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    Asie-Pacifique

    Le Japon, terre empreinte de catastrophes

    media «La Grande vague de Kanagawa», illustration de l'homme face à la nature réalisée au XIXe siècle par le peintre Hokusai. Hokusai

    Samedi 27 septembre, le Japon a été de nouveau frappé par une éruption volcanique. Séismes, volcans, typhons, intempéries... l'archipel est marqué dans sa terre et son peuple touché dans sa chair. Cette situation géographique exceptionnelle n'est pas sans conséquences sur la culture de ses habitants.

    Au Japon, le rapport à la catastrophe, à la violence de la nature, est un moteur humain, artistique et culturel. Illustration parfaite de ce mécanisme, la célèbre estampe La Grande vague de Kanagawa, œuvre majeure du peintre Hokusai, réalisée en 1831. Les hommes y figurent minuscules, face à la colère de la mer.

    Le Japon est marqué par une géographie tout à fait particulière. L’archipel se situe entre quatre plaques tectoniques dont les mouvements permanents donnent lieu à une multitude de tremblements de terre. Chaque année, des milliers de secousses d’intensités variables sont enregistrées. Les plus marquants ont été le séisme de Kanto de 1923 (100 000 morts), celui de Kobe (6 400 morts) et celui de Tohoku (20 000 morts) qui est à l’origine de la catastrophe de Fukushima.

    Cette situation fait également du Japon un territoire volcanique : 108 volcans continuent de représenter un risque comme celui d’Unzen ou celui d’Ontake, dont l’éruption samedi a coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes. Le mont Fuji est lui-même un volcan soumis à une très forte pression. « Les Japonais craignent toujours de vivre le " big one ", un séisme qui réveillerait le mont Fuji. Avec les centrales nucléaires à proximité, c’est tout le pays qui pourrait être détruit », explique Jean-François Sabouret, fin connaisseur du Japon.

    Crainte de l’environnement…

    Les Japonais, qui ont appris à vivre avec la menace constante de séismes, d’éruptions et de tsunamis, sont aujourd’hui la population la mieux apte à répondre à ce type de catastrophes. Surtout, ils vivent dans une crainte réelle de vivre de nouveaux drames de ce type.

    « Toute l’histoire du Japon, c’est une guerre contre la nature, remarque Jean-François Sabouret. Deux séries de typhons par an, les séismes, les volcans, mais aussi beaucoup de chutes de neige dans la région faisant face à la Corée : ce sont les plus fortes au monde. » « La nature, quand elle se met en colère au Japon, les morts se comptent souvent par centaines. Les gens font avec. »

    Une réalité qui se ressent dans la culture. Tout comme pour l’estampe de Hokusai, la littérature et les mangas sont empreints de cette crainte d’une apocalypse imminente. Le célèbre roman d’anticipation La submersion du Japon, écrit par Sakyo Komatsu en 1973, raconte la destruction totale du Japon par un enchaînement de secousses et de tsunamis, sous les yeux impuissants des médias internationaux. On citera également le fameux Godzilla, figure du kaiju eiga, le cinéma des monstres, genre cinématographique qui fut très à la mode dans la seconde moitié du XXe siècle et qui mettait en scène la destruction de grandes villes nippones par des créatures échappées des entrailles de l’océan et de l’histoire.

    … et respect de la nature

    La culture japonaise célèbre l’éternel renouvellement des choses. L’emblème du sakura, le cerisier blanc, illustre parfaitement cette image : chaque année, la floraison donne naissance à de jolies petites fleurs blanches… qui ne durent que quelques jours. Cette temporalité se retrouve dans la poésie classique japonaise, les haïkus. Ces textes très courts doivent faire référence à cet aspect éphémère ainsi qu’au rythme des saisons, sans cesse renouvelés.

    Si la géographie de l’archipel a souvent été source de tracas et de deuil, elle a aussi fait l’objet de miracles. L’un des plus connus de l’histoire du Japon est le « vent divin », le kamikaze, typhon qui aurait fait chavirer la flotte d’envahisseurs mongols de Kubilai Khan au XIIIe siècle.

    Un thème repris dans la culture, avec des films qui, encore aujourd’hui, reprennent cette allégorie. La Princesse Mononoké de Hayao Miyasaki voit ainsi son univers ravagé par les hommes et les dieux renaître de ses cendres sous la forme d’une nature verdoyante. Toute la spiritualité japonaise est marquée par ces phénomènes. Le bouddhisme et le shintoïsme enseignent le respect d’une nature omniprésente dans le quotidien. Une nature qui offre souffrances comme bienfaits, sans que cela puisse être prévisible.

    Jean-François Sabouret décrit une « souffrance énorme » chez les Japonais. Une souffrance avec laquelle il faut composer tant bien que mal. « Ils n’ont pas de pays de rechange », conclut ce spécialiste. Et les Japonais de tenir, coûte que coûte, en s’accrochant à une philosophie de l’instant : vivons intensément le moment présent, pensent beaucoup d’entre eux, répétant inlassablement la même expression. Gaman suru. « Il faut supporter ».

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