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    Asie-Pacifique

    Elections en Inde: le scrutin de tous les records

    media Narendra Modi, le candidat du principal parti d'opposition BJP. REUTERS/Anindito Mukherjee/Files

    814 millions de personnes appelées aux urnes, 551 millions de votants : les dernières élections législatives en Inde auront été celles de tous les records. Le vote a duré quatre semaines, du 7 avril au 12 mai, et il s’est plutôt bien déroulé, à part quelques violences et quelques réclamations. Gros plan sur cette très longue campagne qui aura duré plus d’un an.

    La campagne a commencé bien plus tôt que d’habitude : le BJP, le parti nationaliste hindou, a présenté son candidat, Narendra Modi, dès décembre 2012, après sa victoire dans son Gujarat natal. Selon Christophe Jaffrelot, directeur d’études au CERI-Sciences Po, « l’effet de frustration » a été d’autant plus grand, car lors de cette longue campagne « il n’y a pas eu de débat sur les politiques publiques à mettre en œuvre ». Sur l’économie, « tout le monde veut relancer la croissance, mais personne ne dit comment ». Pas de débat non plus sur l’urbanisation, malgré les problèmes de transport et la pollution qui atteint pourtant des sommets dans les villes, et qui fait de cette question « un enjeu de santé publique ». La campagne s’est plus concentrée sur les personnes, sur l’image des candidats : des sommes record ont été dépensées dans des meetings parfois rediffusés en 3D dans tout le pays, notamment par Narendra Modi.

    Rahul Gandhi : un « candidat réticent » pour un parti en baisse

    Rahul Gandhi, fils de Sonia Gandhi et héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, était le champion du parti du Congrès pour cette élection. Mais son appartenance à cette prestigieuse lignée ne devrait pas suffire : le parti a en effet très mal géré son entrée en campagne. Pour Christophe Jaffrelot, il aurait fallu immédiatement mettre Rahul Gandhi à la tête d’un gouvernement « de combat », taillé pour remporter les élections ; un gouvernement qui se serait trouvé du même coup rajeuni puisque l’actuel premier ministre, Manmohan Singh, au pouvoir depuis dix ans, a eu 82 ans il y a quelques mois. Le choix même de Rahul Gandhi a fait polémique : l’homme est entré dans la bataille électorale bien après son principal adversaire, Narendra Modi, qui du coup l’a surnommé le « Prince réticent ». Narendra Modi qui est d’ailleurs un bien meilleur orateur que lui, et « cela ne pardonne pas dans un pays de parole comme l’Inde », souligne Christophe Jaffrelot.

    Affiche de campagne de Rahul Gandhi, le candidat du parti Le Congrès, le plus vieux parti du pays.

    Mais le Congrès, le parti « historique » de l’Inde, qui après l’Indépendance a régné sans partage sur le pays pendant des décennies avant que, dans les années 90, s’installe une alternance avec le BJP, était avant même le début de la campagne mal en point. Le parti dirige le pays depuis deux mandats, et si la croissance ne s’est pas démentie pendant ces dix dernières années, elle est en baisse depuis deux ans. Ce que ne pardonne pas au Congrès la classe moyenne, qui va peser dans le scrutin, car elle vote au-delà des logiques de castes : ce qui la préoccupe, c’est justement cette croissance dont elle est issue. Et elle n’apprécie pas les programmes sociaux du Congrès. En fait, elle voudrait que l’Inde soit davantage gérée comme une entreprise, ce que propose Narendra Modi.

    Narendra Modi, le nationaliste hindou chef d’entreprise

    C’est donc le gouverneur de l'Etat du Gujarat qui est l'homme fort de cette élection. Narendra Modi combine le nationalisme dur hindou, qui l’a porté à la tête du BJP, et un discours économique fort : « Je suis l’ami du business, je suis efficace, je vais créer des emplois, regardez ce que j’ai fait au Gujarat », cite Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS. « C’est un communicant », précise-t-il. Un communicant qui a eu l’habileté de ne pas sortir dès le début de sa campagne les thèmes du nationalisme hindou, les laissant à certains de ses bras droits - ce qui n’a pas empêché des émeutes dans l’Uttar Pradesh, un Etat-clé qui compte 80 députés sur les 543 du Parlement. « On sent bien que la cristallisation sur ce qu’on appelle en Inde le problème communautaire reste là, et si Modi devient Premier ministre évidemment il sera jugé à la fois sur ses capacités de gouverner et sur la façon dont il suivra (ou pas) les sirènes les plus dures de sa famille idéologique », précise Jean-Luc Racine. Dans certains Etats, la minorité musulmane redoute d’ailleurs cette arrivée au pouvoir. Mais il s’agira de voir avec quelle coalition le BJP va gouverner : quand le BJP était arrivé au pouvoir à la fin des années 1990, ses velléités les plus nationalistes avaient été anesthésiées par certains des partis régionaux auxquels il avait dû s’allier.

    Arvind Kejriwal, le troisième homme

    Supporters d'Arvind Kejriwal, le 8 décembre à New Delhi. REUTERS/Anindito Mukherjee

    En fait, cette campagne ne s’est pas jouée entre le BJP et le Congrès, mais bien entre le BJP et le Parti de l’homme ordinaire (AAP), créé il y a à peine un an et demi en réaction à la corruption qui empoisonne le pays. Pour bien appuyer son statut de futur opposant principal à Narendra Modi lorsqu’il sera Premier ministre, le chef du Parti de l’homme ordinaire Arvind Kejriwal était candidat lundi dernier pour la dernière phase des élections dans la circonscription de Bénarès, où se présentait aussi le chef du BJP. Selon les premiers sondages réalisés à la sortie des urnes, l’AAP ne devrait récupérer qu’une poignée de sièges, mais ce n’est pas vraiment le problème, explique Jean-Luc Racine : « Ce sont des agitateurs, des gens qui jouent au nom d’une certaine conscience morale, et on peut penser que quels que soient leurs résultats électoraux ils vont continuer au moins pendant quelque temps à jouer ce rôle de trublions ». 

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