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    Asie-Pacifique

    Vol AirAsia: l’avion pourrait avoir atterri sur l'eau avant de couler

    media L'armée de l'air indonésienne à la recherche de débris du vol Air Asia QZ 8501, le 1er janvier 2015. REUTERS//Dewi Nurcahyani

    L’avion d’AirAsia, qui gît au fond de la mer de Java en Indonésie, aurait-il réussi un atterrissage d'urgence sur la mer avant de sombrer, submergé par de hautes vagues ? C’est ce que pensent certains experts.

    L'Airbus d’AirAsia, qui a décollé dimanche 28 décembre de la ville indonésienne de Surabaya avec 162 personnes à bord, a disparu peu de temps après des écrans radars en survolant la mer de Java lors d'un orage. Choses inhabituelles, aucun appel au secours n’a été passé par les pilotes, il n’y a pas non plus eu de transmission des signaux normalement émis quand un avion disparaît ou qu'il gît au fond de l'eau.

    Ces informations font dire à certains experts que le commandant de bord, Iriyanto, un ancien pilote de l'armée de l'air expérimenté, a effectué une tentative d'atterrissage d'urgence avec un impact non destructeur. « Le transmetteur de localisation d'urgence devrait fonctionner lors d'un d'impact, que ce soit sur terre, en mer ou sur un versant de montagne, et mon analyse est que cela n'a pas fonctionné car il n'y a pas eu d'impact majeur lors de l'atterrissage », a déclaré à l'AFP Dudi Sudibyo, rédacteur en chef du magazine d'aviation Angkasa. Selon lui, « le pilote a réussi à atterrir sur la surface de l'eau ».

    Une tentative pour éviter d'importants orages

    L'avion d'AirAsia volait à une altitude de 9 800 mètres quand le pilote a demandé au contrôle aérien de dévier du plan de vol pour éviter des orages. Bien que la permission lui ait été accordée, il n'a pas été immédiatement autorisé à prendre de l'altitude en raison d'un important trafic aérien. L'Airbus a disparu des écrans radars peu après.

    Selon Gérard Feldzer, spécialiste en aéronautique interrogé par RFI, « l'avion est soit monté volontairement en déviant de sa trajectoire, ce que tout pilote ferait parce que ce qui prime d'abord c'est de s'écarter de ces zones dangereuses, soit il est rentré dans le cumulonimbus et il s'est fait aspiré tout seul. Normalement, un cumulonimbus est détectable au radar mais un nuage peut en cacher un autre. Quand vous avez une succession d'orages, vous la contournez, mais en la contournant, vous pouvez tomber sur d'autres, encore plus gros, et il est alors trop tard pour faire demi-tour. » Pour autant, tous les avions qui sont rentrés dans des cumulonimbus ne connaissent pas une fin tragique. « Cela m'est arrivé plusieurs fois. Ca turbule très fort, mais on arrive à s'en sortir. On dévie le cap tout de suite, on ralentit sa vitesse et on s'en sort. Là apparemment, c'était un phénomène d'une violence inouïe. »

    Certains analystes ont aussi suggéré que l'avion avait décroché car il volait trop lentement ou qu'il a pris de l'altitude trop brusquement. Mais l'absence de signal de détresse du cockpit reste alors inexpliquée.

    L'avion n'aurait pas explosé en vol

    Les équipes de recherche ont opéré plus de 48 heures en mer de Java avant que le premier débris ne soit repéré au large de l'île de Bornéo, à la suite d'une information d'un pêcheur affirmant avoir vu un avion volant à faible altitude et entendu un énorme bruit.

    « Les conclusions auxquelles je suis arrivé jusqu'ici est que l'avion n'a pas explosé en vol et n'a pas été victime d'un impact en touchant une surface, car dans ce cas-là, les corps ne seraient pas intacts », a expliqué à l'AFP un ancien commandant de bord, Chappy Hakim. Le fuselage devrait également être en grande partie intact pour qu'une « ombre » au fond de la mer ressemblant à un avion soit repérée par une équipe participant aux opérations de recherches.

    Pas de certitudes avant d'avoir retrouvé les boîtes noires de l'appareil

    En outre, des objets ressemblant à une porte de secours et un toboggan gonflable pour les évacuations d'urgence figurent parmi les premiers débris repérés dans la zone de recherche, suggérant que les premiers passagers pourraient avoir entamé le processus d'évacuation après l'atterrissage de l'avion sur l'eau.

    L'ancien ministre des Transports indonésien, Jusman Syafii Djamal, est convaincu que la découverte de la porte de secours signifie que « quelqu'un l'avait ouverte ». Selon lui, des passagers pourraient avoir attendu un membre d'équipage gonflant un canot de sauvetage avant d'être touché par une haute vague qui a fait sombrer l'avion. « De hautes vagues ont peut-être heurté l'avion, le nez de l'appareil, et coulé l'avion », a-t-il ajouté.

    Les causes du crash ne pourront être établies avec certitude avant que les boîtes noires ne soient retrouvées. Elles devraient permettre de comprendre entre autres pourquoi la balise de localisation sous-marine n'a pas fonctionné. Si l'épave de l'avion est retrouvée, l'enregistreur de voix du cockpit devrait détailler les conversations des pilotes dans l'ensemble du vol de courte durée, et révéler leurs derniers moments.

    Une importante tache sombre détectée dans la mer

    Mais de fortes pluies sont tombées ces dernières heures sur la zone de recherche, dans le détroit de Karimata, accompagnées de vent soufflant à 40 km/h, empêchant les plongeurs d'atteindre le lieu présumé de l'épave de l'avion.  La mer est très agitée, avec des creux de cinq mètres. Un responsable de la sécurité aérienne a estimé qu'il faudrait sans doute une semaine pour retrouver les boîtes noires.

    Les recherches ont été effectuées sur une zone de 13 500 kilomètres carrés à l'aide de 19 navires, quatre hélicoptères et cinq avions, a précisé le chef des services indonésiens de recherche et de sauvetage, Fransiskus Bambang Soelistyo. Les équipes de plongeurs se tiennent prêtes à descendre jusqu'à une importante tache sombre détectée dans la mer, qui pourrait bien être, selon les secouristes, la carlingue de l'Airbus A320-200. Mais il reste à confirmer cette hypothèse, éventuellement par sonar ou d'une autre manière, a déclaré Fransiskus Bambang Soelistyo.

    Le corps d'un passager tué lors de la catastrophe -huit corps ont été retrouvés- a été transporté à l'aéroport de Surabaya en Indonésie le 1er janvier 2015. REUTERS/Athit Perawongmetha

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