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    «En Afghanistan, il y a une espèce de théorie du complot généralisé»

    media Les deux candidats encore en lice, Ashraf Ghani (g.), et Abdullah Abdullah. AFP Photo/Wakil KOHSAR

    Deux hommes étaient à départager, samedi 14 juin, pour le second tour de la présidentielle en Afghanistan. Deux rivaux arrivés en tête du scrutin du 5 avril dernier : Abdullah Abdullah avec 45% des voix et Ashraf Ghani avec 31,5% environ. Un scrutin qui s'est déroulé sous la menace des talibans et des résultats qui ne devraient pas être connus avant le début du mois prochain. Entretien avec Gilles Dorronsoro, professeur de science politique à l'Université Paris I, Panthéon-Sorbonne.

    RFI : Est-ce qu’il y a un favori pour ce scrutin ?

    Gilles Dorronsoro : le favori, c’est probablement celui qui est arrivé en première position, au premier tour, donc Abdullah Abdullah avec 45% des voix. Ceci dit, les sondages sont très peu fiables en Afghanistan, donc on n’est pas très à l’aise pour commenter des projections. De plus, il y a une polarisation de type ethnique qui s’est opérée pour le deuxième tour, qui pourrait réserver quelques surprises. Ceci dit, Abdullah est quand même bien placé.

    Y a-t-il eu des ralliements justement pour donner davantage de chance à celui qui est arrivé second, Ashraf Ghani ?

    Oui, en fait Abdullah Abdullah a, lui, eu des ralliements significatifs, notamment Zalmaï Rassoul qui était soutenu par celui qui va devenir l’ancien président, donc Hamid Karzaï. Et du côté d’Ashraf Ghani, il n’y a pas de ralliement très significatif qui pourrait faire basculer la balance.

    Sur quelles questions ces deux candidats se distinguent-ils vraiment radicalement ?

    C’est difficile à dire en fait. Sur des questions de type programmatique, il n’y a pas une différence radicale. Les deux veulent signer l’accord de coopération militaire avec les Etats-Unis, donc là-dessus il y a un accord des deux candidats. Les deux candidats sont globalement disons pro-Occidentaux. D'autre part, en principe, ils sont d’accord pour une réforme de l’Etat - limiter la corruption, essayer de faire en sorte que l’armée afghane fonctionne mieux, etc. La vraie différence entre les deux, c’est le système d’alliance, les clients qu’ils ont réussi à mobiliser et donc les gens à qui ils vont devoir redistribuer des profits quand un des deux sera élu à la présidence.

    Avec d’ailleurs des alliances qui, avant le vote, ont été critiquées notamment pour Ashraf Ghani...

    Oui, Ashraf Ghani a un profil assez particulier. C’est quelqu’un qui a passé une grande partie de sa vie en dehors de l’Afghanistan, notamment à la Banque mondiale. C’est quelqu’un de reconnu brillant, tout à fait à l’aise dans le milieu washingtonien, dans les milieux internationaux. Il avait échoué aux dernières présidentielles où il a fait quelques pourcents, donc vraiment il n’avait pas réussi à mobiliser les électeurs. Cette fois-ci, il s’est allié à un homme politique, Rachid Dostom, qui est originaire du Nord-Ouest de l’Afghanistan, un Ouzbek qui lui a apporté probablement autour de 10% des voix. Le problème, c’est que Dostom est un ancien chef de guerre qui a une réputation de très grande cruauté. Il était à la tête de milices communistes qui ont pillé le pays dans les années 1980-1990. Donc, Rachid Dostom est, en un sens, l’antithèse de Ashraf Ghani. C’est quelqu’un de violent, c’est quelqu’un qui a été mêlé aux massacres, qui a encore massacré des prisonniers de guerre après l’intervention américaine, et donc cette alliance a été critiquée.

    Après le vote, on attendra bien sûr les commentaires des uns et des autres, avec notamment éventuellement des proclamations de victoire avant les résultats complets. Justement, n'y a-t-il pas une exigence de transparence, d’autant plus si les résultats sont serrés ?

    Oui, alors vous savez qu’en Afghanistan évidemment il y a une espèce de théorie du complot généralisé. Et donc le cas le plus difficile, ce serait effectivement que l’on ait très peu d’écart entre les deux candidats, quelques pourcents d’écarts. Auquel cas, la commission de contrôle électoral qui va traiter des plaintes serait dans une position extrêmement difficile. Cette commission électorale indépendante devra de toute façon intervenir sur un certain nombre de cas litigieux. Il y en a eu au premier tour, aux dernières élections il y a cinq ans, il y avait eu des fraudes absolument massives. Donc de toute façon, il y aura une intervention de cette commission électorale indépendante. Mais si l’écart entre les candidats est trop faible, il risque d’y avoir véritablement des tensions dans le pays. Déjà les résultats du premier tour ont été vécus, notamment par l’ethnie pachtoune, qui fait à peu près 40% - en tout cas une partie importante de ses membres -, comme un échec parce que Abdullah est perçu, lui, comme l’héritier de Massoud, donc un homme du Nord, un persanophone. Donc on risque d’avoir une polarisation assez violente si les résultats sont de l’ordre de 49%-51%.

    A (RE) LIRE : Présidentielle en Afghanistan: deux candidats pour remplacer Karzaï

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