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    Asie-Pacifique

    Fukushima: une catastrophe toujours en cours

    media Employés de TEPCO dans le bâtiment du réacteur n°5 le 10 mars 2014. REUTERS/Toru Hanai

    Le 11 mars 2011, un séisme d’une intensité de 8,9 sur l’échelle de Richter frappait le Japon. Le tsunami géant qui a suivi a ravagé la côte nord-est du pays, et frappé de plein fouet la centrale nucléaire Fukushima Daiichi. L’accident est toujours en cours. Depuis trois ans, les employés de l'opérateur Tepco travaillent sur le site.

    Leur objectif premier : limiter les rejets radioactifs dans l’environnement. Des bâtiments destinés à entourer les bâtisses accidentées ont donc été construits – en 2012 autour du réacteur numéro 1, et depuis 2013 autour du numéro 3, le plus dégradé. Tepco doit aussi maintenir le refroidissement des combustibles à la fois dans les cœurs dégradés des réacteurs 1, 2 et 3, et dans les piscines des réacteurs 1 à 4 – ces piscines recueillant les déchets issus de ces réacteurs, des déchets qui dégagent eux aussi toujours de la chaleur. L’opérateur envoie donc de l’eau qui est ensuite récupérée, « nettoyée » puis envoyée à nouveau.

    Mais comme les cœurs qui ont fondu et percé leurs enceintes de confinement se trouvent près de la nappe phréatique, les ouvriers pompent aussi une partie de cette nappe : lorsqu’ils utilisent une unité d’eau, ils en pompent donc deux et en stockent une sur le site explique Thierry Charles, le directeur adjoint de l’IRSN, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Problème : Tepco, lorsqu’il a commencé à travailler sur la catastrophe, a « sous-estimé la question de l’entreposage des eaux » (430 000 mètres cubes et un millier de réservoirs actuellement) devant des problèmes qu’il pensait plus urgent. Résultat, l’étanchéité des réservoirs n’est pas parfaite, d’où des fuites régulières d’eau contaminée, auxquelles l’opérateur tente de remédier.

    Réacteurs et combustible

    Autre urgence : évacuer les combustibles des piscines qui ont été fragilisées par le séisme, et pour trois d’entre elles par des explosions d’hydrogène. La piscine numéro 4 pose particulièrement problème, puisque juste avant l’accident le cœur d’un des réacteurs y avait été déchargé. Tepco a donc mis en place un bâtiment mobile qui se cale au-dessus du bassin pour prélever les combustibles usagés, les mettre dans un emballage de transport et les stocker ailleurs sur le site de la catastrophe. L’opération a commencé en novembre 2013, elle devrait être terminée en fin 2014.
    Pour ce qui est des interventions sur les réacteurs eux-mêmes, plus précisément sur les cœurs de ces réacteurs qui ont fondu pendant l’accident, les travaux doivent débuter en 2020. L’opération est inédite, et les spécialistes sont encore en train de concevoir le matériel qui devrait la permettre. Le démantèlement de la centrale doit durer au moins 40 ans.

    Retour à Fukushima

    à (re)lire : Trois ans après, visite au cœur de la centrale

    D’ici là, certains habitants de Fukushima seront peut-être revenus dans leurs maisons. Après la catastrophe, une zone interdite d’un rayon de deux, vingt puis trente kilomètres a été dessinée autour de la centrale. Elle est constituée de trois zones : la plus proche de Fukushima Daiichi est interdite – sauf aux ouvriers de Tepco. Les anciens habitants peuvent se rendre de jour dans la deuxième. Dans la troisième, la plus éloignée de la centrale, des travaux de décontamination sont en cours. Mais si Thierry Charles pense que les habitants pourront revenir à terme, Roland Desbordes, directeur de la CRIIRAD, la Commission française de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité, est beaucoup plus circonspect : la radioactivité au sol se déplace avec les pluies, les torrents, le vent, « ce qui fait qu’ils (les ouvriers) ont constaté que des zones qui avaient été dites décontaminées parce qu’ils avaient décapé la surface du sol pour faire des « big bags » de déchets radioactifs (dont ils ne savaient pas quoi faire parce qu’ils n’ont pas de site), ces zones en fait présentaient trois ans après à nouveau une radioactivité qui avait été déposée au sol… » Plus largement, le directeur de la CRIIRAD se demande si on va vraiment informer les gens qui vont revenir, en leur disant précisément les risques de cancers, d’anomalies génétiques : « Si on informe correctement les gens du risque, ils peuvent décider. Mais malheureusement l’information qui est donnée est toujours extrêmement grossière, extrêmement déformante de la réalité. On va vous dire : là vous pouvez vivre sans risque, alors qu’on sait qu’il y a en fait un risque, mais qui est jugé par les autorités, et seulement par les autorités, comme acceptable. Un risque très faible, c’est un risque très faible : il n’est pas nul. »

    Bilan sanitaire et économique

    Plus largement, trois ans après, quel est le bilan sanitaire dans la région de Fukushima, au-delà de cette zone interdite ? En fait il n’y en a pas : trois ans, c’en encore trop tôt pour se prononcer - trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, on n’a pas toujours pas une vision claire de la situation sanitaire en Biélorussie, Russie et Ukraine. Mais on dispose de quelques indices, donnés par les médecins japonais, comme l’augmentation des cancers de la thyroïde chez les enfants habitant dans la région, ce quir est, explique Roland Desbordes, extrêmement rare en situation normale : « C’est précoce, et ça pourrait vouloir dire qu’il y en aura d’autres derrière. Malheureusement, je ne peux pas prédire l’avenir… »

    Pas de bilan sanitaire clair donc. Du coup, trois ans après, que pensent les Japonais de l’énergie nucléaire ? On se souvient de la période de colère et d’intense manifestations qui avait suivi la catastrophe – plus « contre la manière dont était géré le parc nucléaire japonais et l’impunité dont semblaient jouir les grandes compagnies nucléaires responsables » que contre le nucléaire en tant que tel selon Valérie Niquet, de la Fondation pour la recherche stratégique. Aujourd’hui les cinquante réacteurs de l’île sont à l’arrêt – après avoir été mis au repos pour des opérations de maintenance, ils n’ont pas été rallumés. Et le Japon importe à prix d’or son énergie…

    Du coup pour soutenir la politique de relance économique du gouvernement de Shinzo Abe, en place depuis un peu plus d’un an, la majorité de la population serait favorable, selon Valérie Niquet, à la réouverture des centrales. Deux bémols toutefois : « D’abord, il y a la nécessité absolue dans la population de contrôler la sécurité de ces centrales d’une manière plus efficace que ça avait été fait dans le passé. Il s’agit également de prendre en compte les oppositions au niveau local : même si globalement la population est pour la remise en route des centrales nucléaires, on s’aperçoit évidemment que lorsqu’il s’agit plus spécifiquement d’une centrale, la population locale peut être beaucoup plus prudente…Et réticente. »

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    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.