoi s’obstineraient-ils à résister ?

    Le temps passe, et tout semble croire qu’Onoda et son frère d’armes, Kozuka, sont morts. Mais en 1972, alors qu’Onoda est âgé de 50 ans, il prépare, avec son compère, un raid sur une récolte de riz d’un village voisin. Lors de cette préparation, ils tombent sur une patrouille philippine. Ils sont en infériorité numérique, et technologique, les armes ont bien entendu évolué depuis 1944, c’est donc sans réelle surprise que Kozuka trouve la mort. Onoda, lui, réussit à s’enfuir.

    Il faut bien qu’il reste une personne pour mener la mission à bien. Les Japonais envoient donc des membres de sa famille le chercher pour lui faire cesser les combats. Mais le guérillero n’y croit toujours pas, il soupçonne une ruse des Américains.

    Il faudra attendre la rencontre avec un globe-trotter japonais du nom de Norio Suzuki pour faire changer d’avis Onoda. Ce jeune hippie s’était donné trois objectifs à voir dans sa vie : un Panda, le Yéti et Onoda. Il prend donc la direction de Lubang, erre dans la jungle et tombe sur Onoda. L’officier de 51 ans lui déclare que la seule chose qui le ferait rentrer au Japon c’est un ordre direct de son supérieur de l’époque, le major Taniguchi.

    Suzuki rentre au Japon et contacte le gouvernement. Après des recherches intensives, il retrouve le major Taniguchi, devenu libraire, et le convainc d’aller voir Onoda pour qu’il se rende.

    Le libraire enfile son uniforme de major, et part à la recherche d’Onoda pour lui apprendre que la guerre est finie et qu’il doit cesser sa mission. L’officier décharge son arme pose son barda et sans exprimer le moindre sentiment rentre au pays.

    A son retour au Japon, le 9 mars 1974, Onoda est acclamé comme un héros. Mais pour lui le choc est trop grand. Il part au Brésil où il devient éleveur de bétail.

    Cet homme au caractère bien particulier déclare, en conférence de presse après son arrivée, que pendant toutes ces années dans la jungle il n’avait qu’une idée en tête : « obéir aux ordres ».

    C’est donc à 91 ans que cet homme à l’histoire peu commune s’éteint dans son lit, tranquillement comme pour narguer un destin si mouvementé.

    Arnaud Peyre

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