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    Asie-Pacifique

    Malaysia Airlines: Anwar Ibrahim, le chef de l'opposition réagit sur RFI

    media Anwar Ibrahim lors de son procès à Putrajaya, le 7 mars 2014. REUTERS/Samsul Said

    Onzième jour de recherche du MH730, et toujours aucune trace de l’appareil. Aucun problème moteur a priori, et toujours aucune trace d’éventuels pirates de l’air. Pour le chef de l'opposition, les suspicions convergent donc sur l’équipe de pilotage du Kuala Lumpur-Pékin. Leur personnalité, leurs relations, leurs convictions politiques sont passées au crible. Il y a quelques jours, un tabloïd anglais révélait que le pilote était un membre de l’opposition, et suggérait même que la condamnation à cinq ans de prison du leader de l'opposition Anwar Ibrahim avait pu le pousser à commettre l'irréparable. Quelques heures avant le décollage, Anwar Ibrahim avait été reconnu coupable en appel de sodomie sur un collaborateur, épisode perçu comme le dernier d’un complot politique visant à le déstabiliser depuis 15 ans. Ce mardi matin, dernières révélations dans les médias malaisiens : le pilote est un oncle lointain de la belle-fille d’Anwar Ibrahim qui habite à New York. Anwar Ibrahim a confié à notre correspondante Carrie Nooten ne l’avoir appris que lundi, par un message via l'application mobile WhatsApp. Il y a en fait six degrés de séparation entre lui et le pilote. Mais il revient avec elle sur leur lien et la façon dont les autorités malaisiennes gèrent les recherches de l’avion.

    Anwar Ibrahim : Bien sûr, nous sommes très touchés par cette tragédie, par les vies qui sont en jeu et le bien-être des gens. Mais les médias qui appartiennent au pouvoir, à la clique gouvernante, utilisent cet événement pour interdire qu’on parle de quoi que ce soit d’autre, y compris du « cas Anwar » et de ma condamnation. Bien sûr, nous l’acceptons car je pense que la priorité, c’est la sécurité de l’équipage et des passagers. Mais ensuite, la façon dont le gouvernement, le Premier ministre, les ministres se sont chargés de l’affaire, ça a été horrible, très incompétent. Il y a eu une intrusion dans la sécurité du pays, des déclarations contradictoires sur les passeports volés utilisés.

    La police dit quatre, la Malaysia Airlines dit deux. Et vous savez, j’ai été ministre des Finances par le passé, et je me rappelle qu’ils utilisent des radars Maconi au nord, qui auraient très bien pu détecter n’importe quel mouvement de la mer de Chine du Sud à l’océan Indien. Le Premier ministre n’est apparu qu’au bout de neuf jours ! On a dit qu’on recherchait un avion et un Premier ministre ! Cela prouve l’échec des personnes au pouvoir : elles ne savent pas gérer une crise. Tout cela montre bien une chose : notre gouvernance n’est plus seulement scrutée au niveau national, mais bien sûr la scène internationale.

    Quel impact pensez-vous que cela puisse avoir pour le premier ministre Najib Razak sur la scène internationale ?

    C’est le Vietnam qui a frappé le plus fort, en leur lançant un avertissement : si vous ne nous donnez pas d’informations, on arrêtera de vous aider. Les Chinois sont plus sévères que les Occidentaux contre la Malaisie, car ils disent : « On a perdu du temps et des ressources, parce que vous ne nous aviez pas dit que l’avion n’était pas en mer de Chine du Sud. » Pourquoi le gouvernement n’est pas transparent, ouvert ? Pourquoi cache-t-il ces informations ? Je pense qu'ils doivent maintenant réaliser qu’il ne faut plus soutenir un pouvoir non démocratique, corrompu et qui ne sait pas gérer le pays.

    Comment la coalition au pouvoir a-t-elle réagi ?

    Ces derniers jours, ils ont essayé de me salir, en disant que le pilote, Zaharie, avait sa carte au Parti de la justice, mon parti, et que du coup, il y avait une possibilité qu'Anwar ait quelque chose à voir avec lui. Ils ont fait fuiter cette information auprès de la presse internationale, personne n’a relevé sauf le Daily Mail du Royaume-Uni. Et immédiatement, le parti au pouvoir, l’UMNO, ainsi que les médias à leur solde, ont commencé ces attaques vicieuses contre moi, en évoquant la possibilité d’une complicité dans un acte terroriste ou de détournement.

    La plupart des gens ont bien compris que c’était une manœuvre politique sans fondement. Malgré tout, je me retrouve sur le devant de la scène, car les gens veulent me demander ce qu'il s’est passé. Je ne nie pas qu’il est membre du Parti de la justice, de l’opposition. Je ne le connaissais que de vue, j’ai reconnu son visage en regardant les photos qui ont été publiées. Il était très critique des pratiques non démocratiques en Malaisie, on l’a vu avec un T-shirt où il était écrit « Demo-Crazy » pour dénoncer l’absence de démocratie ici. J’ai demandé aux gens du parti de vérifier s’il était au palais de justice, comme cela était évoqué, personne n’a pu confirmer cela.

    Parce qu’il n’y a eu que quelques heures entre votre condamnation et le moment où il a pris les commandes de l’avion…

    Je pense qu’il a suivi les développements de toute façon. C‘était à 19 heures, et son vol n’était qu’à minuit. Il avait largement eu le temps d’avoir entendu quelle était ma condamnation, d'autant qu'avant l'histoire du MH370, tout le monde en parlait. Il semble qu'il est désormais acquis qu’il était triste, perturbé par la condamnation.

    Pensez-vous que cela aurait pu le conduire à commettre un acte inconsidéré comme détourner un avion ?

    Je pense que c’est chercher vraiment trop loin. Il serait injuste, pour lui, pour sa famille et même pour moi, de m’impliquer dans ce schéma. Des millions d’autres Malaisiens en ont marre de ce gouvernement qui a abusé et essaie de me diaboliser depuis 15 ou 16 ans. C'est le cas de milliers de chauffeurs de taxi en Malaisie, qui me soutiennent. Mais ils ne vont pas prendre en otage leurs passagers parce qu'ils sont en colère contre les décisions du gouvernement !

    Si nous avons un jour la preuve que votre condamnation a agi comme un déclencheur pour cet acte fou, quel impact cela pourrait-il avoir sur vous ?

    Même si je ne pense pas que cela puisse arriver, et que je prie dans ce sens, si le pilote est impliqué dans ce qui serait un crime, alors ce serait triste… Car c’est tout l’inverse de notre philosophie politique non violente. Nous pouvons organiser de gigantesques manifestations, mais nous ne voulons faire de mal à personne. Est-ce que cela pourrait nous porter préjudice ? Peut-être, mais ce sera aussi un rappel à l’ordre pour le gouvernement. Si vous semez la zizanie, que vous êtes corrompu, injuste, cruel, alors parfois, les gens pensent qu’ils peuvent trouver un recours dans des actions très, très radicales.

    Les médias qui appartiennent au pouvoir, à la clique gouvernante, utilisent cet événement pour interdire qu’on parle de quoi que ce soit d’autre, y compris du «cas Anwar» et de ma condamnation. Bien sûr, nous l’acceptons car je pense que la priorité, c’est la sécurité de l’équipage et des passagers. Mais ensuite, la façon dont le gouvernement, le Premier ministre, les ministres se sont chargés de l’affaire, ça a été horrible

    Ecouter l'entretien d'Anwar Ibrahim, leader de l'opposition malaisienne 18/03/2014 - par Carrie Nooten Écouter

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