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    Asie-Pacifique

    Haro sur les palaces du sultan de Brunei pour cause de charia

    media Le sultan de Brunei a promulgué l'entrée en vigueur progressive de la charia le 1er mai 2014. REUTERS/Ahim Rani/Files

    Loin de se calmer, les appels au boycottage des hôtels de luxe appartenant au sultan de Brunei se multiplient. Dernier à rejoindre le mouvement, le commissaire européen au Commerce qui, vendredi 30 mai, a annoncé soutenir « la campagne de sensibilisation contre la loi inacceptable sur la charia » que le richissime sultan a décidé d’instaurer le 1er mai dernier.

    Depuis le 1er mai, le richissime petit sultanat de Brunei situé sur l’île de Bornéo vit sous la loi islamique de la charia. La décision prise par le sultan Hassanal Bolkiah qui règne sans partage sur ses 400 000 sujets jouissant d’un niveau de vie fort enviable dans la région a déchaîné l’hostilité. D’abord dans le sultanat même où vivent des minorités bouddhiste (13%) et chrétienne (10%). Mais sur place, il a suffi que le puissant sultan hausse le ton pour que les rares opposants à s’être exprimé sur les réseaux sociaux, mettent la sourdine définitivement. 

    Mises à l’index

    Ailleurs, cela s’avère plus compliqué. Le premier appel au boycottage a été lancé début mai notamment par Richard Bronson, le patron de Virgin qui a interdit à son personnel et à leur famille de descendre dans les établissements hôteliers de la chaîne Dorchester Collection qui appartient à l’Agence d’investissement de Brunei, un fonds souverain contrôlé par le ministère des Finances de Brunei, autrement dit par le sultan lui-même.
     

    L'ancienne vedette de télé américaine, Jay Leno et des associations de défense des droits des homosexuels devant le Beverley Hills Hotel, propriété du sultan de Brunei. REUTERS/Jonathan Alcorn

    Depuis, le mouvement de mise à l’index ne cesse de prendre de l’ampleur. Des personnalités comme Anne Wintour la papesse de la mode, François-Henri Pinault le PDG du groupe de luxe Kering (Saint Laurent, Gucci, Boucheron…), le comédien britannique Stephen Fry entre autres, ne cessent de dire tout le mal qu’ils pensent de l’initiative prise par le sultan.

    Tous ces « people », par ailleurs clients habituels de l’hôtellerie de luxe, font savoir haut et fort que désormais ils éviteront les dix palaces de la Dorchester Collection : à Paris le Plaza Athénée et le Meurice, le Dorchester et 45 Park Lane à Londres, le Principe di Savoia à Milan, le Coworth Park à Ascot, le Richemond à Genève, l'Eden à Rome, ainsi que le Bel-Air et le Beverly Hills Hotel à Los Angeles.

    Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, est venu lui aussi le 30 mai soutenir le boycottage pour protester contre l’instauration de la charia dans le sultanat de Brunei alors que Washington s’est limité à évoquer son inquiétude, sans s’associer au boycottage. De leur côté, les Nations unies ont exprimé leur « profonde inquiétude » et l'ONG Human Rights Watch a dénoncé des « châtiments moyenâgeux » en faisant référence à la nouvelle législation à Brunei. Celle-ci prévoit d’ici fin 2015, étape finale de l’instauration progressive de la charia, l’amputation des membres pour les voleurs, la flagellation pour la consommation d’alcool ou l’avortement, ainsi que la lapidation pour sodomie et adultère…

    Retour aux fondamentaux de l’islam

    Devant toutes ces réactions, François Delahaye, directeur général de Drochester Collection s’est dit « stupéfait de voir l’ampleur que cette affaire prend ». Inquiet des effets que peut avoir le boycottage sur les 3 500 employés du groupe qui enregistre déjà des annulations (le Beverly Hills Hotel a déjà perdu plus d’1 million de dollars), il y voit « de l’acharnement ». « Je ne suis pas en train de défendre la charia, loin de là, dit-il, mais si on devait sanctionner tous les hôtels de prestige qui ont des capitaux là où sévit la charia, il n’y aurait plus beaucoup d’hôtels de prestige où descendre », constate-t-il avant de rappeler que dans le groupe Dorchester plusieurs hôtels sont « dirigés par des femmes ».

    Le souverain Hassanal Bolkiah est riche, très riche. Sa fortune, due aux hydrocarbures, se monterait à 20 milliards de dollars, selon une estimation du magazine Forbes réalisée il y a trois ans. Sa faramineuse collection de 5 000 voitures luxueuses, dont une incrustée de diamants, et ses palais recouverts d’or si photogéniques font les beaux tirages des magazines spécialisés.

    Cela vaut pour la galerie, mais quand il s’agit des affaires sérieuses le sultan ne néglige rien. Ainsi, Hassanal Bolkiah est à la fois Premier ministre, ministre de la Défense, ministre des Finances, commandant suprême des forces armées du Brunei, général honoraire dans les forces armées britanniques et indonésiennes et amiral honoraire dans la Royal Navy. Il s'est également lui-même nommé inspecteur général de la Police royale du Brunei. 

    Une fois installés tous ces verrous, la charia vient parachever l’œuvre du 29e sultan qui entend ainsi, disent les spécialistes, marquer définitivement le retour aux fondamentaux de l’islam de ce royaume qui a vécu sous protectorat britannique jusqu’en 1984. Brunei est le seul Etat d'Asie du Sud-Est à appliquer la charia. 

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