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    Asie-Pacifique

    Lois de défense au Japon: «Une société repliée sur elle-même»

    media Des manifestants pacifistes, devant le Parlement japonais, où se tenait le débat sur les lois de défense, ce 18 septembre 2015. REUTERS/Yuya Shino

    C’est une première depuis la Deuxième Guerre mondiale, les Parlementaires japonais ont adopté les nouvelles lois de défense autorisant l’envoi de militaires nippons dans un conflit étranger. Ces lois, proposées par le gouvernement Shinzo Abe, ont suscité un très vif débat dans l’archipel, avec des manifestations jusque devant le Parlement. Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la Recherche stratégique, détaille le contenu de ces lois et estime que les manifestations d’opposition ont été « le reflet d’une société japonaise repliée sur elle-même et peut consciente des enjeux extérieurs ».

    RFI : Ces nouvelles lois de défense - adoptées par le Parlement japonais - sont très contestées. Il y a eu des rassemblements dans tout le pays pour dire « non » au texte, en début de semaine. On a même vu, chose rare au Japon, des députés en venir aux mains au sein de l’assemblée. Comment expliquer une telle mobilisation de la société civile ?

    Valérie Niquet : Le Japon est un pays habitué aux manifestations pacifiques qui étaient nombreuses et beaucoup plus massives qu’aujourd’hui dans les années 1960 et 1970, par exemple. Par ailleurs, si le taux de rejet de ces nouvelles lois est important, il ne dépasse pas les 40 à 50 % ce qui est un élément nouveau dans un pays fondamentalement attaché au pacifisme.

    Mais ce qu’il faut noter chez ces manifestants, c’est la composition sociologique de ce mouvement de contestation. On constate la présence de nombreuses personnes âgées notamment qui ont vécu l’après-guerre et tous les mouvements pacifistes des années 1960-1970 pendant la guerre froide. Des mouvements qui à l’époque étaient encouragés par le camp socialiste, donc c’est tout une culture des années 1960-1970 qui subsiste. Et puis se greffent dessus des gens plus jeunes. On a vu beaucoup de mères de famille dans les cortèges, des jeunes parents qui ont peur de la guerre pour leurs enfants d’une manière un peu irrationnelle pour nous. Cet élément de pacifisme viscéral reste donc très présent dans au moins une partie de la société japonaise.

    Ce revival des années 1960-1970 s’est traduit par une foule de slogans très « vintage » dans les manifestations. On a notamment vu fleurir des pancartes avec le refrain des Beatles : « Give Peace a Chance ». Or, le contexte géopolitique a changé depuis la guerre du Vietnam ?

    On a effectivement l’impression d’assister à de grandes manifestations types Woodstock, alors que les enjeux ne sont plus du tout les mêmes aujourd’hui pour le Japon. Ce qui montre d’ailleurs le niveau important d’isolationnisme dans lequel se trouve plongée une société japonaise, qui a tendance à vivre replié sur elle-même. Une société qui a assez peu conscience des enjeux extérieurs et qui ne veut surtout pas être dérangée dans son confort, en quelque sorte.

    C’est une promesse de Shinzo Abe devant le Congrès américain. Que contiennent exactement ces nouvelles lois de défense ?

    Contrairement à ce qu’on a pu lire parfois, il n’y a pas ici de modification de la Constitution japonaise. Il s’agit simplement d’une réinterprétation qui ne devrait rien changer de fondamental contrairement à ce que disent les partis d’opposition. Le principal changement tient à ce qu’on appelle la « défense collective ». Le Japon n’avait pas le droit d’y participer jusqu’à maintenant, désormais il pourra le faire.

    Pour parler concrètement, si une menace grave pèse sur ses alliés et joue sur l’avenir du Japon lui-même, alors l’armée nippone pourra intervenir. Cette utilisation des armes aux côtés de l’allié américain principalement était formellement interdite jusqu’à présent. Ce sera donc possible désormais dans le cadre de la défense collective, dans le cadre de l’accord de sécurité entre les Etats-Unis et le Japon et également dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

    Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, lors des débats sur les lois dedéfense au Parlement japonais. REUTERS/Toru Hanai

    En quoi cela modifie-t-il la donne pour les pays voisins, Washington ayant demandé à Tokyo de s’engager d’avantage dans les mers de Chine notamment ?

    Dans la région, le Japon devrait jouer un rôle plus important notamment pour tout ce qui est sécurité civile et le soutien aux flottes des garde-côtes philippins et vietnamiens notamment. Les deux capitales qui restent farouchement opposées à ce renforcement du Japon dans la région sont Pékin, pour des raisons stratégiques et Séoul, pour des raisons politiques. Les autres pays de la région sont plutôt dans l’attente d'un rôle renforcé de l'archipel en matière de sécurité dans la zone et en particulier dans la mer de Chine méridionale.

    [Cet entretien a été réalisé avant le vote au Parlement japonais, intervenu ce vendredi 18 septembre (en France), soit dans les premières heures du samedi 19 septembre au Japon]

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