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    Présidentielle afghane: «La situation d’insécurité va perdurer»

    media Des partisans du candidat Abdullah Abdullah à Kaboul ce 8 juillet 2014. REUTERS/Omar Sobhani

    Les résultats provisoires du second tour de la présidentielle ont été annoncés ce lundi 7 juillet. Ils font état d’une avance de l’économiste Ashraf Ghani qui obtiendrait 56,4% des voix, devant son rival Abdullah Abdullah. Mais ce dernier rejette les résultats, lui qui était largement en tête à l’issue du premier tour. Il se déclare vainqueur de cette élection. Firouzeh Nahavandi, professeur à l’Université libre de Bruxelles, décrypte la situation.

    RFI : Quelle peut être l’issue de cette élection ? Un candidat qui se déclare vainqueur, alors qu’il arrive en seconde position selon les résultats provisoires, c’est la confusion…

    Firouzeh Nahavandi : Effectivement. C’est la confusion totale, parce qu’Abdullah Abdullah s’était déjà désisté aux élections précédentes en 2009 et il était presque sûr de gagner, étant donné le score qu’il avait au premier tour des élections actuelles. Le voilà totalement mis à l’écart par rapport à Ghani, que l’on donnait totalement comme un outsider, même s’il avait eu de bons résultats.

    Ceci dit, les deux candidats avaient dit qu’ils allaient accepter le résultat de ces élections. Mais il y a des soupçons de fraudes assez graves. On peut donc s’imaginer que si M. Ghani sort vainqueur, ce qui me semble être le cas au vu des informations que nous avons, et bien effectivement ce sera la pagaille. Donc une élection qui n’aura pas du tout servi à calmer le jeu.

    Vous évoquez des soupçons de fraude. C’est vrai que même le président de la Commission électorale indépendante reconnaît l’existence de fraudes dans ce scrutin. Comment dans ce contexte peut-on imaginer la victoire d’Ashraf Ghani ?

    Justement, le problème sera que sa légitimité sera totalement entachée par les soupçons de fraudes. Mais ceci n’est pas nouveau non plus pour l’Afghanistan, puisque pour l’élection précédente, Hamid Karzaï, président sortant, avait été exactement élu selon le même modèle avec des élections que tout le monde disait entachées de fraudes et donc dans des conditions totalement douteuses.

    Est-ce qu’il peut y avoir un recompte des bulletins ? C’est ce que demande Abdullah Abdullah. Il demande un examen plus approfondi des résultats. Est-ce que c’est possible, cette option-là ?

    Dans un pays où tout fonctionne correctement, c’est quelque chose évidemment qui serait possible dans quelques bureaux. Mais dans la situation chaotique de l’Afghanistan, avec des bureaux éparpillés, avec des urnes qui se trimballent par ci par là, c’est extrêmement difficile. Ce n’est pas possible !

    Quelles conséquences cette impasse politique peut-elle avoir sur la situation sécuritaire en Afghanistan ?

    Elle n’arrange pas du tout la situation sécuritaire. En fait, on peut le voir de deux manières : tout d’abord, les deux candidats s’étaient engagés pour signer l’accord militaire avec les Etats-Unis après le retrait des forces alliées qui sont nombreuses sur le sol afghan. On ne sait donc pas ce qu’il va être de cet accord et de cette signature. En tout cas elle peut être repoussée.

    Par ailleurs, cela va laisser la voie ouverte aux talibans, qui avancent de manière assez critique dans le pays, tout en demandant le retrait de toutes les forces étrangères, en particulier américaines. Sinon évidemment ils menacent - ce qu’ils font déjà d’ailleurs - d’actes terroristes et de représailles.

    Justement, les talibans ce mardi matin ont mené une attaque dans l’est du pays ; 16 personnes, dont quatre soldats de l’Otan ont été tués, et les troupes de l’Otan, on le rappelle, devront avoir quitté le pays en fin d’année. C’est une donne importante.

    C’est là le point d’interrogation pour le futur, puisqu’une partie de l’insécurité de l’Afghanistan est due aux talibans qui veulent que les forces étrangères sortent du pays, mais dans le même temps, la sécurité n’est pas assurée par une force nationale, et donc on ne sait pas ce que peut amener le retrait de ces forces. Je pense qu’en tout état de cause, nous allons rester dans une situation d’insécurité, quelle que soit l’issue. C'est-à-dire que les troupes étrangères restent sur le sol ou qu’elles s’en aillent, la sécurité ne sera pas assurée.

    Est-ce que les suites de cette élection présidentielle peuvent provoquer des risques de violences communautaires entre les Tadjics qui sont majoritaires dans le nord, bastion des partisans d’Abdullah Abdullah, et les Pashtounes dans le sud et l’est, ethnie d’Ashraf Ghani ?

    Je ne pense pas que cela ait une incidence directe sur des troubles communautaires dans le sens où même Abdullah Abdullah est présenté évidemment comme étant Tadjic, mais son père est Pashtoune et donc il n’est quand même pas si Tadjic que ça non plus, et il est soutenu par les Pashtounes également. Donc cela va rendre le climat totalement détestable. Mais est-ce que l’on ira jusqu’à des heurts communautaires ? Probablement pas.

    Comment doit se positionner Washington dans ce contexte ? Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a menacé de couper l’aide financière et sécuritaire à l’Afghanistan en cas de tentative de prise du pouvoir illégalement. Quelle doit être l’attitude des Etats-Unis ?

    Le problème avec l’Afghanistan, c’est que plus la communauté étrangère et les Américains se positionnent, plus cela a des conséquences sur la sécurité et l’instabilité intérieure. M. Ghani, par exemple, est vu comme le candidat de la Banque mondiale et des Américains. Ce qui veut dire qu’il y a aussi un problème de légitimité. En tout cas, ce ne sont pas les talibans que cela va arrêter. Il faudra donc voir ce que fera M. Abdullah s’il n’est pas élu. Mais là, je n’ai pas une boule de cristal et je ne pourrai pas vous répondre directement.

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