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    Asie-Pacifique

    Afghanistan: en marge de l'élection, la guerre de l'information

    media Le message de l'Otan: allez voter. REUTERS/Mohammad Ismail

    Voter, c'est important. Un message évident qui prend une dimension bien particulière dans un pays en guerre comme l'Afghanistan. Pourtant, il est crucial pour l'Otan de faire en sorte que les Afghans soient nombreux à se rendre aux urnes. Pour convaincre, des spécialistes des opérations d'information, les psyops, se livrent à une guerre bien particulière.

    « L'enjeu, c'est de convaincre les gens que même s'il y a une menace sécuritaire, l'opportunité de voter pour un gouvernement démocratiquement élu vaut la peine de prendre le risque. » Ces mots résument une autre guerre, menée en Afghanistan : celle de l'information.

    Dans un rare témoignage, récolté par l'organisation IQ Defence, Stephen Harley raconte comment l'Otan mène une guerre psychologique contre les talibans. Ce consultant, spécialiste des fameuses psyops, les opérations d'information, décrit une partie de sa mission. Grâce à la diffusion de tracts et de magazines, à la diffusion de bulletins radios et de vidéos à la télévision, il s'agit de convaincre les Afghans d'aller voter.

    « Nous n'allons pas dire aux Afghans que leur environnement est sûr à 100 %, et qu'ils n'ont qu'à aller voter, explique ce civil déployé pour l'occasion dans le sud du pays. Il y aura des incidents et des gens seront tués. » Les opérations militaires d'information, spécialité très peu connue, sont très actives en Afghanistan. Leur rôle : convaincre le public d'adhérer à un message, à une idée. Leur adversaire : des talibans qui cherchent à déstabiliser le scrutin. Leur principale contrainte : ils ne doivent pas mentir.

    « La première priorité, c'est la crédibilité »

    En Afghanistan, les opérations d'information sont principalement menées  par le CJPOTF, la Combined Joint Psychological Operations Task Force. Une centaine d'hommes et de femmes à Kaboul, plusieurs dizaines dans les différents provinces, dont beaucoup de réservistes. Leur travail consiste principalement à diffuser une information crédible et convaincante pour faire passer leur message et contrecarrer celui des talibans. Pour cela, ils ont formé en plus de dix ans un important réseau de médias à travers le pays, notamment en matière de radios.

    Pour autant, l'Otan répond-elle à la propagande talibane par une autre propagande ? Pas du tout, assure le colonel François Chauvancy, spécialiste français des opérations militaires d'influence. « On ne ment pas, assure celui-ci. La première priorité, c'est la crédibilité. C'est un travail de longue haleine : convaincre les gens, c'est sur le long terme. » L'un des avantages principaux de cette approche, c'est qu'il permet aux militaires d'échapper au filtre journalistique : « On transmet directement les informations du militaire au civil. Le journaliste, lui, transmet les informations avec un prisme qui lui est propre. »

    Au quotidien, cette mission consiste avant tout à analyser l'environnement informationnel. Que racontent les médias ? Qu'en pensent les gens ? Quels sont les bons arguments pour les convaincre ? Ainsi, malgré un contexte d'insécurité généralisée, l'Otan multiplie les sondages pour comprendre une opinion publique afghane complexe et disparate. Elle cherche ensuite à influencer ce public à travers des messages partagés entre pédagogie (sécurité, bonne gouvernance, développement) et contre-propagande (réponse aux talibans). « C'est un débat par médias interposé pour convaincre les électeurs d'aller voter », résume le colonel Chauvancy.

    Contrer les talibans... et Hamid Karzaï

    Cet argumentaire vise avant tout à permettre aux Afghans d'aller voter dans les meilleures conditions possibles. Le CJPOTF, s'il a développé un vaste réseau médiatique, s'est aussi appliqué à mettre en oeuvre des outils pratiques : via un standard téléphonique, les électeurs peuvent ainsi s'informer sur la situation et le positionnement de leur bureau de vote.

    Les psyops, pourtant, ne visent pas que le public afghan. Leurs messages peuvent aussi s'adresser à des acteurs influents de la société civile, des responsables politiques ou religieux... et à l'ennemi. Les Français, il y a quelques années, se seraient ainsi largement appliqués à convaincre le gouverneur de la Kapisa que la bonne gouvernance s'imposait pour rester au pouvoir sur le long terme. Stephen Harley, dans son témoignage, remarque de même que lors de la dernière élection présidentielle, la corruption a causé plus de dégats que les attaques d'insurgés.

    Emmanuel Dupuy, le président de l'Institut prospectives et sécurité en Europe (IPSE), a été conseiller politique de la force militaire française en Afghanistan, en 2010. Fin connaisseur de ce pays, il se dit convaincu que les Afghans n'hésitent pas à se rendre dans les urnes. Pour lui, l'enjeu de cette guerre de l'information est ailleurs : « Là où l'action des psyops peut être importante, c'est au cas où Hamid Karzaï aurait un agenda caché. L'Otan veut absolument convaincre que le processus électoral est normal. Les talibans veulent démontrer le contraire. Mais Karzaï aussi. Il ne veut pas de successeur et veut prouver que personne ne peut prendre le relais et qu'il faut le laisser lui, aux commandes du pays. »

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