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    Asie-Pacifique

    Panique chez les espions en Corée du Sud

    media La présidente Park Geun-hye, jusque-là très discrète, a été obligée de s’exprimer, qualifiant le scandale de « regrettable ». REUTERS/Jung Yeon-Je

    C’est la panique chez les espions à Séoul ! Une perquisition a eu lieu lundi 10 mars au sein de l’agence des services secrets sud-coréens : ceux-ci sont soupçonnés d’avoir fabriqué de fausses preuves dans le cadre d’une troublante affaire de réfugié nord-coréen accusé d’espionnage. Ce scandale de fausses preuves fait la Une des journaux sud-coréens depuis plusieurs jours et inquiète le pouvoir, à trois mois des élections législatives.

    De notre correspondant à Séoul,

    L’affaire en cours est absolument rocambolesque et chaque jour apporte son lot de rebondissements. Elle commence l’année dernière quand un jeune Nord-Coréen réfugié au Sud, accusé d’être un espion à la solde du régime de Pyongyang, est innocenté par un tribunal à Séoul. Les procureurs font alors appel, et apportent pour preuve des documents officiels chinois témoignant que l’homme s’est rendu à deux reprises en Corée du Nord. Mais l’enquête démontrera ensuite que ces documents, fournis par les services secrets, sont en réalité des faux !

    La semaine dernière, un homme de 62 ans, travaillant pour l’agence d’espionnage, a tenté de se suicider dans une chambre d’hôtel, laissant derrière lui une lettre accablante, dans laquelle il affirme avoir été payé par les services pour fabriquer ces faux documents. Depuis, c’est une véritable tempête médiatique. La présidente Park Geun-hye, jusque-là très discrète, a été obligée de s’exprimer, qualifiant le scandale de « regrettable ». Les procureurs ont mené une perquisition au sein des services, et ont saisi des disques durs et des dossiers…

    Des services de moins en moins secrets…

    Voilà un an et demi que ces services - de moins en moins « secrets » - font la Une des journaux. Les affaires s’accumulent depuis 2012 quand l’agence de renseignements a été accusée d’avoir tenté de manipuler l’opinion publique lors des élections présidentielles : elle a diffusé sur les réseaux sociaux plus d’un million de messages faisant l’apologie de la candidate Park Geun-hye, qui a remporté le scrutin. Elle a ensuite accusé un député d’extrême-gauche d’avoir fomenté une rébellion armée contre le gouvernement, au profit du régime de Pyongyang. Ce député a été condamné à douze ans de prison ferme. Pour beaucoup de progressistes sud-coréens, les services secrets ont voulu avec ce procès détourner l’attention et rappeler leur importance.

    Il faut rappeler que la Corée du Sud est toujours techniquement en guerre avec le frère ennemi du Nord. Le régime de Pyongyang est considéré comme une grave menace, et les deux pays s’espionnent le plus possible. Au Sud, des espions nord-coréens sont régulièrement arrêtés, certains portant d’ailleurs du matériel qu’on dirait sorti de la Guerre froide, comme des stylos qui cachent une seringue empoisonnée. Mais avec ce scandale de fausses preuves, l’agence d’espionnage traverse la plus grave crise de crédibilité de son histoire.

    Des élections dans quelques mois

    Cette crise intervient à trois mois des élections législatives. Bien entendu, l’opposition se déchaîne, et appelle à une réforme en profondeur des services, jugés hors de contrôle, et à la mise à pied immédiate de son chef, Nam Jae-joon. Au sein du parti conservateur au pouvoir, qui jusque-là défendait bec et ongles l’agence, des fissures commencent à apparaître. Des députés inquiets pour leur réélection demandent à leur tour la démission de Nam. L’impact du scandale sur les élections dépendra des conclusions de l’enquête, qui continue. Et de nouveaux rebondissements sont à attendre…

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