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    Asie-Pacifique

    Corée du Sud: les très bonnes affaires des cours en ligne

    media An internet user displays a blog entry on the Quan Lam Bao website at a cafe in Hanoi October 9, 2012. Reuters/Stringer

    Les Sud-coréens étaient les premiers consommateurs de cours du soir, les voilà drogués aux cours en ligne. Le business des « Hwagon » représente 20 milliards de dollars. Depuis le début des années 2000, la formule est déclinée sur internet. Et le phénomène est en passe d’exploser.

    Le rituel est aussi rodé que la lecture d’une histoire avant de s’endormir. 21h30. Le téléphone sonne juste après le brossage des dents, c’est le professeur d’anglais au téléphone ! Ces coups de fil du soir, ces cinq minutes quotidiennes d’anglais par téléphone, de nombreux collégiens les ont connues dans les années 1990. Mais aujourd’hui, c’est sur Internet que cela se passe. Et les célèbres « Hwagon », les cours du soir que fréquentent tous les petits Coréens depuis la maternelle sont aujourd’hui disponibles en ligne.

    Les mathématiques en chantant

    L'un des plus célèbres de ces enseignants stars sur la toile s’appelle Cha Kil-yong. C’est un professeur de maths de haut niveau Monsieur Cha. Il dit « être tombé éperdument amoureux des mathématiques ». Il a aussi mis les théorèmes à contribution pour en tirer des revenus très conséquents. Un professeur qui n’hésite pas à se grimer en Batman pour faire entrer les équations du second degré dans la tête de ses élèves. Les studios de sa société SevenEdu où sont filmés les cours sont une véritable caverne d’Ali Baba du déguisement. « Professeur, ce n’est pas simplement enseigner une matière, c’est aussi être un artiste polyvalent » a-t-il confié au Washington Post.

    L’enseignement, ça conserve, dit-on, et il est difficile de donner un âge à Cha Kil-yong. Un petit nez pointu, des pommettes un rien trop saillantes... Comme la plupart des stars en Corée du Sud, le professeur Cha est probablement passé lui aussi par les cliniques de chirurgies esthétiques. Et comme de nombreuses stars en Corée, il pousse la chansonnette...

    Le professeur Cha chante ici avec la très jolie Clara, actrice vedette de son état. Dans le clip, tous les deux portent des panneaux destinés à encourager les lycéens. « Sunung dae bak », une « grande chance » pour celles et ceux qui passent le bac

    1 + 1 = 8 millions

    Combien gagne le professeur Cha avec ses cours en ligne ? A raison de 39 dollars pour 20 heures de cours, sachant que sa société SevenEdu compte plus de 300 000 étudiants inscrits, M. Cha a affirmé au Washington Post avoir gagné 8 millions de dollars l'année dernière. Sa célébrité lui vaut aussi quelques extras : Le professeur participe notamment à des publicités vantant le mérite du ginseng rouge qui améliore parait-il la puissance du cerveau pendant les examens. Des gains qui ne sont pas surprenants dans un pays marqué par une longue tradition confucianiste.

    Le culte du professeur et l’obsession d’une éducation qui ouvrira les portes du succès est partagé dans de nombreuses familles. La plupart des foyers coréens consacrent au moins un tiers des revenus à financer les cours du soir pour les enfants. Avec des parents d’élèves parmi les plus collants du monde et des mères coréennes qui ressemblent à des mères juives. Longtemps appelées les « Baram de Chima », littéralement les « jupes tournoyantes » ces dernières n’hésitent pas à faire le pied de grue devant la salle des professeurs pour obtenir les meilleures places dans les cours du soir.

    « Papa oie »

    Ces cours sur Internet ne sont pas accessibles à tous les revenus, mais ils demeurent moins chers que les cours traditionnels. C'est là, l'un des points positifs de cette envolée des cours sur internet. Car la bataille de l’éducation demande de l’argent. Certaines familles coréennes qui ont les moyens n’hésitent pas à émigrer aux États-Unis, en Australie, en Angleterre ou encore au Canada, afin de bénéficier d'une meilleure éducation pour leur progéniture.

    La mère suit généralement les enfants à l’étranger, tandis que les pères rebaptisés « kirogi Apa » (« papa oie ») sont contraints de rester au pays pour faire vivre le foyer et de faire des allers-retours saisonniers entre la Corée et le pays où leurs filles et leurs fils sont scolarisés. La bataille de l’éducation demande aussi des réseaux et l’internet permet de s’en extraire. C’est aussi l’une des clés de ces cours en ligne qui d’une certaine manière démocratise un peu l’accès aux meilleurs enseignements.

    Avant internet, les habitants de province pouvaient difficilement imaginer notamment envoyer leurs enfants dans les cours du soir de Gangnam, le quartier des riches à Séoul et du succès interplanétaire Gangnam Style. Le professeur Cha habite Gangnam justement et ses cours sont accessibles en ligne.

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