GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 15 Octobre
Lundi 16 Octobre
Mardi 17 Octobre
Mercredi 18 Octobre
Aujourd'hui
Vendredi 20 Octobre
Samedi 21 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Asie-Pacifique

    Hiroshima: 70 ans après, le Japon toujours hanté par le feu nucléaire

    media Rassemblement au Mémorial de la Paix d’Hiroshima, devant la flamme du souvenir qui sera éteinte le jour où il n'y aura plus d'armes nucléaires dans le monde, le 5 août 2015. AFP PHOTO / KAZUHIRO NOGI

    «Little Boy», petit garçon, ainsi les Américains avaient-ils appelé la bombe qu’ils ont larguée le 6 août 1945 au-dessus du Japon déclenchant l’apocalypse à Hiroshima, et trois jours plus tard, à Nagasaki. Soixante-dix ans après, à 8h15 précises, heure où la première bombe atomique au monde a explosé, les cloches ont sonné au Mémorial de la Paix d’Hiroshima pour les cérémonies de commémoration.

    Quand la bombe atomique larguée par le bombardier B-29 Enola Gay volant à haute altitude explose à 600 mètres du sol au-dessus d’Hiroshima, ses 300 000 habitants sont percutés par l’équivalent de 16 kilotonnes de TNT. La boule de feu déclenchée par la bombe nucléaire Little Boy dégage 1 million de degrés Celsius. Au sol, la température atteint les 4 000 degrés, de quoi faire fondre l’acier.

    Mal effroyable

    Pour ce qui est des hommes, femmes et enfants, 75 000 périrent au moment même de l’impact et 50 000 autres sont morts dans les mois qui ont suivi. Soixante- dix ans après ce jour d’apocalypse, les survivants sont toujours hantés par ces corps carbonisés, vitrifiés, ces visages boursouflés, ces lambeaux de peau qui se détachaient des membres… Et puis cette douleur indicible dont les ondes frappent encore ceux qui ont vécu cette terreur.

    L’irradiation très élevée allait emporter ensuite nombre de survivants. Le peu de médecins et d’infirmières qui avaient échappé à l’enfer allait constater rapidement les ravages que provoquaient les radiations sur l’organisme. Une nouvelle maladie qui fait tomber les cheveux, les dents, saigner les gencives, éclater les vaisseaux. Les infections se succèdent, ne guérissent pas, des désordres sanguins surviennent qui souvent conduisent à la mort. Les hommes deviennent stériles, les femmes enceintes avortent ou donnent naissance à des bébés difformes…

    La couleur de la lumière était celle du magnésium, une couleur d'argent avec du rouge.
    Sanao Tsu Bo I, survivant d'Hiroshima Cet 'Hibakusha' ('irradié' en français) habitait à 1 kilomètre de l'épicentre. 06/08/2015 - par Valérie Rohart Écouter

    L’effroi est tel devant ces atteintes inconnues jusque-là, que plusieurs survivants se verront mis en quarantaine, de peur que le mal mystérieux ne soit contagieux. Ces hibakusha comme on appelle en japonais les survivants irradiés de la bombe atomique, ont pu encore des années après 1945, avoir des difficultés à se marier ou à trouver un emploi. On estime à près de 200 000 le nombre d’hibakusha toujours vivants. 

    De Hiroshima à Fukushima
     
    A Nagasaki, frappée à son tour le 9 août 1945 par une bombe au plutonium encore plus puissante que celle d’Hiroshima, ce sont 74 000 personnes qui sont tuées. Pour les deux frappes nucléaires américaines des 6 et 9 août 1945 au Japon, le chiffre de 250 000 morts est généralement retenu.  Ces deux bombes  nucléaires, les premières de l’Histoire et les dernières à être utilisées lors d’un conflit, portent un coup fatal à l’« Empire du soleil levant », déjà à bout de souffle. Le 15 août, l’empereur Hirohito annonce la reddition du Japon aux Alliés mettant ainsi fin à la Seconde Guerre mondiale.
     

    Les cicatrices laissées dans l’histoire japonaise par ces attaques nucléaires sont encore à vif. Les opposants japonais au nucléaire ont vu leur énergie encore décupler après la catastrophe de Fukushima, le 11 mars 2011. Leur détermination contre l’utilisation de l’atome va s’exprimer encore une fois lors des cérémonies de commémoration du 6 août 2015 au Mémorial de la Paix d’Hiroshima.
     
    Leur combat est loin d’être fini. Persuadés que les « humains sont incapables de contrôler l’énergie nucléaire », ces militants antinucléaires s’opposent à la relance des quelque 50 centrales nucléaires stoppées au lendemain de la catastrophe de 2011. Une supplique que refuse d’entendre le Premier ministre Shinzo Abe. Il a en effet choisi la date du 10 août prochain pour remettre en marche la centrale de Sendai. La cloche d’Hiroshima a beau rappeler aux vivants tous ces morts, certains n’entendent pas.
     

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.