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    Asie-Pacifique

    Vol MH370: trois mois de mystère

    media Le vol MH370 de Malaysia Airlines a disparu au large du Vietnam dans la nuit du 7 au 8 mars 2014. REUTERS/Samsul Said

    Le 8 mars 2014, le vol MH370 de la Malaysia Airlines disparaissait des écrans radars après avoir décollé de Kuala Lumpur. Après trois mois de recherches intensives restées infructueuses, le mystère de cette disparition demeure entier.

    • « Un avion en feu »

    Cette semaine, une navigatrice britannique de 41 ans a contacté les autorités australiennes en leur racontant avoir vu ce qui lui semblait être un avion en feu dans la nuit du 8 mars, celle de la disparition du vol de la Malaysia Airlines, au-dessus de l’océan Indien. Katherine Tee naviguait entre Cochin (sud-ouest de l'Inde) et Phuket en Thaïlande, lorsqu'elle a vu un avion « avec ce qui semblait être une longue traînée de fumée noire derrière lui. Il y avait deux autres avions, au-dessus de lui, qui allaient dans le sens opposé », raconte-t-elle le 31 mai sur Cruisers Forum, un site internet consacré à la navigation. Ce témoignage est le dernier épisode en date d’un feuilleton tragique, celui du mystère du MH370.

    • Disparition

    8 mars 2014. Le Boeing 777 de la Malaysia Airlines, qui a décollé de Kuala Lumpur en direction de Pékin, perd le contact avec le contrôle aérien quelque part entre la Malaisie et le sud du Vietnam. A son bord se trouvent 227 passagers, principalement chinois, et 12 membres d’équipage. La compagnie est sûre, le pilote expérimenté, aucun message de détresse n’a été lancé, rien ne permet de dire ce qui s’est passé. Les opérations de recherche se mettent rapidement en place. Des navires vietnamiens, chinois et américains, notamment, se rendent dans la zone où ont été aperçues des traces de carburant, en mer de Chine méridionale. Une zone de recherche qui ne va cesser de se déplacer au fil des jours.

    • Les pilotes soupçonnés

    Un temps envisagée, la piste d’un acte de sabotage commis par un passager ouïghour est rapidement écartée, tout comme celle de deux passagers munis de faux passeports qui n’étaient que des voyageurs clandestins. Deux hypothèses sont alors privilégiées : celle du détournement et celle d’une opération suicide. Les systèmes de communication de l’avion avec le sol ont été coupés à quelques minutes d’intervalle. Une analyse du comportement de vol de l'avion, de l'émission de ses signaux et de ses communications montre qu'il a été piloté de manière « rationnelle », explique le quotidien britannique The Telegraph. Il s’agirait donc d’un acte délibéré. Les profils du pilote, Zaharie Ahmad Shah, et du copilote, Fariq Abdul Hamid, sont passés au crible, leurs domiciles perquisitionnés. Rien de concret n’en ressort.

    • « Aucun survivant »

    En Chine, les familles des 153 passagers chinois ne cachent pas leur colère envers le gouvernement malaisien qu’elles accusent d’« imposture », de mensonge, de dire « n’importe quoi », de se contredire « tout le temps ». Certaines envisagent d’entamer une grève de la faim. Les critiques viennent aussi des pays de la région qui dénoncent un « manque de transparence » de la part de Kuala Lumpur. Le gouvernement malaisien est accusé de rétention d’informations.

    Finalement, le 24 mars, seize jours après la disparition de l’appareil, le Premier ministre malaisien convoque une conférence de presse où il annonce que l’avion est tombé dans l’océan Indien sans laisser de survivants. Cette annonce intervient alors que la dernière position du Boeing a été calculée de façon définitive : au large de l’Australie, en plein milieu de l’océan. De possibles débris aperçus depuis le ciel pourraient le confirmer. Selon la compagnie aérienne malaisienne, à mi-chemin entre la Malaisie et le Vietnam, l'avion a changé de cap, vers l'ouest, à l'opposé de son plan de vol donc, et ses systèmes de communication ont été désactivés « de manière délibérée », sans préciser par qui, quand, comment et pourquoi.

    • Retour à la case départ

    Après avoir cherché en Chine méridionale, puis au sud de l’océan Indien, les recherches finissent par s’orienter un peu plus au nord, à 1 800 kilomètres au large de Perth, une ville de l’ouest de l’Australie. Depuis la disparition du vol MH370, 4,5 millions de kilomètres carrés ont été inspectés. Vingt-cinq pays participent aux recherches en dépêchant sur place des avions, des navires ou en mettant à contribution leurs satellites. Les débris repérés se sont avérés n’être que du matériel de pêche ou des déchets. Mais début avril, des signaux concordants avec ceux émis par les enregistreurs de vol sont captés par deux bateaux chinois et australien spécialisés dans la traque de boîtes noires. Un sous-marin américain, le Bluefin-21, équipé d’un sonar, est envoyé dans la zone.

    Et puis fin mai, patatras, les autorités australiennes qui coordonnent les recherches annoncent avoir fait fausse route. L’Agence australienne de sécurité des transports estime que la zone actuelle n’est pas la bonne. Les signaux captés par les navires australien et chinois auraient en fait été émis par leurs propres systèmes électroniques. Les données satellites semblent cependant bien pointer une zone située à l’ouest de Perth. Mais sans boîte noire, impossible pour les enquêteurs de déterminer les causes de la disparition du MH370.

    Des proches des passagers du vol MH370 ont annoncé ce dimanche êtes prêts à offrir 5 millions de dollars à toute personne disposant d’informations sur la disparition du Boeing de la Malaysia Airlines. Une collecte de fonds a été lancée.

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