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    Asie-Pacifique

    France-Chine: un demi-siècle de relations bilatérales

    media Une importante délégation de parlementaires français est à Pékin, menée par le président de l’Assemblée, Claude Bartolone, ici avec Xi Jinping, le président chinois. AFP PHOTO/GOH CHAI HIN

    Paris et Pékin célèbrent ce lundi 27 janvier 2014, le 50ème anniversaire de l'établissement de leurs relations diplomatiques. Les deux capitales organiseront tout au long de l'année de multiples évènements culturels avec le concours de la Fondation Charles de Gaulle. Retour sur l'acte « visionnaire » du général de Gaulle qui a bousculé l'ordre bipolaire.

    Le 27 janvier 1964, la France devient le premier grand pays occidental à nommer un ambassadeur à Pékin, huit ans avant les autres puissances alliées. L'initiative, audacieuse, fait scandale aux Etats-Unis. Elle intervient deux ans seulement après la crise des missiles nucléaires. Mao et les siens viennent de rompre avec l'Union soviétique, et la guerre du Vietnam bat son plein.

    Marc Fosseux, le secrétaire général de la Fondation Charles de Gaulle explique la portée de ce geste « visionnaire » : « Toutes les grandes décisions du général de Gaulle étaient mûrement réfléchies. Elles s'inscrivaient toujours dans une vision de l'Histoire et dans une vision des rapports des hommes. Lors de son célèbre discours décrit à l'époque comme "un coup de tonnerre dans le ciel diplomatique", le général de Gaulle a longuement expliqué les raisons qui avaient conduit la France à établir des relations diplomatiques avec la Chine. »

    Le poids de l'évidence

    Selon le secrétaire général de la Fondation Charles de Gaulle, l'évènement doit être replacé dans son contexte historique. En 1964, aucun pays occidental n'avait de relations diplomatiques avec la République populaire de Chine qui avait été créée en 1949 par les dirigeants communistes. Toutes les grandes puissances occidentales, Washington en tête, s'opposaient fermement à la décision du général. Et il faudra attendre le début des années 70 pour que les Etats-Unis, puis les autres pays occidentaux, suivent l'exemple de la France.

    Le général de Gaulle présentait cette décision comme une évidence, précise Marc Fosseux : « Comment le monde pouvait-il continuer à ignorer un pays comme la Chine qui comptait déjà 700 millions d'habitants ? La Chine était certes faible sur le plan économique au milieu des années 60 et fermée vis-à-vis du monde extérieur, mais compte tenu de sa masse et de son histoire, de Gaulle pressentait que la Chine aurait tôt ou tard un rôle majeur dans les relations internationales et dans le monde économique et des échanges. Il pressentait aussi que l'opposition entre l'URSS et les Etats-Unis, les deux superpuissances qui structuraient la vie diplomatique de l'époque, allait disparaître, et que le monde allait évoluer laissant apparaître de nouvelles puissances, à commencer par la Chine ». Cette vision multilatérale du monde dans un contexte de guerre froide a longtemps été érigée comme un exemple à Paris comme à Pékin.

    La France à la traîne

    Mais 50 ans plus tard, les choses ont bien changé. Les partenariats stratégiques se nouent essentiellement autour de critères pragmatiques, c'est-à-dire de l'influence politique et du poids économique d'un pays. Et dans ce jeu, force est de constater que Paris prend du retard par rapport à Bruxelles ou Berlin, explique Valérie Niquet, directrice du Centre Asie à la Fondation pour la recherche stratégique : « La coupure du monde en deux est aujourd'hui terminée. La recherche d'alliances stratégiques pour contrer les Etats-Unis est quelque chose qui existe de manière plus ou moins résiduelle à Paris, et qu'on retrouve en revanche beaucoup plus à Pékin. Mais la France n'est plus en mesure de satisfaire la Chine sur ce point comme c'était le cas dans les années 60 ».

    Valérie Niquet note également que le rapport de force entre la Chine et la France a considérablement évolué. La Chine est aujourd'hui la deuxième puissance économique mondiale et la France perd du terrain. Malgré des relations politiques positives souvent mises en avant, le vrai partenaire de la Chine au niveau mondial, ce sont les Etats Unis. « L'Europe est quant à elle très marginale et en son sein, la France occupe une place encore moins importante au profit de pays comme l'Allemagne (le premier partenaire commercial de la Chine) et même de Bruxelles, où les Chinois ont compris qu'il se passait beaucoup de choses en termes de prise de décision ». Et sur ce marché très concurrentiel, la France devrait dynamiser les PME.

    Image idéalisée de la Chine

    Valérie Niquet estime que le problème de la France, c'est qu'elle continue à avoir « une image très idéalisée de la Chine et de son marché » et ce, depuis le XVIIIe siècle. Le marché franco-chinois est décrit depuis plusieurs décennies comme très prometteur, mais il n'a jamais débouché jusqu'ici sur des résultats concrets. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La France vend quatre fois moins à la Chine que l'Allemagne. Pour la sinologue, ce déficit commercial qui s'aggrave d'année en année est la conséquence d'une trop forte présence sur le marché chinois des très grandes entreprises d'excellence françaises, notamment dans l'aéronautique, dans les transports et dans l'infrastructure. Le tissu des PME pourtant très dynamiques et tournées vers l'export, comme c'est le cas de l'Allemagne, est quand à lui très faible.

    Valérie Niquet souligne que « le problème vient tout autant de la France que de la stratégie de développement de la Chine qui repose encore très largement sur des exportations massives vers les pays développés, à commencer par l'UE et la France ». Beaucoup reste donc à faire entre les deux pays en matière économique. Les relations politiques ont quant à elles subi des hauts et des bas. Les critiques à l'égard de la répression chinoise au Tibet sous la présidence de Nicolas Sarkozy ou encore sa rencontre avec le Dalaï Lama avaient provoqué la colère de Pékin. Aujourd'hui la tendance est plutôt à la normalisation. Une normalisation qui se traduit le plus souvent par un silence croissant des autorités françaises sur les questions qui gênent. Et l'expérience l'a démontré, Pékin n'apprécie guère les donneurs de leçons.


     ■ ZOOM : Retour sur le discours du général de Gaulle, le 31 janvier 1964

    « Le poids de l'évidence et de la raison pesant chaque jour davantage, la France a décidé de placer ses rapports avec la République populaire de Chine sur un plan normal, autrement dit diplomatique [...]. En nouant avec ce pays des relations officielles, la France ne fait que reconnaître le monde tel qu'il est [...]. Il se peut aussi que dans l'immense évolution actuelle du monde, en multipliant les contacts directs [...] on serve la cause des hommes, c'est-à-dire celle de la sagesse, du progrès et de la paix. Il se peut qu'ainsi, les âmes partout où elles sont sur la Terre, se retrouvent un peu moins tard au rendez-vous que la France a donné à l'univers voici 175 ans, celui de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ». Extrait du discours devant la presse du général de Gaulle, le 31 janvier 1964.

    → A (RE) ECOUTER : Grand reportage : Les réseaux franco-chinois se créent sur les bancs des universités

     

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