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    Afghanistan: le délicat partage du pouvoir

    media Le nouveau président Ashraf Ghani lors d'un discours à Kaboul, le 22 septembre 2014. REUTERS/Omar Sobhani

    L’annonce, dimanche 21 septembre, d’un gouvernement d’union nationale entre les deux rivaux à la présidentielle a été saluée par les Etats-Unis mais la solidité de la coalition entre Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah suscite quelques réserves de la part des analystes politiques. De leur entente dépend pourtant la stabilité du pays.

    Il aura fallu trois mois de tractations en coulisse et pas moins de deux déplacements du secrétaire d’Etat américain à Kaboul cet été pour parvenir à une sortie de crise. Arrivé largement en tête au premier tour le 5 avril, Abdullah Abdullah avait dénoncé des fraudes massives lors du second tour du 14 juin qui le donnait perdant. Des fraudes également constatées par les observateurs de l’Union européenne présents lors du scrutin. La situation était extrêmement tendue ; les partisans d’Abdullah Abdullah ayant même menacé de mettre en place un gouvernement parallèle si Ashraf Ghani était déclaré vainqueur.

    Face à ce qui ressemblait à un risque d’éclatement du pays, John Kerry a carrément menacé de stopper tout soutien financier des Etats-Unis si les rivaux ne parvenaient pas à se mettre d'accord. Un argument de poids, puisque le budget du pays dépend à 90% de l’aide internationale, notamment américaine. Tout s’est joué dans l’ombre, pendant que l’on recomptait l’ensemble des bulletins de vote – un audit approfondi lui-même parti des négociations.

    Réforme de la constitution

    L’accord, confirmé dimanche, prévoit donc le partage du pouvoir. A la fonction présidentielle, qui revient à Ashraf Ghani, s’ajoute désormais celle de responsable de l’exécutif, confiée au camp adverse et probablement occupé par Abdullah Abdullah lui-même. Ce poste, équivalent de celui de Premier ministre, n’existe pas dans la constitution afghane. L’accord prévoit donc également la convocation de la « Loya Jirga », l’assemblée traditionnelle du pays, dans un délai de deux ans pour entériner cette modification de la structure politique afghane.

    S’il est un succès pour les Américains, cet accord signe l’échec du processus électoral. Les Afghans s’étaient mobilisés massivement pour le scrutin, malgré les menaces des talibans, et les fraudes et la corruption leur ont en quelque sorte volé leur élection présidentielle. Mais il permet au pays d’échapper à l'éclatement et de conserver le soutien financier et militaire de la communauté internationale. Du moins pour l’instant, car la commission électorale n’a toujours pas annoncé les résultats définitifs du décompte des votes et la légitimité du nouveau gouvernement s'en trouvent affaiblie. Le partage du pouvoir entre Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah risque d’être d'autant plus difficile que ces trois mois de crise ont réveillé des rivalités ethniques.

    Ashraf Ghani, Pashtoune, a son bastion dans le sud et l’est du pays. L’ancien ministre des Finances, ancien de la Banque mondiale, supervisait avant la campagne présidentielle le transfert de responsabilités entre les forces de l’Otan et les forces afghanes. Celui qui se décrit comme un esprit libre est réputé pour son tempérament à la fois inflexible et caractériel. Mais il a de très bons rapports avec Washington. Abdullah Abdullah, Pashtoune par son père et Tadjik par sa mère, a le soutien de cette dernière ethnie majoritaire au Nord et de celle des Hazaras. Ancien proche du commandant Massoud, cet ophtalmologue de métier a lui aussi été ministre d’Hamid Karzai, aux Affaires étrangères. Son point fort est qu’il a su établir des relations solides avec de nombreux chefs de tribus, un élément clé dans le pays, tout en gardant de bons rapports avec les Occidentaux.

    Deux individus, deux visions

    Maintenir l’unité malgré le ressentiment des deux anciens candidats, les rivalités dans l'attribution des postes et dans les processus de décision ne sera pas chose facile. Or un éclatement de la coalition pourrait dégénérer en un conflit sur des bases ethniques, comme lors de la guerre civile des années 90, et laisserait bien sûr le champ libre aux talibans.

    Le premier défi du nouvel exécutif sera bien sûr d’assurer la sécurité du pays face à ces derniers. Ashraf Ghani et Abdullah Abdulah sont d’accord sur un point essentiel, la signature du BSA avec Washington. Cet accord qui permettra le maintien de 12 000 soldats américains sur le sol afghan, lorsque les 41 000 hommes de l’Isaf auront quitté le pays à la fin de l’année, assure aussi la continuité de l’aide financière internationale, essentielle au maintien d’une armée, et plus largement à la survie du pays. En revanche, sur la question de la lutte contre les talibans, leur stratégie diffère. Ashraf Ghani est favorable au dialogue - il a sur ce point l’appui des Américains - alors qu’Abdullah Abdullah représente tous ceux qui y sont opposés. C’est la principale ligne de fracture et elle peut être lourde de conséquences.

    Enfin, de la stabilité du couple gouvernemental dépend aussi le développement économique du pays. Après plus de 12 ans d’intervention occidentale, l’Afghanistan reste l’un des pays les plus pauvres du monde, gangréné par la corruption et l’exploitation de l’opium, aux dépens d’une population qui, exceptée à Kaboul, vit dans le plus grand dénuement.

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