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    Asie-Pacifique

    Pakistan: condamnée à mort, la chrétienne Asia Bibi obtient un sursis

    media Manifestation de soutien à Paris, le 29 octobre 2014, pour la libération d'Asia Bibi, condamnée à mort au Pakistan pour blasphème. AFP/Martin Bureau

    La Cour suprême du Pakistan a accepté ce mercredi d'examiner l'appel d'Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour blasphème. Cette mère de cinq enfants a été condamnée à la peine capitale en 2010 pour avoir insulté le prophète Mahomet. Des allégations qu'elle a toujours niées. 

    L'affaire remonte à 2009. Asia Bibi travaille dans les champs avec des femmes musulmanes. Ces dernières refusent de boire de l'eau dans un verre utilisé par une non-musulmane. Une dispute éclate. Les femmes dénoncent la chrétienne auprès d'un responsable religieux et l'accuse d'avoir tenu des propos blasphématoires envers le prophète Mahomet.

    Asia Bibi est arrêtée, condamnée à mort par pendaison en 2010. Le jugement est confirmé en octobre dernier par la Haute Cour de Lahore. Au fil des années, cette mère de cinq enfants, la première femme condamnée à mort au Pakistan, obtient le soutien de nombreux dirigeants occidentaux, dont le pape François ou encore la maire de Paris, Anne Hidalgo. Car Asia Bibi incarne un symbole, celui des minorités, notamment chrétiennes, persécutées au Pakistan.

    La loi controversée sur le blasphème est défendue bec et ongle par les islamistes. Mais les défenseurs des droits de l'homme y voient un instrument pour régler des conflits personnels ou fonciers. Des abus régulièrement confirmés sur le terrain. « C’est une espèce de mise au pilori qui fait qu’on peut se débarrasser d’un rival, d’un ennemi, à travers ces accusations de blasphème ou de profanation du Coran », indique Régis Anouil, spécialiste de l'Asie, rédacteur en chef de l'agence d'information des Missions étrangères de Paris.

    Et ceux qui en sont la cible ont souvent beaucoup de mal à se défendre en justice, face à des juges qui craignent eux-mêmes la vengeance des terroristes islamistes s'ils prononcent une relaxe. « Face à une accusation de blasphème, bien souvent, c’est la rue qui se fait justice elle-même, déplore Régis Anouil. Il y a encore quelques semaines, un adolescent chrétien a été brûlé vif à la suite d’une accusation fantaisiste de blasphème ».

    Conscient de ces dérives, le gouvernement cherche à encadrer la loi. En mai dernier, il a déposé devant le Parlement un texte dans ce but. L'attentat contre une école à Peshawar en décembre 2014 a été un révélateur, estime encore Régis Anouil. Pour le spécialiste de l'Asie, le projet d'encadrement de la loi est timide mais positif : « Il faudra voir si elle peut aller à son terme, puisque ces dernières années, il y a eu différentes initiatives également qui tendait vers une restauration de l’Etat de droit au Pakistan et qui n’ont pas abouti. Il y a donc une prise de conscience au sein des élites de la nécessité de revenir vers un Etat de droit, mais une difficulté concrète d’y arriver. » Car le poids des fondamentalistes reste fort. Il pèsera aussi sur la décision de la Cour suprême pour Asia Bibi.

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