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    Cambodge: prison à perpétuité pour les chefs khmers rouges

    media Le verdict de réclusion à perpétuité a été accueilli avec soulagement par les familles des victimes des khmers rouges, ce jeudi 7 août 2014. REUTERS/Damir Sagolj

    C’était un verdict très attendu, celui du premier procès des deux plus hauts dirigeants khmers rouges encore vivants : Khieu Samphan, ancien président du Kampuchea démocratique, et Nuon Chea, l'idéologue du régime, ont été condamnés à une peine de prison à perpétuité pour crimes contre l'humanité par un tribunal de Phnom Penh. Les deux hommes ont annoncé qu'ils feraient appel.
     

    L'audience de lecture du jugement a duré de longues heures avant l’énoncé d’un verdict attendu, et en présence des deux accusés. La réclusion à perpétuité est la peine maximale prévue, la peine capitale ayant été exclue d'emblée dans les statuts du tribunal.

    Nuon Chea, l'idéologue du régime khmer rouge, caché derrière ses traditionnelles lunettes noires, et Khieu Samphan, ancien chef de l'Etat du Kampuchéa démocratique, niaient tous deux toute responsabilité dans le génocide commis par le régime khmer rouge. Entre 1975 et 1979, près de deux millions de personnes, soit près du quart de la population, ont disparu, victimes de torture, d’exécutions sommaires, morts de faim ou d’épuisement.

    Les deux hommes, tous deux octogénaires, ont été arrêté en 2007. Ils sont jugés pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Leur procès s'est ouvert symboliquement en juin 2011 devant un tribunal cambodgien parrainé par les Nations unies. Quatre responsables du régime khmer ont comparu dans un premier temps mais il ne restait plus ce jeudi sur le banc des accusés que les deux hommes. Ieng Thirith, ministre des Affaires sociales, seule femme à comparaître, a été libérée en 2012 pour démence. Son mari, Ieng Sary, ancien ministre des Affaires étrangères, est, lui, décédé l'an dernier.

    Une procédure découpée

    En raison du grand âge des inculpés et de la lourdeur des charges, la procédure a été découpée pour permettre l'obtention d'un verdict avant leur disparition. Ce premier jugement concerne, précise notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gée, l’évacuation de Phnom Penh et les déplacements forcés des populations, ordonnés sans préavis, dans un climat de terreur, tout en invoquant des prétextes fallacieux, comme de protéger la population des bombardements américains, mais en fait qui visaient notamment à contrôler la population, à neutraliser les ennemis du régime. Ce procès portait aussi sur l’élimination des membres de l’ancien régime, la République de Lon Nol. Nuon Chea et Khieu Samphan ont été jugés en leur qualité de supérieurs hiérarchiques, sous la responsabilité de l’entreprise criminelle commune.

    La cour a rappelé que la réalisation par tous les moyens possibles d’une révolution socialiste, en faveur d’un grand bond en avant s’était traduite dans sa mise en œuvre par d’innombrables crimes contre l’humanité commis contre la population civile du Cambodge. A noter parmi les réparations retenues pour les parties civiles, l’instauration d’une Journée de la mémoire.

    Les deux condamnés ont fait appel du verdict

    Les avocats de Nuon Chea et Khieu Shampan ont immédiat annoncé leur intention de faire appel au prétexte que le verdict était « injuste » et la peine « trop lourde ».

    Les accusés interjettent appel, c’est leur droit et, dans le cas présent, c’est tout à fait logique. Maintenant, ce que fera la cour d’appel, on ne peut pas le savoir ! Les avocats de la défense trouveront sûrement des arguments qu’ils développeront… En ce qui concerne les parties civiles, nous n’avons pas interjeté appel parce que non seulement sur la condamnation mais aussi sur les réparations, nous avons obtenu tout ce que nous demandions. C’est quand même très positif pour les parties civiles… On nous a donné satisfaction.
    Me Christine Martineau : «C’est quand même très positif pour les parties civiles… On nous a donné satisfaction» Membre de l'organisation Avocats sans frontières 07/08/2014 - par Achim Lippold Écouter

    Pour Maître Christine Martineau, avocate de l'association Avocats sans frontières, que « les accusés interjettent appel, c’est leur droit et, dans le cas présent, c’est tout à fait logique. Maintenant, ce que fera la cour d’appel, on ne peut pas le savoir ! Les avocats de la défense trouveront sûrement des arguments qu’ils développeront … En ce qui concerne les parties civiles, nous n’avons pas interjeté appel parce que non seulement sur la condamnation mais aussi sur les réparations, nous avons obtenu tout ce que nous demandions. C’est quand même très positif pour les parties civiles… On nous a donné satisfaction. »

    Rappelons que, par ailleurs, Nuon Chea et Khieu Samphan sont jugés, depuis la semaine passée, pour une autre accusation de génocide qui concerne uniquement les Vietnamiens et la minorité musulmane des Chams, les mariages forcés et les viols commis dans ce cadre, ainsi que les crimes commis dans plusieurs camps de travail et prisons, dont S-21.

    Un verdict accueilli avec satisfaction par les Cambodgiens

    Les deux anciens dirigeants khmers rouges termineront leurs jours derrière les barreaux, comme le souhaitaient les Cambodgiens. Derrière la satisfaction affichée, les réactions divergent. 07/08/2014 - par Stéphanie Gee Écouter

    Des applaudissements ont été entendus hors de la salle d'audience où des villageois s’étaient massés pour suivre sur grand écran la lecture du jugement. On peut dire que c’est la satisfaction générale dans le public, rapporte notre correspondante. Les Cambodgiens n’auraient de toute façon pas accepté autre chose que la peine maximale. Mais ils sont nombreux ceux qui ne veulent pas que le tribunal s’arrête là, et veulent d’autres procès, d’autres anciens responsables Khmers rouges inculpés, notamment certains membres du gouvernement actuel, disent-ils.

    Tous critiquent la lenteur de la procédure. Et, pour certains survivants du régime, le soulagement sera total quand tous les anciens Khmers rouges seront morts et qu’ils devront alors faire face à leur « karma ».

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