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    Asie-Pacifique

    Japon: quatrième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima

    media A central nuclear de Fukushima passa por controles constantes desde os vazamentos registrados após o tsunami em março de 2011. EUTERS/Tomohiro Ohsumi

    Le 11 mars 2011, un séisme déclenchait un tsunami, provoquant un accident industriel majeur à la centrale nucléaire de Fukushima-Daïchi, sur la côte Pacifique du Japon. Cet accident nucléaire a été classé au niveau 7, le plus haut degré de l’échelle internationale des événements nucléaires, causant la mort de 20 000 personnes. En souvenir des victimes, à l'heure précise de 14h46 heure locale, les sirènes devaient retentir ce mercredi 11 mars à travers tout le pays et les Japonais étaient appelés à respecter une minute de silence.

    Avec notre envoyé spécial à FukushimaFrédéric Charles

    230 000 personnes vivent toujours dans des habitations provisoires. Leurs vies restent brisées par les deuils. Et certains de ces sinistrés du tsunami cèdent au désespoir. Plus de 1 500 d'entre eux se sont donnés la mort ces quatre dernières années. Le long des 800 kilomètres des côtes du Tohoku, on trouve encore des traces de destruction : des bâtiments éventrés ou squelettiques, des villages entièrement disparus. La reconstruction tarde, il y a une pénurie d'ouvriers dans un Japon qui vieillit et refuse de s'ouvrir à l'immigration. Les jeunes sont partis faute d'emplois, les prises des pêcheurs ne dépassent pas le tiers de ce qu'elles étaient avant le tsunami.

    Et il y a toujours des blessures tenaces dans les zones interdites des 20 kilomètres autour de la centrale de Fukushima. Le gouvernement voudrait y faire revenir ses habitants, du moins là où la radioactivité est devenue tolérable. Toshio Saito, un ancien employé, ne retourne dans sa maison que deux fois par mois. Son dosimètre ne cesse de sonner. La radioactivité y reste élevée malgré d’importants travaux de décontamination. A chacune de ses visites, Toshio Saito ne passe que deux à trois heures dans sa maison située à 15 km de la centrale : « Le césium 134 et 137 a effacé nos vies », dit-il. Son fils ne reviendra plus. Et Toshi Saito serait prêt à revenir avec ses voisins, mais sans eux ça serait impossible, ça reviendrait à vivre dans une ville fantôme.

    « Le gouvernement nous incite à retourner dans nos villages d’ici un an. Mais ce n’est pas possible. L’objectif de ramener la radioactivité a 1 millisievert par an ne peut pas être atteint », explique un habitant du village de Iitate, fortement contaminé par les rejets radioactifs. Ce village est divisé en trois zones en fonction de l’exposition à la radioactivité : verte, jaune ou rouge. Selon qu’on vivait dans l’une ou l’autre de ces zones, le montant des compensations versées par Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, varie du simple au double. Il y a une inégalité dans le malheur qui crée des rancœurs et des jalousies chez les évacués de Fukushima.

    Un territoire de la taille du Luxembourg a donc été contaminé par l’accident de Fukushima. Deux communes, Futaba et Okuma, les plus proches de la centrale ont accepte de servir de poubelle nucléaire. Plus de 600 000 maisons et bâtiments doivent être nettoyés, ainsi que 120 000 hectares de terres agricoles. Seul le tiers du nettoyage a été réalisé jusqu'ici. Le Japon est décidé à reconquérir son environnement autour de Fukushima et à réduire l’exposition radioactive pour les populations vivant autour de la centrale. Mais la décontamination y est particulièrement laborieuse.


    Le gouvernement japonais souhaite relancer les centrales nucléaires

    Le séisme a entraîné l’arrêt des réacteurs en service et la chute de l’alimentation électrique, le tsunami a ensuite noyé les infrastructures, puis plusieurs défaillances humaines ont conjointement mené à la catastrophe. La coupure des circuits de refroidissement de secours a provoqué la fusion partielle des cœurs de trois réacteurs, puis des rejets radioactifs très importants. Plusieurs dizaines de travailleurs de la centrale ont été irradiés.

    Les populations ont été évacuées dans un rayon de 30km, abandonnant leurs biens, le bétail, qui sera abattu dans les jours suivants. Aujourd’hui, les zones dites « rouges », autour de la centrale, où la contamination reste élevée, sont contrôlées, mais les autorités japonaises ont annoncé qu’au cours des 2 prochaines années, 30 000 personnes pourraient retourner chez elles.

    Contamination

    Sur l’environnement, les conséquences restent importantes. Les sols et sous-sols, les plantes ont été contaminés par des particules transportées par le vent et la pluie. De l’eau irradiée s’échappe toujours des réacteurs vers l’océan et des traces de radioactivité ont été découvertes jusque sur la côte pacifique des Etats-Unis, et ce problème est loin d’être résolu.

    Malgré tout, le Premier ministre japonais Shinzo Abe, souhaite relancer les centrales nucléaires japonaises à l’arrêt depuis 2011.

     → À RELIRE : Risque de cancer en hausse pour les habitants de Fukushima au Japon

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