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    Asie-Pacifique

    Présidentielle en Indonésie: Joko Widodo, candidat venu du peuple

    media Joko Widodo, alias Jokowi, le 14 juin 2014, lors d'un meeting tenu à Solo, sa ville natale, dans l'est de l'île de Java. AFP PHOTO / ROMEO GACAD

    Joko Widodo, candidat du PDI-P (Parti démocrate indonésien de lutte) aime à se présenter comme un homme qui n'appartient pas à l'establishment. Proche des gens et en particulier des milieux les plus pauvres dont il est lui-même issu, celui que ses compatriotes appellent affectueusement « Jokowi » incarne un véritable renouveau dans la politique indonésienne.

    Quand il était un homme d'affaires, Joko Widodo exportait de par le monde des meubles en teck indonésien, fabriqués dans l'atelier qu'il avait monté à Solo, sa ville natale, dans l'est de l'île de Java. C'est à cette époque que des partenaires commerciaux français le baptisent « Jokowi » en contractant son nom. Le surnom, qu'il semble affectionner, ne l'a depuis lors jamais quitté.

    Patron plutôt détendu, en jeans et chemise blanche aux manches retroussées, Jokowi n'hésitait jamais à donner un coup de main pour manutentionner les immenses troncs de bois brut en provenance des forêts de Sumatra et de Bornéo. C'est aussi à la même période, vers la fin des années 1980, qu'il met au point ses fameuses « blusukan », un terme qui désigne en javanais une visite inattendue. Widodo débarquait ainsi de temps à autre dans l'atelier pour vérifier si le personnel s'astreignait à sa tâche, et ne se trouvait pas en état d'oisiveté volontaire... Souriant, avenant, mais dur au labeur.

    Un peu plus de trente ans plus tard, il a repris le même principe comme gouverneur de Jakarta, pour s'inviter à l'improviste dans les administrations de la capitale et les écoles publiques. A chaque fois, poursuivi par une cohorte de journalistes, et avec le même objectif : s'assurer que chacun est bien à son travail.

    Joko Widodo est arrivé à la politique par la mairie de Solo, conquise en 2005 sous la bannière d'une coalition d'entrepreneurs en guerre contre la corruption et la bureaucratie, fléaux qui freinent le développement global de l'Indonésie. A peine élu, il donne le ton en conservant jeans et chemise, en refusant également d'acheter une nouvelle voiture de fonction, et en reversant son salaire aux bonnes œuvres de la ville. Le genre de comportement que d'aucuns pourraient qualifier de « démago » si Joko Widodo ne se trouvait pas en Indonésie. Dans un pays où près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 2 dollars par jour, Widodo est convaincu que c’est en changeant les habitudes que l’on peut espérer faire évoluer les mentalités.

    « Je ne fais pas campagne, car je continue à travailler »

    De la construction d'un marché couvert pour accueillir les très nombreux vendeurs de rue de Solo, à la percée d'une voie piétonne de 7 km dans le centre-ville, en passant par la mise sur pied d'un programme local de protection sociale, entre autres succès de son passage à la mairie, ses administrés étaient en droit de le pleurer quand lors de son deuxième mandat, il fut désigné par son parti, le PDI-P (Parti démocratique indonésien de lutte), dans la course au poste de gouverneur de Jakarta. A peine réélu triomphalement maire en 2010 avec 90% des suffrages sans avoir fait campagne, se bornant à proclamer « Je ne fais pas campagne, car je continue à travailler » - il passe en 2012 de la gestion d'une ville de 500 000 habitants à celle d'une mégalopole comptant un peu plus de 12 millions de personnes.

    C'est l'ex-présidente indonésienne Megawati Sukarnoputri (2001-2004), fille du héros indonésien de l'indépendance, Sukarno, et fer de lance du PDI-P, qui a mis sur orbite le phénomène Jokowi en faisant de lui le candidat de son parti à l'élection du gouvernorat de Jakarta. La tentation d'appliquer ses méthodes à l'échelle de la capitale indonésienne a été la plus forte.

    Dire que les problèmes ne manquent pas à Jakarta est un euphémisme, bien que la ville et sa région soient les plus riches de tout l'archipel indonésien. Trafic automobile paralysé par des embouteillages monstres, pauvreté endémique, insalubrité, corruption à tous les étages dans les administrations et les centres de décision municipaux... Sans compter les lourds problèmes d'urbanisme que mettent cruellement en relief les inondations chroniques qui plusieurs fois l'an, sèment le chaos total dans les quartiers inondables.

    Licencier les fonctionnaires paresseux

    L'une de ses premières mesures en tant que gouverneur a été d'avancer l'heure d'ouverture d'un service d'établissement de cartes d'identité. Le gouverneur Jokowi est arrivé de bon matin et s'est étonné de ne trouver aucun responsable sur place. Pour tuer le temps, monsieur le gouverneur a répondu aux questions de la presse, convoquée en nombre. Puis il leur a annoncé son intention de licencier les fonctionnaires paresseux pour faute grave. Jakarta venait de découvrir le « blusukan » et par la même occasion son nouveau gouverneur, qui est aujourd’hui candidat à la fonction suprême indonésienne.

    Pendant ces deux années à administrer la capitale, Jokowi aura clairement passé plus de temps en « blusukan » et distributions gratuites de livres scolaires, que dans son bureau de Menteng, quartier du centre-ville de Jakarta où est situé le siège du gouvernorat. « Vérifier, encore et encore, c'est la seule solution », expliquait-il dans une interview, au sujet de sa manie à s'assurer par lui-même que les fonctionnaires sont au travail.

    Malgré les reproches que lui adressent ses détracteurs sur ses déplacements permanents, le gouverneur Jokowi compte à son actif plusieurs réussites, en tête desquelles l'instauration d'une carte d'accès gratuit aux soins de santé pour les plus pauvres, ainsi que la scolarisation gratuite des enfants issus des milieux les plus défavorisés. Ses détracteurs préfèrent se souvenir de son échec à reproduire sa bonne gestion des vendeurs ambulants à Solo. A Jakarta, il a fait construire un marché couvert dans le quartier de Tanah Abang mais le bâtiment n'a jamais été utilisé, les commerçants se plaignant d'une raréfaction de la clientèle, guère désireuse de monter des escaliers pour faire ses emplettes. Son programme de sécurité sociale pour les plus démunis a également souffert de complications, en particulier de son succès, qui a provoqué des afflux massifs dans les services de soins hospitaliers.

    Mais dans le cœur de nombreux Indonésiens, cet homme de 53 ans fait aujourd'hui figure d'ami, de grand frère ou de gendre idéal, selon les cas. La presse de son pays l’a d’ailleurs surnommé « le Obama indonésien », tant la ressemblance physique avec le président américain est frappante : un corps mince et élancé, et ce même sourire charismatique qu’il dégaine aussi vite que ses grands bras toujours prompts à distribuer les poignées de main chaleureuses. Originaires d'un milieu très modeste, ses parents ne possédaient pas de maison et vivaient dans des habitations de fortune, Jokowi n'a compté sur personne d'autre que lui-même pour se forger un avenir, dans un pays où quand on ne dispose de rien, il ne faut simplement rien attendre de personne.

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