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    Il y a soixante-dix ans, l’atome explose à Hiroshima

    media Le nuage atomique au-dessus de Hiroshima après l'explosion de la bombe nucléaire, le 6 août 1945. REUTERS/U.S. Army/Hiroshima Peace Memorial Museum

    Le 6 août 1945, à 8h16 du matin, la ville japonaise d’Hiroshima est rasée par la première bombe nucléaire jamais utilisée dans un conflit. Little Boy représente l’équivalent de 16 000 tonnes de TNT. Elle va tuer sur le coup 100 0000 personnes, auxquelles il faut ajouter au moins 40 000 morts dans les cinq mois suivants, sans compter les victimes des cancers qui se sont déclarés au fil du temps. Et les plus de 70 000 personnes tuées lors du largage d’une seconde bombe sur Nagasaki, trois jours après.

    Il a beaucoup été dit que les Américains voulaient clore une guerre qui leur coûtait cher, en dollars et en hommes. Il s’agissait aussi de couper l’herbe sous le pied des Russes, qui se préparaient à envahir un Japon déjà exsangue. Après des années d’efforts, les scientifiques offrent enfin à Washington le moyen de mettre fin au conflit presque instantanément.

    Dans son livre Le Japon de Hiroshima, le spécialiste Barthélémy Courmont estime que « le choix de ne pas avoir recours à l’arme nucléaire devenait presque impossible ». Les Japonais sont pourtant déjà sur le point de se rendre, mais hésitent encore sur le moment (faut-il attendre une invasion terrestre des Américains ?) et sur le statut de l’Empereur, que les Japonais souhaitent préserver.

    Les Américains choisissent Hiroshima parce qu’avec Nagasaki, c’est la seule grande ville à être encore debout après trois ans de bombardements par l’aviation américaine. Et Hiroshima, au contraire de Nagasaki, abrite de nombreux soldats, sans être pour autant une base militaire, comme les Américains l’ont par la suite affirmé.

    Pourquoi une seconde bombe ?

    Le président américain Harry Truman n’a pas prévenu le Japon qu’il utilise une bombe atomique et l’information met du temps à remonter jusqu’à Tokyo. On parle d’abord d’une « bombe d’un nouveau genre », dont les militaires japonais tentent de minimiser l’impact pour éviter une démoralisation de la population.

    Ce n’est qu’au bout de trois jours, le 9 août, que Tokyo reçoit un rapport catégorique : les Américains ont bien utilisé la bombe atomique sur Hiroshima. C’est aussi le jour où Washington, sans nouvelles des Japonais, largue une seconde bombe sur Nagasaki. L’attaque avait été fixée par les politiques américains au 11 août, mais les militaires sont allés plus vite que prévu.

    Après l’uranium à Hiroshima, la nouvelle bombe, larguée sur Nagasaki, fonctionne au plutonium. Les Américains, de manière assez cynique, continuent de mener leurs tests grandeur nature. D’autant que les deux villes touchées l’ont été différemment. Hiroshima, située sur un delta, une zone plate, avait été proprement rasée. A Nagasaki, le relief est plus escarpé, ce qui explique une différence dans le nombre de morts - 140 000 à Hiroshima dans les cinq premiers mois, un peu plus de la moitié à Nagasaki. Rapidement, les Japonais se rendent.

    Les victimes

    Pendant les sept ans d’occupation américaine, Washington refuse que soit évoqué le sort des victimes, mortes ou vivantes. Les journalistes japonais n’ont pas le droit de se rendre sur place. Dans le même temps, les Américains mettent en place des organismes de suivi des survivants pour étudier les effets du nucléaire sur les victimes - mais pas pour les soigner. Dans cet organisme sont entre autres employés des Japonais qui faisaient déjà des tests sur les prisonniers chinois ou coréens pendant la guerre.

    Les tentatives des Japonais pour amener les attaques d’Hiroshima et Nagasaki devant la justice ont été rares. Les hibakusha, les survivants de la bombe et leurs enfants, ont toujours eu du mal à se faire entendre. Et après la censure américaine, c’est le désir de croissance du Japon qui les met à l’écart.

    Mais en 1963, cinq d’entre eux saisissent la Cour de Tokyo pour demander réparation à l’Etat japonais. La plainte est alors rejetée : Tokyo ne peut être tenue responsable de ces attaques. En outre, le gouvernement ne veut pas s’engager dans une procédure judiciaire vis-à-vis de Washington, avec qui elle est désormais partenaire, entre autres dans le domaine du nucléaire civil.

    Nucléaire civil, pacifisme et nationalisme

    Paradoxalement, à partir des années 1950, le Japon ouvre des dizaines de centrales. Il faut nourrir la croissance et le Japon fait le choix du nucléaire. D’autant qu’Hiroshima et Nagasaki avaient été perçues dans le cercle au pouvoir comme la preuve d’un énorme retard à rattraper dans un domaine qui a permis aux Américains de gagner la guerre.

    Cela n’empêche pas les Japonais, traumatisés par la bombe, de devenir profondément pacifistes. Pour autant, le nationalisme est toujours bien présent dans le pays et c’est en partie à cause de la bombe atomique. L’utilisation par les Américains de l’arme la plus puissante jamais conçue a fait, dans l’esprit des Japonais, passer leur pays du statut d'agresseur à celui de victime. Du coup après-guerre, le Japon n’entreprend pas, comme l’Allemagne, un travail de réflexion sur ses propres crimes commis en Chine et en Corée.

    Le nationalisme japonais a donc perduré et il pose problème aujourd’hui encore dans la région. Séoul et Pékin s’irritent régulièrement du rapport du Japon à leur histoire commune. D’autant que les divers gouvernements après-guerre n’ont jamais été clairs sur cette question, que Tokyo utilise politiquement à l’occasion contre ses voisins.

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