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    Asie-Pacifique

    De Hiroshima à Fukushima, la relation ambigüe à l'atome

    media Yoshiteru Kohata, 86 ans, rescapé de Nagasaki, était retourné vivre dans sa préfecture d'origine, Fukushima, après la guerre. Le 31 juillet 2015, il s'est fait photographier à Soma, son lieu de naissance, où les cris d'enfants sont plus rares depuis 2011. REUTERS/Toru Hanai

    Il y a 70 ans jour pour jour, la ville japonaise d’Hiroshima était rayée de la carte par l’arme la plus puissante jamais inventée, à savoir la bombe nucléaire. Développée aux Etats-Unis, cette dernière allait être réutilisée une seconde fois trois jours plus tard, à Nagasaki. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont perdu la vie à cause de ces expérimentations militaires, qui ont mis fin à la Deuxième Guerre mondiale et ont profondément transformé la société nippone. Mais cette dernière n'en avait pas fini avec les dangers de l'atome, puisqu'elle sera de nouveau frappée de plein fouet en 2011, à Fukushima.

    L'utilisation de la bombe A, larguée par un avion américain le 6 août 1945 à Hiroshima, a instantanément fait passer le Japon du statut d’agresseur à celui de victime. Après la guerre, les crimes commis depuis les années 1930 par son armée impériale en Corée et en Chine ne feront l’objet d'aucun travail mémoriel, comme ce fut au contraire le cas en Allemagne après le choc du procès de Nuremberg. Le nationalisme japonais, lui, a survécu à la Deuxième Guerre mondiale, au point d'alimenter, encore aujourd'hui, des tensions dans la région.

    Pour autant, le Japon est également attaché au pacifisme, né du traumatisme causé par la bombe. Et les Japonais regardent aujourd’hui avec méfiance les tentatives de leur Premier ministre de modifier l’interprétation de leur Constitution, elle-même imprégnée de ce pacifisme. Mais cela n'a pas empêché le pays de se doter, dès 1954, de dizaines de centrales nucléaires civiles. La raison est simple : dès 1945, l’explosion de la bombe nucléaire sur deux villes japonaises a été perçue dans les cercles du pouvoir comme la preuve d’un retard technologique honteux face aux Etats-Unis, dont la science avait permis la victoire.

    Les victimes d'Hiroshima et de Nagasaki, elles, ont d’abord connu la censure lors de l’occupation américaine, car Washington ne voulait pas que l’on parle d’elles. Puis, dix ans plus tard, la course à la croissance économique les a poussées à l’écart. Alors, les victimes se sont organisées, elles ont témoigné. Certaines d'entre elles ont tenté de porter l’utilisation de la bombe atomique devant les tribunaux, mais elles ont été déboutées. Leur message en a fait la voix des mouvements anti-nucléaires, dans un pays qui, au fond, a privilégié le progrès à la mémoire, jusqu'à ce que les risques d'une activité nucléaire, même civile, ne le rattrape à nouveau.

    A Fukushima aussi, le nucléaire, on connaît

    Le 11 mars 2011, un séisme se déclare au large des côtes japonaises dans l'océan Pacifique, déclenchant un puissant tsunami qui va lui-même déboucher sur un accident industriel majeur (niveau 7, le plus haut degré), à la centrale nucléaire de Fukushima-Daïchi, sur la côte. Quelque 20 000 personnes perdront la vie, toute la zone sera brusquement évacuée, et les activités nucléaires japonaises seront profondément remises en cause. Un nouveau traumatisme de très grande ampleur. Et pour ces nouvelles victimes de l'atome, l'anniversaire d'Hiroshima marque une occasion de critiquer la politique pro-nucléaire du gouvernement actuel.

    Pour les 70 ans de la bombe A, notre correspondant régional Frédéric Ojardias s'est donc lui-même rendu dans la préfecture de Fukushima. Il y a notamment rencontré Hasegawa Hiroshi, scientifique et militant anti-nucléaire, qui dirige un « laboratoire citoyen » de mesure de la radioactivité dans la ville de Fukushima même. Très critique avec la politique pro-atome de l'équipe Abe, il accuse aussi le gouvernement de commémorer de façon trop discrète le 70e anniversaire de l’explosion d’Hiroshima.

    « Les Japonais sont en quelque sorte allergiques au nucléaire, depuis que les villes de Hiroshima et Nagasaki ont été victimes des bombes atomiques, explique Hasegawa Hiroshi. Mais les politiciens essaient depuis 40 ans de convaincre la population que l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire est une bonne chose. Cela affecte même l’éducation : le gouvernement censure les livres d’école. Il veut limiter l’enseignement au sujet de la bombe atomique (d’Hiroshima, NDLR). Parce que si vous étudiez en détail ce qu'il s’est passé, que penserez-vous après de l’industrie nucléaire et des centrales nucléaires ? »

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