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    Présidentielle en Indonésie: Prabowo Subianto, homme à poigne

    media Prabowo Subianto en campagne à Banyumas, dans le centre de l'île de Java, le 2 juillet 2014. AFP PHOTO / Idhad ZAKARIA

    Prabowo Subianto, ancien général des forces spéciales indonésiennes, impliqué dans plusieurs violations des droits de l'homme, est le leader et le candidat du parti Gerindra (Parti de la grande Indonésie). Cet homme, qui se réfère régulièrement à l'ex-dictateur Suharto qu'il a longtemps servi, propose en quelque sorte à ses compatriotes de mener l'Indonésie avec toute l'efficacité de la discipline militaire.

    Prabowo Subianto est un dur à cuire. Une ligne féroce à laquelle il s’est astreint toute son existence, depuis son passage dans les forces spéciales indonésiennes, les Kompassus. Mais de dur, ce général en retraite n'a que le style, et sûrement pas les origines, lui qui est venu au monde dans une famille fortunée liée à la dictature de Suharto. Petit-fils du fondateur de la plus grande banque indonésienne (BNI), fils d'un économiste qui fut ministre du défunt dictateur, le jeune Prabowo a suivi une partie de sa scolarité à l'école américaine de Londres, avant de rejoindre la prestigieuse académie militaire indonésienne de Magelang, en 1974. Il y côtoie notamment Susilo Bambang Yudhoyono (SBY), l'actuel président de l'Indonésie, lui aussi ancien militaire de carrière qui gagna ses galons de général sur les champs de bataille du régime Suharto.

    Des batailles moins glorieuses que celles menées par leurs aînés contre la présence coloniale néerlandaise quelque trente années plus tôt. Prabowo et SBY, qui au demeurant ne se sont jamais vraiment appréciés, ont été envoyés dès le début de leur carrière au Timor oriental, fraîchement émancipé de la tutelle portugaise après la Révolution des œillets à Lisbonne qui destitua le président Salazar. Si la partie occidentale de Timor faisait partie de l'Indonésie, la partie orientale était une colonie portugaise. Déterminé à étendre son contrôle sur l'île, le régime de Suharto a envahi le Timor oriental en 1974. S'en suivra une période d'occupation particulièrement violente jusqu'en 1999, date à laquelle dans un référendum organisé par Jakarta, la population du Timor oriental se prononça à 80% contre la présence indonésienne.

    Milices cagoulées façon ninja

    Les heures sombres du Timor oriental chevauchent la vie militaire de Prabowo Subianto. Le 31 décembre 1978, âgé de 26 ans et déjà commandant de son unité, il est à la tête du groupe qui capture et assassine Nicolau dos Reis Lobato, Premier ministre du Timor oriental. En 2001, dans un entretien off the record avec le journaliste australien Allan Nairn, Prabowo confia au détour d'une phrase que le massacre de Santa Cruz perpétré au Timor par l'armée indonésienne à Dili, le 12 novembre 1991, dans lequel au moins 271 civils ont été tués de sang froid, procédait d'un ordre « imbécile ». Prié d'en dire plus, Prabowo expliqua que le problème en soi n'était pas que l'armée ait assassiné des civils, mais plutôt que cela se soit déroulé devant des témoins : « Vous ne massacrez pas des civils devant la presse mondiale ! », lâcha-t-il à son interlocuteur.

    Un goût de la discrétion en matière d'action sanglante parfaitement illustré par le Kopassus Group 3, bataillon à la tête duquel Prabowo envoyait ses milices cagoulées façon ninja de noir vêtues des pieds à la tête, semer la terreur dans les villes et les villages timorais à la nuit tombée. Plus tard, en 1996, on le retrouve à la tête d'une opération en Papouasie, visant à délivrer un groupe international de scientifiques retenus en otage par les indépendantistes du Free Papua Movement. Ce jour-là, les hommes de Prabowo trompèrent les preneurs d'otages en les approchant avec un hélicoptère aux couleurs de la Croix-Rouge. Deux scientifiques indonésiens furent tués dans l'assaut auquel participaient également des SAS, les forces spéciales britanniques. Les soldats anglais et indonésiens emmenés par le major Prabowo tuèrent au passage un groupe de villageois, sans aucun rapport avec les événements en cours.

    Prabowo, l'ami des Etats-Unis

    Entre deux missions sanglantes, Prabowo se rend aux Etats-Unis, où il participe à des entraînements en compagnie des forces spéciales US, les Navy Seals. Ses relations avec les Américains dépassent largement le crapahutage en stage de survie commando, puisqu'il peut se targuer d'avoir été pendant longtemps un protégé de Washington, très proche du Pentagone dont il recevait armes, fonds financiers et soutien public. « Je me sens proche des Etats-Unis, c'est de famille », proclame-t-il. Et pour cause : le père de Prabowo avait en son temps participé à l'opération de déstabilisation montée par la CIA pour se débarrasser du président Sukarno, entre 1965 et 1966.

    Nommé en 1998 à la tête du Kostrad, une garnison basée à Jakarta et forte de 27 000 hommes surentraînés, il est directement impliqué dans la terrible répression survenue lors des émeutes de mai 1998, qui conduisirent à la destitution de Suharto. Sous son commandement, des unités de l'armée indonésienne ont kidnappé et torturé plusieurs militants pro-démocratie. Prabowo sera inquiété en août 1998 par un tribunal militaire pour ces faits et pour d'autres enlèvements et opérations de terreur accomplis avant la chute de Suharto. Jugé coupable d'avoir « mal interprété les ordres reçus », il sera exclu de l'armée et s'exilera en Jordanie, où il rejoindra son frère, richissime industriel dans le secteur pétrolier. Son destin était inextricablement lié à celui du régime de Pak Harto (monsieur Harto, comme le surnommaient les Indonésiens avec déférence) puisqu'il était l'un de ses gendres... En 1983, le soldat Prabowo avait épousé Siti Hediati Hariyadi, l’une des filles du président Suharto.

    Quand le pouvoir du vieux dictateur Suharto succomba sous les coups de boutoir cumulés de la crise asiatique de 1997 et le ressentiment général de la population à l'encontre d'un système à bout de souffle, Prabowo s'y voyait déjà. En tant que gendre, il se pensait dans une position naturelle de successeur, eu égard à sa stature de chef impitoyable. Mais il ne put même pas compter sur le soutien de ses amis américains qui lui avaient préféré son ennemi de toujours, le général Wiranto.

    Aujourd’hui tout-puissant patron du Nusantara Group, qui compte en son sein plus de 25 entreprises, Prabowo Subianto croit dur comme fer être l’homme dont l’Indonésie a besoin. Séparé de sa femme, Siti, il se murmure que cette dernière lui a promis de revenir à la maison s’il était élu président. Sans doute pour lui donner des gages de confiance, Prabowo a annoncé durant la campagne présidentielle son intention d’accorder à Suharto le statut de « héros national », s’il accédait à la fonction suprême.

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