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    Asie-Pacifique

    Chine: Pékin accentue la répression contre les Ouïghours

    media Des Ouïghours au cimetière d'Urumqi où ils ont enterré les victimes des affrontements de mai 2014. (Photo : David Gray/Reuters)

    L’économiste ouïghour Ilham Tohti a été inculpé ce mercredi 30 juillet pour séparatisme. Cet ancien enseignant de l’université de Pékin, emprisonné depuis le début de l’année, avait été arrêté après avoir ouvertement critiqué la politique des autorités. L’accusation intervient après les affrontements violents survenus le lundi 28 juillet dans la région autonome du Xinjiang. Un groupe d’assaillants armés de couteaux aurait attaqué des bâtiments officiels et un poste de police du district de Shache. Les affrontements ont fait une centaine de morts et de blessés, selon le Congrès mondial ouïghour en exil.

    Il est difficile de savoir ce qui se passe exactement dans la région du Xinjiang. Les journalistes n’y ont pas accès - hormis ceux des médias officiels chinois, et les communications téléphoniques et électroniques de la communauté ouïghoure sont surveillées par les autorités de Pékin.

    D’après la police, des contrôles renforcés avaient lieu lundi matin en raison de la tenue d’une foire commerciale. Les autorités qualifient les affrontements qui s’en sont suivis d'« attaque terroriste préméditée ». Selon les Ouïghours en exil, les violences seraient liées à la répression de la pratique du ramadan. Elles ont eu lieu le dernier jour de la période de jeûne, et résulteraient de l’exaspération de la population.

    Le harcèlement des Ouïghours sur le plan religieux n’est pas nouveau : chaque année, pendant le mois de ramadan policiers et agents de renseignements surveillent la population. Ils repèrent les habitations éclairées avant l’aube, et procèdent à des intimidations et à des arrestations. Les fonctionnaires et les étudiants qui ne jeûnent pas sont récompensés.

    Les Ouïghours dénoncent une politique d’assimilation forcée et de répression systématique à leur encontre. La discrimination ne s’applique pas qu’à la religion, elle touche la pratique de la langue, les traditions culturelles. Elle est aussi économique : l’accès aux emplois qualifiés par exemple est implicitement réservé aux Hans, ethnie majoritaire de la Chine.

    Un enjeu économique et politique

    Le Xinjiang, une des cinq régions autonomes de la Chine, couvre un sixième du territoire du pays. Situé au nord-ouest du pays, et frontalier de huit Etats, il représente un enjeu stratégique et économique. La région est riche, en production agricole et en minerai notamment. Pékin y investit massivement, les infrastructures et l’activité économique s’y développent à un rythme soutenu. Mais ces investissements sont principalement entre les mains des Hans à travers le Bingtuan, organisation administrative régionale, et ses filiales commerciales. Si les Ouïghours, peuple turcophone, restent majoritaires dans le Xinjiang, les Hans représentent désormais près de 40 % de la population.

    L’engrenage

    Ces derniers mois ont été marqués par de nombreux attentats. Une attaque suicide a fait 43 morts en mai dernier sur un marché de la capitale régionale, Urumqi ; en mars, 29 personnes ont été tuées à l’arme blanche dans la gare de Kunming, dans la région du Sichuan, pour n’en citer que deux. Ces attentats sont attribués par Pékin aux séparatistes ouïghours. Une majorité de la population est hostile au pouvoir de Pékin, et il existe un mouvement séparatiste, mais minoritaire.

    Le Président Xi Jinping a lancé une vaste campagne anti-terroriste, qui a donné lieu à des centaines d’arrestations, et à 13 condamnations à mort. Les procès spectaculaires se sont multipliés. Fin juin, 113 personnes ont été jugées lors d’une audience expéditive en public et en plein air, comme à l’époque de la révolution culturelle. Mais les autorités peinent à enrayer la violence. La justice arbitraire et expéditive et la répression accrue redoublent le risque de violences et la radicalisation d’une partie de la population.

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