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    Asie-Pacifique

    Les ambitions chinoises inquiètent en Asie, Washington se positionne

    media Le Forum sur la sécurité en Asie-Pacifique s'est tenu le 31 mai à Singapour. REUTERS/Edgar Su

    Les tensions se multiplient en Asie à mesure que la Chine se renforce. A Singapour, le Dialogue de Shangri-La, forum sur la sécurité de la région qui s'est tenu du 30 mai au 1er juin, en a été le témoin. Pékin a réagi fortement aux accusations de déstabilisation de la région. Des accusations proférées par le Premier ministre nippon et le secrétaire d'Etat américain à la Défense. Valérie Niquet, maître de recherche, responsable du pôle Asie à la fondation pour la recherche stratégique répond aux questions de RFI.

    RFI : Certains estiment aujourd’hui que l’Asie est entrée dans une espèce de période de Guerre froide, que les pays de la région se polarisent les uns pour, les autres contre la Chine. Guerre froide, ce sont des mots très forts, qu’en pensez-vous ?

    Valérie Niquet : Ce sont effectivement des mots forts, mais des mots qui transcrivent une réalité qui ne date pas d’aujourd’hui, mais qui s’est considérablement aggravée depuis la fin des années 2000. Après la crise économique qui a frappé le monde entier, la Chine s’en était plutôt bien sortie et un des résultats, ça a été pour Pékin de considérablement développer ses revendications dans l’ensemble de la zone Asie-Pacifique et non pas tellement pour des raisons territoriales énergétiques ou de ressources, comme on le dit souvent, mais avec l’ambition de changer en quelque sorte l’architecture régionale et de revenir à une Asie-Pacifique qui serait stratégiquement et économiquement centrée autour de la Chine, qui retrouverait sa place de leader dans la région. On est là au cœur du problème, ça explique pourquoi, alors que l’Asie pendant des années était plutôt satisfaite d’avoir des relations apaisées avec Pékin - et surtout très bénéfiques au niveau économique - de plus en plus ce qui domine, c’est une véritable inquiétude face aux ambitions chinoises et la volonté d’équilibrer cette stratégie chinoise par un retour de la puissance américaine qui n’a jamais été aussi bien accueillie dans la région.

    On l’a vu ces derniers jours à Singapour, les échanges ont été particulièrement francs, et il y a, comme vous dites, un climat d’inquiétude, de méfiance, qui s’inscrit dans la durée pour les années à venir ?

    Oui, sans doute, et qui s’inscrira aussi longtemps que la priorité pour Pékin ne sera pas à l’engagement apaisé avec ses voisins. On est dans une logique qui est celle de la légitimité du pouvoir en place aujourd’hui en Chine, et cette légitimité s’appuie de plus en plus sur un discours nationaliste qui a de moins en moins de retenue et qui s’est exprimé, on l’a encore vu au Shangri-La, avec beaucoup de force. Et donc face à ce discours très nationaliste, et certains diraient agressif, de la part de la Chine pour l’ensemble de la région, qui s’adresse sans discernement au Japon mais également à beaucoup de pays d’Asie du Sud-Est - les Philippines, le Vietnam, mais également la Malaisie ou l’Indonésie - avec qui la Chine a des problèmes territoriaux en l'air, et même en Corée du Sud. Donc, on voit que c’est véritablement les pays de la région sans parler des Etats qui ont des problèmes territoriaux au niveau terrestre, comme l’Inde par exemple qui se trouve sous le coup de revendications chinoises qui les inquiètent et c’est ce qui provoque cette alliance de l’ensemble de la zone contre la stratégie actuelle de la Chine et ces tensions se poursuivront tant que le régime chinois mettra sa priorité de stratégie extérieure sur ces ambitions-là.

    Le général Wang, le vice-chef d’état-major chinois (sur la photo) a répondu d’une façon très musclée aussi aux Américains. Le ministre américain de la Défense Chuck Hagel avait tenu des propos très directs également, et la réponse chinoise a été particulièrement musclée ?

    Oui effectivement. Pour les Chinois la menace principale, c’est évidemment cette stratégie du pivot de retour des Etats-Unis en Asie, d’autant plus que ce retour est soutenu par l’ensemble des pays de la zone, dans la mesure où cela met un frein direct aux ambitions chinoises dans la région. Si les Etats-Unis, et c’est le message qu’ils tentent de faire passer, sont véritablement engagés en Asie pour rassurer leurs partenaires et tenter d’équilibrer la puissance chinoise, évidemment face à Washington, les capacités de la Chine, même si elles se sont considérablement développées ces dernières années, ne font « pas le poids ». Pendant très longtemps, l’objectif stratégique de Pékin était de tenter de maintenir les Etats-Unis en dehors de cette zone, ou de faire en sorte qu’ils ne s’engagent pas directement dans les conflits régionaux. Aujourd’hui, on voit bien que l’attitude de la Chine et la nécessité pour Washington de rassurer ses partenaires à commencer par le Japon, a provoqué ce pivot qui est évidemment l’objet à abattre pour la Chine aujourd’hui.

    C’est finalement la dernière limite, qu’est-ce qui peut limiter sinon la puissance ou la suprématie chinoise dans la région ?

    Alors la difficulté, s'il n’y a pas de pivot, on l’a bien senti avec le discours du Premier ministre japonais Abe qui était à l’honneur cette année au Shangri-La. Si les pays de la région ne croient plus dans le soutien des Etats-Unis, le risque est qu’ils développent leur propre capacité. Le Japon aujourd’hui est très limité par sa Constitution, mais déjà on voit qu’il y a déjà des projets de révision qui autoriseraient le Japon à mener des actions de défenses collectives avec ses alliés dans la région. Tokyo a également proposé aux pays d’Asie du Sud-Est de les aider en termes de matériel, technologiquement et en termes d’entraînement pour ce qui est l’acquisition d’une vraie capacité de garde-côte évidemment dirigé contre la Chine. Donc, on pourrait aussi voir un retour de la puissance militaire japonaise. Il ne faut pas oublier en termes technologiques et en termes de capacité, le Japon, s'il le souhaitait, pourrait très largement et à un rythme très rapide, rattraper ce que sont les capacités chinoises.

    Et est-ce que les Américains ont véritablement les moyens de leurs ambitions ? Est-ce qu’ils peuvent véritablement rester un acteur majeur dans cette région du monde, on sait qu’ils sont appelés aussi dans d’autres régions sur le globe ?

    Ca a été le sens du discours du secrétaire d’Etat à la Défense, comme ça a été le sens de plusieurs discours du président Obama. Les Etats-Unis réaffirment qu’ils sont là dans le Pacifique, qu’ils resteront et qu’ils joueront leur rôle d’équilibre face à la Chine auprès de leurs alliés et partenaires dans la région. La question évidemment budgétaire a été posée, mais l’impression qu’on retire c’est que, pour tout un tas de raisons économiques et stratégiques, les Etats-Unis considèrent que l’Asie est la zone la plus prioritaire aujourd’hui. Et par ailleurs s'il y a des choix à faire, il faut s’en doute s’attendre, en Europe et peut-être au Moyen-Orient, que ces choix - on l’a déjà vu d’ailleurs en Syrie et en Ukraine -, ne se feront pas au profit de ce qui se passe en Europe ou au Moyen-Orient, mais se feront au bénéfice de l’Asie. Donc le sens de ce qu’on a pu entendre au Shangri-La, et dans d’autres instances par ailleurs, c’est que le retrait américain d’Afghanistan, un engagement limité sur les questions moyen-orientales européennes, confirme en quelque sorte leur véritable ambition qui est de jouer un rôle stratégique vital pour l’ensemble des pays de la région en Asie.

     

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