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    Regarderez-vous la finale de League of Legends dimanche ?

    media La finale du Championnat du monde de League of Legends promet d'être un spectacle époustouflant, avec 45 000 spectateurs dans un stade de Séoul à guichet fermé et des milliers d'internautes qui vont suivre l'événement à travrs le monde. Riot Games

    De nos jours, une finale de jeux vidéo se déroule dans un stade de football géant. À Séoul, en Corée du Sud, les deux dernières équipes en lice du Championnat du monde de League of Legends, les Coréens de Samsung White et les Chinois de Star Horn Royal Club vont s’affronter dimanche 19 octobre devant 45 000 spectateurs… et des millions de fans connectés à travers le monde. À la clef : plus de deux millions de dollars.

    Regarderez-vous la finale dimanche ? Comment ça, quelle finale ? Celle de League of Legends ! Vous ne connaissez pas ? Il serait temps d’y remédier ! Car il s’agit de l’un des titres de jeu vidéo autour duquel le phénomène E-sport s’est le plus développé. Après une saison de neuf mois de compétitions, les deux dernières équipes en lice vont s’affronter en Corée du Sud… dans le stade de Séoul utilisé pour la Coupe du monde de football. Un spectacle époustouflant, 45 000 spectateurs à guichet fermé, des millions d'internautes attendus pour suivre les matchs sur le web… et 2,13 millions de dollars à se partager pour les champions. 

    Vous l’avez compris, tout cela ne relève plus du simple hobby. Dans League of Legends, LoL pour les intimes, deux équipes de cinq joueurs s’affrontent dans un jeu d’action tactique. Chacun incarne un personnage avec des compétences spécifiques. Le groupe veille à se coordonner pour repousser les forces de l’adversaire jusqu’à détruire sa base. Riot, le producteur de ce jeu, revendique 67 millions de joueurs dans le monde, dont 27 millions qui jouent tous les jours.

    De l’amateurisme au professionnalisme

    Il y a quatre ans, le premier Championnat du monde de LoL réunissait quelques milliers de fans, dans un événement encore marqué par l’amateurisme, malgré un premier prix de 50 000 dollars déjà conséquent. L’année passée, le dernier round se déroulait à Los Angeles… dans le stade des Lakers, la célèbre équipe de NBA. Le stade de football semblait donc l’étape logique pour continuer la progression.

    Les sponsors sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à la chose. Des marques liées à cet univers, comme Samsung, mais aussi d’autres que l’on trouve habituellement dans les compétitions sportives, comme Nike ou Coca-Cola. Cette dernière finance par exemple en France la retransmission de la fameuse finale dans des cinémas où quelques centaines de fans vont pouvoir se retrouver.

    « Nous sommes passés d’un E-sport animé par des étudiants qui faisaient de la compétition en marge de leurs études, sans pouvoir en vivre, à quelque chose qui se professionnalise et dans lequel on peut désormais faire carrière », explique Rémy « Llewellys » Chanson, directeur des équipes françaises de Millenium. Dimanche, il s’attend à voir venir un public passionné, réparti sur plusieurs générations. Désormais, les joueurs ont entre 15 et 40 ans. Une communauté qui tend également à se féminiser progressivement alors que les jeunes femmes prennent de plus en plus le clavier.

    Rémy Chanson note également, depuis plusieurs années, un véritable changement dans les mentalités. « À une époque, Mireille Dumas faisait des émissions avec des psys pour expliquer que les jeux vidéo rendaient fous. Aujourd’hui, les journalistes s’interrogent sur la notion de carrière et sur les réalités sociales d’un secteur en croissance. »

    David « Exthase » Desnoyelles, joueur amateur parisien qui suivra comme des millions d’autres la retransmission de la finale, confirme ce progrès : « Le reportage de TF1 avec Kévin, 16 ans, drogué aux jeux vidéo, on ne le voit plus. Aujourd’hui, c’est présenté comme un secteur d’avenir. » Même si parfois, ce dernier constat continue d’étonner comme ce fût le cas avec les railleries de l’équipe du Grand Journal de Canal +, qui moquait il y a quelques semaines les pratiques de la communauté vidéoludique, déclenchant une levée de boucliers chez les joueurs. Comment peuvent-ils passer des heures à regarder d’autres gens jouer, déplorait alors un Antoine de Caunes atterré par ce monde en perdition ? « C’est comme quelqu’un qui aime le foot et qui regarde du foot, rétorque simplement David Desnoyelles. Moi, je préfère les jeux vidéo »

    Génération pionnière

    Les jeunes gens qui composent les encore plus jeunes équipes professionnelles restent une petite minorité. Dans ce milieu, chacun cherche encore son rôle : sponsors, managers, producteurs, joueurs. « Notre carrière a évolué en même temps que le jeu, explique Paul « sOAZ » Boyer, joueur des Fnatics. Plus il y a de public, plus il y a de sponsors, et plus nous nous professionnalisons. »

    En Europe, le championnat se concentre en Allemagne, pour permettre aux matchs d’être réalisés en public. Les huit équipes (dix l’année prochaine) professionnelles qui l’animent ont un rythme de sportifs de haut niveau et ont, pour la plupart, déménagé sur place. Six heures d’entraînement par jour et des rencontres avec d’autres équipes chaque week-end. « Moins de distractions, plus de concentration, explique Bora « Yellowstar » Kim, lui aussi membre des Fnatics. À long terme c’est épuisant. »
     

    Les deux jeunes hommes insistent sur l’importance du public. « L’année dernière, se souvient Bora Kim, nous sommes arrivés en demi-finale. Nous avons joué dans un stade de 8 000 personnes. Plus des millions en ligne. C’est magnifique ». « Comme dans un match de foot, lorsque la foule crie votre nom, ça booste », confirme son coéquipier Paul Boyer. Les passionnés qui scrutent les matchs sont particulièrement attentifs. Ils cherchent les détails, les techniques, qu’ils pourront par la suite reproduire dans leurs propres parties. « Le public décide de tout, assure Paul Boyer. Des joueurs qui n’étaient pas appréciés par les spectateurs ont vu leurs carrières stoppées nettes. »

    Des carrières qui restent malgré tout courtes et fragiles. Pour un joueur européen, compter des revenus s’étalant entre un gros SMIC et quelques milliers d’euros par mois. Les E-sportifs, nourris et logés, sont payés par leurs équipes, mais aussi par Riot, qui veut encourager la pratique professionnelle. D’autres s’enrichissent également grâce à des abonnements à leurs chaînes de vidéo en ligne, sur lesquelles ils organisent parfois de véritables shows. Des cas qui restent rarissimes, mais qui permettent à quelques anciens professionnels à l’aise avec l’exercice de dépasser la dizaine de milliers d’euros mensuels. Dans l’ensemble, ces jeunes pionniers du E-sport savent qu’ils ont la chance de profiter d’une opportunité, souvent très brève. Paul Boyer remarque qu’être « pro pendant cinq ans, c’est déjà bien ». Il y trouve une « expérience bonne à prendre ». Même chose pour Bora Kim qui assure vouloir continuer l’aventure encore un moment, avant de « reprendre des études pour envisager un métier plus stable ».
     


     
    ♦ Note : Pour suivre la finale, dimanche matin, vous pouvez vous connecter sur le site de Millenium à partir de 8h15 (heure de Paris).

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