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    Asie-Pacifique

    Les crimes de lèse-majesté traqués sur internet en Thaïlande

    media Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej est vénéré dans son pays. AFP PHOTO/Christophe ARCHAMBAULT

    En Thaïlande, des groupes royalistes ont pour ambition de faire le ménage sur internet. Ils traquent toutes les critiques, même les plus insignifiantes, contre la monarchie ou les membres de la famille royale. Dans le royaume, les lois punissant le crime de lèse-majesté sont extrêmement sévères. La moindre critique peut être punie d'une peine de trois à quinze ans de prison.

    Ces dernières semaines, plusieurs groupes de protection de la monarchie ont fait leur apparition en Thaïlande, souvent créés par des militaires à la retraite. L’un de ces groupes a choisi pour nom « l’Organisation de Collecte des Déchets », estimant que toute personne critique vis-à-vis de l’institution royale méritait d’être traitée comme un rebut. Cette association a mis en place des groupes de volontaires qui patrouillent l’internet. Ils essaient de repérer, sur des sites, des pages Facebook ou sur Twitter des commentaires désobligeants ou simplement ironiques envers le roi, la reine ou le prince héritier.

    L’association a mis en place sa propre page Facebook sur laquelle les royalistes peuvent fournir des indications sur les personnes suspectées d’avoir enfreint la loi contre le crime de lèse-majesté. En quelques jours, plus 100 000 personnes se sont inscrites comme membres. Les autres groupes sont bâtis sur le même modèle. Cela complète un programme de la police qui dispose depuis plusieurs années d’une unité spéciale patrouillant l’internet en quête de personnes critiques envers la famille royale.

    Appliquer la loi contre le crime de lèse majesté sur internet

    La loi sur le crime de lèse-majesté en Thaïlande est l’une des plus sévères au monde. Les peine peuvent aller jusqu’à 15 ans de prison, avec un minimum de trois ans, pour toute personne émettant des critiques ou des insultes envers la famille royale. De plus, et c’est très important, n’importe qui peut déposer plainte pour lèse-majesté et la police est obligée de donner suite. Ces huit dernières années, le nombre de cas a bondi pour atteindre une moyenne annuelle d’environ 400.

    Parallèlement, le gouvernement a bloqué environ un million de sites internet, souvent parce qu’ils véhiculaient des informations critiques sur la monarchie. Certains propriétaires de sites d’information, comme par exemple celui du site Prachatai, ont, quant à eux, été condamné à plusieurs mois de prison pour n’avoir pas retiré assez rapidement des commentaires offensants de la part des lecteurs.

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