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    Asie-Pacifique

    Le cerveau présumé des attentats de Bombay libéré, l'Inde en colère

    media Assaut final des commandos indiens à l'hôtel Taj Mahal de Bombay en 2008. (Photo : Reuters)

    Le Pakistan a libéré sous caution le cerveau présumé des attentats de Bombay. Cette attaque avait fait 166 morts en 2008. Zaki ur-Rehman Lakhvi, 55 ans, se trouve, depuis, dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité. La décision de le libérer est «une insulte aux victimes», a aussitôt réagi le ministère indien de l'Intérieur. 

    Zaki ur-Rehman Lakhvi, cerveau présumé des attaques de Bombay en 2008, est libre. C'est la Haute Cour de Lahore qui l'a décidé contre le versement de deux cautions d’un millions de roupies chacune, soit près de 19 000 euros. Il a quitté la prison d'Adiala, à proximité d'Islamabad, et se trouve dans un lieu tenu secret afin de garantir sa sécurité. C'est ce qu'a annoncé un haut responsable de l'organisation Jamaat-ud-Dawa, une organisation islamiste pakistanaise très influente.

    L’Inde a immédiatement réagi en faisant savoir qu'elle considérait cette annonce comme « très décevante ». « C’est une insulte à l’égard des victimes », a fustigé un porte-parole du ministère de l'Intérieur qui appelle la communauté internationale à « sérieusement prendre note du double langage du Pakistan sur le terrorisme ». A travers des canaux diplomatiques, l’Inde a fait savoir à son voisin que cette décision de la justice pèserait lourd sur les relations bilatérales. 

    La libération sous caution de Zakiur Rehman Lakhvi a été ordonnée à plusieurs reprises ces derniers mois, déclenchant à chaque fois une tempête de communiqué indiens. Zaki ur-Rehman Lakhvi était emprisonné depuis 2009. Il avait été arrêté le 7 décembre 2008 dans un centre d’entraînement du Lashkar-e-Taiba au Cachemire. New Delhi a toujours été convaincu de sa culpabilité. Selon l'Inde, Zaki ur-Rehman Lakhvi aurait agi pour le compte de Lashkar-e-Taïba, la branche armée de l'organisation caritative Jamaat-ud-Dawa, toujours active au Pakistan et proche des services de renseignements pakistanais. En 2009, le ministre pakistanais de l’intérieur a reconnu que les attaques avaient été préparées sur son sol, sans que jamais, il ne soit question de remettre le cerveau des attentats de Bombay à la justice indienne.

    Le Pakistan rejette les critiques

    En 2008, plusieurs sites de Bombay, dont un hôtel de luxe ont été la cible d'un raid sanglant qui a coûté la vie à 166 personnes et blessé 300 personnes. Cet assaut avait duré une soixantaine d'heures. En décembre 2014, Narendra Modi, le Premier ministre indien avait déjà déploré l'ordre de libération de Lakhvi et l'avait considéré comme « un choc pour tous ceux qui croient en l'humanité ».

    D’autres pays ont également condamné le fait que le cerveau présumé des attentats de Bombay se trouve à présent en liberté sous caution. C’est le cas des Etats-Unis et de la France. Le président François Hollande qui recevait vendredi soir le Premier ministre indien Narendra Modi à Paris s’est dit « indigné », sans toutefois nommer directement le Pakistan. Narendra Modi n’a pas voulu faire de commentaire.

    Le Pakistan de son côté rejette ces critiques et accuse son voisin : l’Inde ne veut pas élargir la coopération judiciaire dans cette affaire. Cela affaiblit le dossier et complique le travail du procureur, a déclaré le gouvernement pakistanais.

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